Une obsessionde notre part nous dira-t-on. Pas faux. Mais il n’y a pas loin de ce sentiment à la passion. Il a semblé rigolo de se pencher sur le nombre et le profil des contribuables qui font tourner Douai avec leur taxe foncière, soit les propriétaires qui y résident encore.
A Douai, sur un budget 2020 de 59,3 millions d’euros en fonctionnement, les « impôts et taxes » représentaient en recettes 37,8 millions soit environ 63%. Le reste des ressources est constitué d’une grande variété de choses, notamment diverses dotations attribuées au titre de notre pauvreté collective.
Les impôts augmentent quand tout baisse
Concentrons nous plutôt sur les taxes foncière et d’habitation (car il existe encore des Douaisiens qui la paient) mais surtout comparons deux budgets entre eux, 2015 et 2020, les seuls pour lesquels nous disposons des documents comptables. On s’empresse d’ajouter que nous tiendrons pour négligeable la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) dans les raisonnements qui suivent. Pour le premier budget, « impôts et taxes » se montaient à 36,4 M d’euros dont 20,9 M d’euros pour le cumul des taxes d’habitation et foncière. Pour le second – soit cinq ans plus tard – on repère respectivement 37,8 et 23 M d’euros, dernier chiffre qui constitue, en passant, près de 40% des revenus de la ville.
Cf ligne 73111 où les taxes foncières et d’habitation sont fusionnées, les titres émis sont supérieurs aux crédits ouverts… Pour le reste, comme dirait l’autre : « you can’t fix it ? Tax it ! »
Nous noterons que dans Douai de plus en plus pauvre et de moins en moins populeux, les ponctions fiscales ne se réduisent pas. Cette progression inexorable est défendue par Frédéric Chéreau, lequel affirmait récemment qu’on « pourrait faire le choix de se serrer la ceinture et de baisser nos taux, ce n’est pas le nôtre » .
Traduction : avec un budget stable mais une population en baisse (la tendance est de 1% par an selon la Cour des Comptes), la variable d’ajustement sera la hausse régulière de la ponction sur les propriétaires… non exonérés.
Cette évolution tient, en partie, à l’augmentation nationale des « bases fictives » – dans une ville où les valeurs immobilières s’effondrent – mais aussi et surtout, depuis l’élection du maire en 2014, à celle de taux régulièrement augmentés. Pour autant, au delà de ces considérations désespérantes, on a un peu de mal à connaître – c’est dommage – la part de chaque taxe (foncière et d’habitation) dans les ressources fiscales de la ville car les « comptes administratifs » ne les distinguent pas. C’est d’autant plus gênant que la disparition de la seconde – réforme séculaire – doit avoir un impact sur l’économie générale du budget municipal.
Avançons dans ce brouillard fiscal. En 2015 les deux taxes amènent 20,9 M puis, en 2020, 23 M d’euros. En théorie, cette année-là, 80% des assujettis à la taxe d’habitation ne la paient plus, ce qui devrait se voir un peu. Le mystère s’épaissit quand Frédéric Chéreau, lors de la présentation du budget en mars 2022, a annoncé, pour la seule taxe foncière, un produit de « 21 millions d’euros » .
Avec une progression « mécanique » de 0,5 million d’euros par an des deux taxes (comme constaté entre 2015 et 2020), on aurait en 2022 un total (TF + TH) de 24 millions. Si on retire les 21 millions de la taxe foncière annoncés par le maire, le produit de la taxe d’habitation serait donc de 3 millions, avec une hausse ininterrompue du tout depuis 2015…
Ces augmentations, qui relèvent du prodige, méritent des recherches. Comment expliquer tout ça ? Supposons la faiblesse originelle de la taxe d’habitation, la hausse de la taxe foncière qui compense, la possible mise à jour foireuse des documents budgétaires, un truc inconnu de grande ampleur etc. On sèche. Si un lecteur a une explication, on prend.
Quoi qu’il en soit, ouvrons donc les comptes d’apothicaire en considérant que le produit de la taxe foncière était en 2020 de 19 millions d’euros. Ce chiffre – peu assuré – sera notre base de calcul pour connaître la part moyenne des ponctions sur les propriétés et les propriétaires.
Les propriétés
Cette donnée connue, il faut ensuite savoir combien nous avons de propriétés dans Douai. L’INSEE est précis. En 2019, on a 17773 « résidences principales » dans la ville pour 6516 propriétaires qui vivent dans leur bien. Une comparaison est intéressante à faire sur la décennie écoulée. Elle rend compte de notre incontestable contraction démographique. On recensait en 2008 respectivement 6751 proprios sur 18028 résidences principales. Il faut rappeler que toutes les 17773 résidences sont éligibles à la TF, payée par les propriétaires quelque soit leur statut, y compris pour ceux qui les louent mais n’y habitent pas.
Pour autant, il faut considérer la nature des biens eux-mêmes. Certains ne sont pas soumis à la TF. Cela concerne les logements sociaux dont l’exonération est de droit. On n’entrera pas dans le détail des conditions de cet avantage qui dépend du mode de financement, de l’ancienneté du bâti et surtout de son affectation. Pour le coup, on doit retrancher ce nombre. Par chance, il est connu alors même que les bailleurs sociaux sont surreprésentés dans notre commune. Sortons des 17773 résidences principales nos 5600 logements sociaux (soit 31% du tout), restent 12173 « résidences » .
Il est possible d’ajouter à ce stock « social » tous les logements détenus par des personnes privées mais qui ne le louent pas, condition qui vaut dans certains cas exonération de la TF. La vacance immobilière est importante à Douai. Elle a doublé en dix ans, passant de 1583 logements vides à 3693, dernier chiffre sans doute accru après la crise sanitaire. Au doigt mouillé à la douaisienne, retenons 10% d’exonérations sur ce total, ce qui prendra aussi en compte, tant qu’à faire, les « locations sociales » assurées par des personnes privées, soit 360 logements sans TF, ce qui nous donne au final 11813 résidences.
Donc si on résume et faisant fi des biais statistiques probablement nombreux mais qui donnent tout le sel à notre raisonnement fait de carottes et de pommes de terre, nous avons à Douai 11813 résidences soumises à la TF. Sur les 19 M de recette, la valeur moyenne de la ponction est donc de 1608 euros. Ce chiffre est à rapporter aux 827 euros qui correspondent à la moyenne nationale (et même 770 euros dans le Nord). Chez nous c’est le double et on nous dit sous le beffroi qu’on a de la marge !
Les propriétaires
Après les propriétés, il faut s’occuper des braves propriétaires habitant chez eux, lesquels étaient en 2019 exactement 6516 soit 38% de la population douaisienne.
Après cette donnée précise, les choses se compliquent. Dans notre pays fou qui adore les exceptions et les cas particuliers qui justifient l’existence d’administrations pléthoriques, il faut retirer de ce groupe les exonérés de la taxe foncière. Ce sont, à la louche, les pauvres, les vieux (de plus de 75 ans à faibles revenus) et les personnes handicapées. Certains, c’est logique, regroupent parfois ces trois critères, surtout chez nous. Selon l’INSEE, environ 8% des propriétaires sont considérés à Douai comme « pauvres » tandis que 12% des habitants de plus de 75 ans relèvent à leur tour de cette catégorie. En étant généreux à la Douaizizaglo®, retenons une part de 10% de propriétaires exonérés de la TF, ce qui nous laisse 5865 personnes qui y restent assujettis.
Nous arrivons au final à ces 5865 propriétaires vivant dans leur résidence principale et qui paient en moyenne 1608 euros de taxe foncière. Le total représente la somme de 9,4 M d’euros directement passés de leur poche dans le gouffre du budget municipal.
Lecteur, si un jour tu croises un passant qui arpente la rue de Bellain vide et glacée d’un pas pressé, dis toi qu’il s’agit peut être d’un de ces généreux contribuables.
Mieux, si tu es un locataire à vélo inquiet de l’extinction du monde vivant, sache qu’il représente une espèce en voie de disparition…
——————— Petit ajout ultime….
En 2021, la TH est à 1,1 M (ne restent plus que les résidences secondaires) tandis que la TF est à 23,2 M (19,7 de produit et 3,5 M de compensation). Merci Aginda !Effets de la disparition de la taxe d’habitation en 2021. Notons qu’en 2009, la taxe foncière ramenait 8,5 M d’euros. C’est aujourd’hui 19,7 M, soit plus du double et cela avant la compensation de l’Etat (payée par tous les contribuables)
Nous pensions quand même disposer d’un peu de répit après avoir appris la fermeture de notre vieux Monop’. Et bien non, la loi des séries s’impose maintenant à Douai. Carrefour Market étant parti se refaire une santé ailleurs, la conséquence logique vient de tomber : la galerie du Dauphin va fermer définitivement à la fin de l’année.
Plutôt que de revenir sur les raisons rabâchées conduisant à ces fermetures régulières (les zones commerciales favorisées par la « Commission départementale d’aménagement commercial » , la chasse aux bagnoles, l’obsession de la marche à pied et du biclou pour réduire nos 0,9% d’émission planétaire de CO2, bla bla bla…), regardons cette catastrophe supplémentaire pour tout ce qu’elle enseigne.
D’abord l’inutilité d’une galerie marchande rénovée à grand frais et qui a eu beaucoup de mal à conserver les commerces qu’elle y a péniblement installés. Tout démontre encore une fois qu’une mauvaise idée reste mauvaise quand sa mise en œuvre n’est pas étayée par des études sérieuses. On a du mal à comprendre ce qui a poussé la famille Hoang d’Eurobail à investir là dedans.
Elle a peut être été convaincue par la proximité de l’ébouriffante place du Dauphin, fleuron du derniermandat dont les piliers chromés ont bien du mal à transformer un cloaque en espace attractif. Dans tous les cas, c’est sans appel. Absence d’impact sur le chiffre d’affaires des commerces mais à l’inverse leur disparition régulière qui transforme à présent la dite place en cul de sac. De fait, plus personne ne passera devant pour entrer dans la galerie.
Ajoutons qu’au contraire des édiles qui décident mal et agissent bêtement, les grandes enseignes possèdent, elles, un salutaire instinct de conservation. Une succursale sans clients donc sans bénéfices doit fermer. Rien à voir avec le système – gratuit comme chacun sait – d’une « Action Coeur de Ville » qui, en dépit des millions déversés, n’empêche rien. Le contribuable est éternel au contraire du client beaucoup plus provisoire. Lui, au moins, a le choix de ne pas prendre quand il ne le souhaite pas.
Quel symbole plus éclatant, enfin, que le déménagement des commerces à Sin le Noble ou ailleurs. Il démontre l’impuissance d’une ville centre qui maudit des conséquences quand elle en chérit les causes. Reprenons les mots de la VDN lorsqu’elle a évoqué la fermeture du Carrefour Market : « ce trou béant dans la galerie marchande est une claque infligée à la municipalité et à ses partenaires qui mènent une politique de revitalisation en cœur de ville » . La fermeture de la galerie n’est plus une claque, c’est un coup de poing.
Accessoirement, cette dernière pose quelques petits problèmes de gestion du parking attenant, en termes d’accès piétons notamment pour les personnes handicapées. Selon la très inspirée Voix du Nord, la fermeture « serait un coup dur pour la municipalité, pour laquelle les 200 places du parking sont une pièce maîtresse de la piétonisation du cœur de ville » . Notre petit doigt nous dit qu’on va rajouter une bonne rasade d’argent public pour résoudre ce problème.
Continuons donc à enregistrer, jour après jour, ces fermetures qui transformentinexorablement la ville en village sans attractivité commerciale. Réduite aux seuls habitants du centre, tous piétons, Douai aura une activité à leur image : rare et faible. C’est sans doute, quand on y réfléchit un peu, la vision impensée de cette majorité municipale. Le retour définitif à l’état de nature.
Constat d’abandon pour l’hôpital Généralde Douai. Il reste aux citoyens qui l’ont payé de mesurer jour après jour l’évolution d’un patrimoine offert, pour un prix d’ami, à un investisseur efficace. Pour mémoire, le projet de rénovation en « hôtel Mirabeau » atteindra bientôt la décennie en termes de délai.
L’entrée est libre et gratuite. On craint ensuite qu’il n’y ait plus grand monde au bout du fil et on note le numéro avant qu’il ne s’efface : 03 21 15 09 00.
Les croisées ont volé en éclat, les carreaux disparaissent peu à peu, quel cruel destin guette ces beaux ouvrants ?
Le bel escalier a perdu sa rambarde bi-centenaire. Les barreaux sont encore là mais ils sont comme la dignité des lieux… tout en bas.
On notera l’impression d’abandon précipité d’un navire qui coule. Le matelot a oublié son gant droit et il n’a même pas eu le temps, avant sa fuite, de ranger les sacs d’enduit.
Les grosses portes n’ont plus besoin de clés. Elles sont celles d’un moulin où entre qui veut. Les appliques résistent encore mais pour combien de temps ?
Pour conclure ce petit reportage, il est possible comparer l’état de ces bâtiments avec celui de la « journée portes ouvertes » de la Financière Vauban en 2018, pour ceux qui en ont alors profité. Les façades ont depuis pris de la couleur, le gros œuvre parait tenir. Pour autant, tout monument laissé ouvert à tous les vents est un appel au vandalisme comme au pillage, fréquent dans notre ville paupérisée. Tout cela finira en bois de chauffage si on n’y prend pas garde.Allez les élus aux idées géniales : remuez vous !
Cette fois un peu de philosophie politico-économique avec quelques définitions sur la façon dont une collectivité locale ou l’État assurent les missions qui justifient leur existence. En gros, soit ils les gèrent eux mêmes – c’est une régie – soit ils les passent à d’autres, souvent des entreprises privées, contre une rémunération, c’est une délégation de service public.
Faire soi-même ou pas
Comme on est en France, ce qui précède est la situation théorique idéale. Dans la réalité, elle est presque rare. On peut déléguer une mission à un machin plus ou moins public, la découper en morceaux dont certains sont privés et d’autres publics etc. Les possibilités sont infinies jusqu’à la folie. Il existe ainsi la célèbre « régie intéressée » qui confie un service public à un contractant qui se rémunère par un bénéfice sur les résultats tandis que la collectivité reste chargée de la direction générale du bazar. Donc cette « régie » est une délégation…
Dans ce qui est certain, on dira que le régalien est toujours public – l’armée, la police – mais on trouvera bien ici ou là à coups de mercenaires et de vigiles quelques exceptions qui confirment la règle.
Voilà un siècle, l’action publique se limitait à l’indispensable. Elle intervient aujourd’hui partout. Le contact entre le privé et le public est une passoire, sachant que le second réduit inexorablement la surface du premier. Le mouvement n’est pas près de s’arrêter quand on observe les crises actuelles qui poussent le citoyen vacciné et masqué à réclamer « plus d’État » pour s’en préserver.
Privé ou public
L’idéologie aide un peu pour y voir plus clair.
La Gauche adore la régie, synonyme pour elle de respect des intérêts des citoyens, les plus démunis en tête. Il y a au bout du bout du cerveau de ses élus le rêve d’une étatisation complète de l’économie. Un paradis d’égalité à base de dons gratuits dont disparaitrait l’abominable entrepreneur privé, toujours soupçonnable d’échapper à l’impôt salvateur et en plus, aujourd’hui, de détruire la planète.
La Droite est à l’inverse, mais sans que ce soit une vérité absolue comme nous le verrons plus loin, plutôt favorable à la délégation. Outre de délimiter le périmètre et la dépense de la mission, elle défend l’idée simple que le patron de l’entreprise qui en sera chargée aura à cœur de la maintenir en bonne santé. Il va surveiller de près le budget afin d’éviter le gâchis auquel n’échappe pas toujours l’administration publique.
Difficile de trancher cette question. Il existe des collectivités locales ou des services d’État qui dépensent au mieux avec une efficacité maximale. Il en est d’autres qui sous-traitent au privé parce que leur personnel est incapable de faire, ce qui revient au contribuable à payer deux fois. Certaines délégations de service public à base de contrats léonins sont le royaume de la gabegie – ou du truandage au bénéfice des amis – quand d’autres, évidemment, ne coûtent que le juste prix.
Il est incroyable de savoir qu’en France, il n’existe aucune obligation imposant aux collectivités locales la comparaison avec les modes de gestion alternatifs à la régie. Par contre, elle s’impose quand on décide d’une délégation de service, par la logique de la mise en concurrence.
Cette dissymétrie prouve à quel point nous considérons la puissance publique comme insoupçonnable. C’est probablement un reste de notre histoire monarchique qui faisait de l’impôt une obligation – en fait un tribut – découplée de tout avantage concret pour le payant. L’ADN des Anglo-saxons est diamétralement opposé. Comme leur démocratie en procède, l’impôt est sacré. Les pires crimes sont de s’en dissimuler et ensuite de le gâcher. On comprendra que les Français ne combattent que le premier.
Avantages et inconvénients
Si on rentre un peu plus dans le détail, encore qu’il s’agit là d’affreuses simplifications, le facteur qui intervient dans les arbitrages régie/délégation est évidemment le coût rapporté au service donné, sachant qu’il est assuré dans tous les cas par des ponctions fiscales.
Celui d’un service public ne peut être réduit à sa masse salariale et moins encore corrélé fermement aux bienfaits qu’il apporte aux citoyens, même si certaines administrations disposent d’indicateurs et de ratios. Plus précise, une délégation de service public est dépendante d’un cahier des charges qui commande l’abondement financier donné au prestataire pour qu’il assure sa mission.
Pour autant, il doit quand même faire un peu de bénéfice, lequel peut être accru par un serrage des charges, en premier lieu celles du personnel, mais aussi une meilleure optimisation de la mise en œuvre. Comme le montrent actuellement les péripéties gazières qui poussent certains délégataires à dénoncer leur contrat, tout défaut se traduit par un retour au budget de la collectivité. Si on résume, le bénéfice va au délégataire tandis que les pertes sont pour le contribuable.
Arrêtons là ces réflexions générales qui mériteraient des traités de droit public, lesquels existent. On y renvoie les lecteurs parvenus jusqu’ici. En fait, cette affaire de régie et de délégation nous intéresse pour sa traduction dans nos affaires locales.
On « fait maison »
On découvre ainsi dans le foisonnement d’éléphants blancs qui est la marque de notre Douaizizaglo® la variabilité des arbitrages du président Poiret – absolu tout puissant – sur cette question.
La récente annonce de l’abandon du célèbre CFA du Douaisis a permis d’apprendre la raison pour laquelle l’agglo voulait assurer sa construction en régie. Habituellement, on délègue sagement un chantier à des gens qui sont meilleurs spécialistes du béton que la pauvre administration deDouaizizaglo®.
Ce choix aurait permis « de récupérer la TVA » , justification triviale s’il en est. Tout contribuable préférerait qu’on mette plutôt en avant – outre l’utilité de la chose – la capacité à construire bien, rapidement et pas cher. Ces critères devraient être d’ailleurs les trois axes d’une évaluation de tous nos projets locaux d’où qu’ils viennent.
La TVA est par définition une taxe qui s’ajoute au coût d’une opération. Si le CFA avait coûté 10 M d’euros, nous aurions donné en sus à notre État bienfaiteur 2 M, ce qui aurait monté la dépense globale à 12 M. La « récupération » n’est pas absence de paiement. Le fisc qui touche les sous les redonne ensuite à la collectivité locale maîtresse d’œuvre. Ces 2 M auraient donc été une cagnotte, de la fraîche en plus, qui aurait pu servir à réduire l’emprunt ou à toutes sortes de choses inconnues de nous tous.
Enfin, il parait peu probable que notre président – infaillible et visionnaire – prenne lui même pelle et pioche pour construire un bâtiment, ni même que cette charge revienne à Douaizizaglo® en dépit de son efficacité bien connue. Il faudrait évidemment passer par divers prestataires, de premier et second œuvre, avec sans doute la possibilité d’un choix local, ce qui n’aurait probablement pas été le cas si un gros opérateur gérait toute l’affaire.
Les patrons varient souvent
On tient habituellement Christian Poiret pour un gars de droite. Enfin, on annonce cette obédience avec précaution car elle parait, quand on la documente, assez flottante. Cette incertitude ménidienne explique les variations de notre président – bien aimé et omniscient – sur le sujet des régies et délégations. Son goût pour la première interpelle.
De ce côté, on a en effet beaucoup d’exemples, hors cette affaire de CFA dont le modèle serait parait-il venu des DOM-TOM, argument qui vaut son pesant de bon gouvernement. Existait aussi, mais c’est ancien, l’organisation originelle du SMTD qui ne séparait pas l’agglo du syndicat, un peu comme si l’assemblée nationale avait géré en direct la SNCF. Ce n’était pas de la régie mais de la méga-régie. Notons aujourd’hui en passant le statut d’ornithorynque de la STAD-Evéole qui est public sans l’être tout à fait. Plus exotique encore, il faut citer la transformation de notre entité agglomérée en promoteur en charge des opérations immobilières du Raquet. Il était assez ébouriffant de rencontrer dans des salons spécialisés des « vendeurs » siglés Douaizizaglo®. Soulignons leur efficience, comme on dit, pour bétonner puis peupler ce quartier. Autre sujet amusant, Arkéos. La Cour des Comptes avait soulevé l’absence d’un budget propre qui interdisait de repérer dans le « grand tout » les déficits accumuléspar cette merveille. Notons qu’on tente, loin de toute délégation – c’est le moins qu’on puisse dire – de conjurer l’échec de ce « musée » en le transformant en parc d’attraction. On a enfin, rappelée récemment, l’opération EuraDouai dont Douaizizaglo® envisage de piloter « tous les grands équipements » , probablement sur le modèle du Raquet.
Bien fol qui s’y fie
Pour les DSP, leur recensement précis parait compliqué à faire mais elles sont probablement moins nombreuses que les régies, surtout à Douai. Pour preuve le débat qui a eu lieu au conseil d’agglomération en juillet dernier lors de l’octroi de la délégation de gestion des deux fleurons du Raquet : Sourcéane mais surtout la fameuse patinoire que le monde entier va nous envier pour sa sobriété energétique.
Le maire de Douai Frédéric Chéreau et ses alliés se sont abstenus, le premier justifiant sa décision par la défense logique de la régie de la part d’un socialiste, laquelle « permet plus de souplesse dans l’accueil des écoles » sachant que « le cœur de l’activité d’un délégataire de service public, c’est de faire du commerce ». Notre président, qui a toujours un peu de mal avec la contradiction, est monté au créneau pour défendre cette option sortie de sa seule tête, choix voté ensuite par le conseil comme un seul homme. Cette fois-ci, les arguments relevaient d’une affaire de sous sans TVA. Le prix annoncé était, pour Sourcéane, de 680 000 € et, pour la patinoire, de 473 000 €, montants qualifiés de « raisonnables » par Christian Poiret, encore que les obligations du prestataire ne sont pas connues.
Toujours vachard, notre patron aggloméré a taclé son rival douaisien en lui jetant à la figure le coût de ses deux piscines municipales qui serait d’1 million d’€ annuels. Sortes de monuments historiques en mauvais état (surtout Beausoleil), elles sont effectivement gourmandes en énergie et disposent d’un personnel largement dimensionné. Ceci explique cela.
Pour revenir à la délégation, l’amusant reste le choix du prestataire. Si Récréa a quitté Sourcéane, Douaizizaglo® a fait un blot avec lapatinoire en passant les deux sous la gestion du célèbre Vert Marine qui a récemment défrayé la chronique. Ce prestataire tentaculaire (80 équipements en DSP) a en effet dénoncé certains contrats piscinicoles au titre de l’envolée du prix du gaz. Notons qu’Armentières et d’autres communes de notre région se trouvent donc actuellement bien embêtées. Il semble pourtant que nous ne risquons rien car notre président – écologique et inoxydable – a prévu que la biomasse remplace le précieux produit russe. Si c’est vrai, tant mieux.
Pour conclure sur ce sujet, quelques réflexions. D’abord qu’il est moins clair que les postures qu’il provoque, lesquelles comme nous les avons vues, découlent de l’idéologie plutôt que d’approches rationnelles. L’autre aspect reste évidemment l’absence d’information sinon de contrôle, d’abord sur le coût des services publics et ensuite sur la motivation de leurs possibles délégations. On peut supposer une certaine incompréhension de nos élus professionnels sur ces dossiers ou, au niveau inférieur, un manque total de curiosité de leur part alors qu’ils sont rémunérés pour s’y intéresser.
Osons une fois encore un vœu ultime : que tous les lecteurs de cet article s’obligent à chercher les raisons des arbitrages de notre patron – super et fort – quant aux régies et autres délégations qu’ils découvrent au quotidien. Cherchons bien. L’apparent est peut être le caché mais peut être pas.
Tant d’hommes célèbres sont passés à Douai qu’on a parfois du mal à faire du tri dans cette liste prestigieuse. Évoquons celui qui a donné à notre rivale lilloise la citadelle considérée comme la plus belle de toutes : Sébastien Le Prestre de Vauban.
Pour Lille donc, on comprend bien mais quel lien avec notre ville ? En y réfléchissant un peu, on pourrait imaginer qu’une bonne part de ses fortifications sont de sa main. C’est un peu vrai mais globalement faux. D’abord parce que ces constructions, « espagnoles » donc flamandes, étaient bien antérieures à sa naissance et ensuite parce qu’elles ont été continument améliorées après lui.
Mais alors quel lien pouvons nous faire entre Douai et Vauban ? En 1656, il était venu dans la région quand Turenne – pour le roi – et Condé – pour les Espagnols – s’affrontaient pour la possession du Hainaut. Cette année là, c’est en « ingénieur ordinaire » qu’il participe au siège de Valenciennes. Si c’est un succès – la ville est prise parce que les habitants n’avaient plus rien à manger – le futur maréchal dira de cette affaire qu’il « n’est pas concevable combien les Français y firent de fautes. Jamais les lignes ne furent plus mal faites et plus mal ordonnées » .
Dans cette critique radicale s’incarne tout Vauban. La liberté de parole, la vision sans concession et enfin le retour d’expérience. Car ce soldat n’a pas manqué tout au long de sa vie de perfectionner l’art de la guerre et surtout celui de la poliorcétique. Il étudiait sans relâche les exemples qu’il avait devant lui et les échecs qu’il pouvait connaître.
On sait que Sébastien, né en 1633, est issu d’une famille très modeste, à peine noble. Il entre dans les armes tout en bas de l’échelle, du côté des Frondeurscomme le voulait l’époque. Sa famille étant bourguignonne, on suit le gouverneur révolté de la Bourgogne, le prince de Condé. Placé dans l’infanterie, il démontre d’emblée d’éminentes qualités. A la bravoure, trait obligatoire de sa caste, il ajoute le « petit plus » qui change tout : l’intrépidité.
Fait prisonnier lors d’une patrouille, on le fait comparaitre devant Mazarin qui perçoit immédiatement les qualités de ce jeune morvandiau râblé et costaud, plein de vie et d’esprit. Le cardinal dont on oublie souvent qu’il a été militaire avant d’être tonsuré, n’a pas beaucoup de mal à le convertir à la cause royale. Elle sera celle de toute sa vie.
Lieutenant, il rejoint un régiment d’anciens Frondeurs repentis. Sérieusement blessé au siège de Stenay- c’est lui qui allume la mèche qui démolit le bastion d’attaque – il est fait capitaine. Un peu plus tard, comme nous l’avons vu, Vauban est au siège de Valenciennes, passé de l’infanterie au génie, terme qui lui va si bien. Hors son intérêt pour la science, il avait eu très vite l’intuition que cette arme, mal traitée et tenue par les aristocrates pour secondaire, pourrait être celle de son accomplissement. Il avait raison. Il en sera le premier maréchal de l’histoire.
Pourquoi donc Douai ? Attendez un peu. Après Stenay, apprécié par Mazarin, Vauban participe à de nombreux sièges. Cette expérience, parsemée de blessures, s’ajoute aux travaux de défense des villes conquises. C’est en « ingénieur principal » qu’il est appelé par Turenne, lors de la Guerre de Dévolution, pour diriger les attaques des places fortes que les Espagnols possèdent dans les Flandres. C’est ainsi qu’il participe, en 1667, aux conquêtes rapides de Louis XIV : Tournai (25 juin), Douai (7 juillet) et Lille (17 août).
Nous voilà donc à Douai. Lors du siège de notre ville, comme à son habitude, Vauban est en première ligne. Une de ses innovations consiste à faire progresser les sapeurs et ensuite l’infanterie à l’abri, dans ces fameuses tranchées en zig-zag qu’il a copiées des Turcs. A force de terrassements, on encercle la place par des « circonvallations » qui empêchent toute sortie et tout secours. Profitant de la Scarpe, les habitants, seuls chargés de la défense comme le veut le mauvais système impérial, « tendent » l’inondation en ouvrant les vannes. Ainsi, noyée sous les eaux, une bonne partie de la ville est infranchissable.
Il reste toutefois des parties plus ou moins à sec. C’est dans ces endroits que se concentrent les attaques, en premier vers la porte d’Esquerchin. La phase ultime est l’assaut – à moins que les assiégés ne se rendent avant, ce qui s’est passé à Douai – souvent précédé par des sapes qui détruisent les murailles. L’ingénieur est toujours en première ligne, près des hommes, vérifiant la mise en œuvre et payant de sa personne. Il faut parfois faire le coup de feu contre les assiégés qui tentent des sorties pour empêcher les travaux de l’adversaire ou les détruire.
C’est dans ces circonstances que Vauban est blessé. Des témoins décrivent l’ardeur des troupes françaises à mettre en place des « boyaux de tranchées, larges et sûrs, creusés avec une telle rapidité qu’une batterie de dix canons fut en état de tirer dès quatre heures du matin » . L’opération est risquée. Les Douaisiens, pourtant peu nombreux, ripostent avec habileté de leurs mousquets et de leur artillerie, cette dernière particulièrement efficace avec un tir « aussi bien ajusté que jamais canon l’eût été » . Plusieurs officiers sont ainsi touchés. C’est le cas de Vauban alors « capitaine de Picardie, ingénieur fort renommé déjà » . Il est blessé au visage, à la joue gauche mais sans qu’on sache exactement par quoi. Coup de feu, éclat de boulet ou de fauconneau, ricochet quelconque, on l’ignore. Ce qu’on sait en revanche c’est que le maréchal va garder la trace de cette blessure toute sa vie, comme le prouvent ses portraits après Douai.
La tache est bien là mais pas toujours du même côté…
Ce n’était évidemment pas la plus grave qu’il ait reçue mais incontestablement la plus symbolique, celle qui montrait à tous sa manière de servir et son mépris du danger. Comme le veut tout sujet historique, des chercheurs – évidemment Belges – ont récemment mis en cause l’origine de cette tachesur la joue. Pour eux, pas de blessure mais une maladie de peau. Grain de beauté, angiome, ils se perdent en conjectures mais sont bien incapables de dire plus, leur hypothèse découlant d’un examen minutieux des portraits du maréchal.
Oui mais bon, va-t-on nous enlever l’honneur d’avoir compté dans sa vie ? Et bien non. Refusons les inventions des démolisseurs de réputations. Gardons cet épisode à la gloire du grand maître des fortifications et aussi un peu à celle de notre ville. Sébastien Le Prestre de Vauban l’a donnée au royaume de France, c’est ça qui compte, et mettons cette mystérieuseblessure quelque part entre la vérité historique et la beauté de la légende, avec Douai tout au milieu…
Un bel article d’autopromotion, limite publireportage – il est vrai qu’on était en vacances – nous présente l’état du projet « EuraDouai » de notre patron départementalo-aggloméré, Christian Poiret. Quand on met l’opération du Raquet en face, le Douaisien contribuable a vraiment l’impression d’être pris en tenaille. Il va falloir payer mon gars et des deux côtés !
Un projet… à Douai
Qu’on ne se méprenne pas. Développer un quartier de Douai ne peut être qu’une bonne chose, reste à savoir comment et pourquoi.
D’où deux remarques. D’abord qu’on ait préféré gâcher tant d’argent au Raquet plutôt que là. Cet espace enclavé se situe près de la gare, en plein centre, c’était sans doute une priorité pour la ville, pourquoi seulement maintenant ? Ensuite, qu’on y mette des projets dont la plus-value mériterait d’être précisée. C’est de « l’invest’ » certes, comme dirait l’autre, mais quel avantage concret allons nous en retirer ? On peut regretter que cet aspect ne soit jamais explicité.
Bonne nouvelle de ce point de vue, on apprend en passant l’abandon du futur CFA en dépit des communications dithyrambiques qui, voilà deux ans, fleurissaient un peu partout. Douai Vox, qui avait analysé ce machin mal conçu, ne se plaindra pas de cette annulation. Les raisons avancées font sourire. Avec nos élus professionnels, il y a toujours derrière les arguments publics des motivations plus honteuses. La Chambre des Métiers aurait fait défaut. Sans blague. Elle a sans doute considéré qu’il fallait aller au plus solide : le CFA d’Arras, son siège lillois, lesquels sont passés avant Douai as usual… EuraDouai n’est pas et ne sera jamais EuraLille…
Après, examinons la liste des merveilles qu’on nous annonce pour cette EuraDouai alias La Clochette et que nous allons devoir pour la plupart payer.
Des équipements innovants
D’abord la passerelle. Prions qu’un ascenseur soit placé aux deux extrémités et surtout qu’ils soient opérationnels à l’inverse de celui du Pont de Lille. On espère aussi une rampe pour les vélos des deux côtés au bénéfice de notre Douai universellement cyclable. Il nous en coûtera 12 millions d’euros, le tout étant semble-t-il livré « fin 2024 » , c’est à dire 2025 quand on considère l’ampleur de ce genre de travaux qui passent sur des voies aussi larges qu’utilisées.
On aimerait connaître l’identité du rédacteur de ce texte inspiré : « UN ascenseur » ?
Ensuite le « parking silo » . Visiblement, une envie architecturale a saisi le parrain avec les deux niveaux en porte à faux qu’on croirait sortis de la planche à dessin de Frank Lloyd. C’est magnifique et représentera cette fois ci une ardoise de 9 millions pour les 600 places attendues. Pourtant, si le « besoin » est, parait-il, de « 2000 places » , on aimerait savoir s’il prend en compte les utilisateurs de la gare.
De même, le « mail » – pour ne pas dire « l’allée principale » – qui va distribuer le nouveau quartier. Avec Douaizizaglo®, faut se méfier du lyrisme lexical. Cette « artère paysagère structurante » , parallèle aux voies ferrées, arrivera « fin 2024 » . Il est vrai que ces opérations doivent d’abord commencer par les accès surtout à La Clochette qui est un espace totalement enclavé. L’addition n’est pas donnée : 13 millions d’euros. Les publications de l’agglo rappellent le beau Raquet : « le mail (…) permettra de pacifier tous les moyens de déplacement au profit des modes doux, en intégrant harmonieusement pistes cyclables et artères piétonnes. (…) Il sera à la fois vert et bleu puisque la gestion des eaux pluviales (…) se fera par des noues végétalisées » . On nous ressort la noue racketteuse. N’en jetez plus !
Des projets à forte valeur ajoutée
Enfin, on a plusieurs projets dont on ignore le coût à venir et encore plus les bienfaits concrets qu’ils nous apporteront. D’abord le siège de Maisons & Citésqui après une multitude de projets de délocalisation de son bâtiment de la rue des Foulons (La Tramerie, la caserne Caux, la planète Mars….) échoue enfin à La Clochette. Ah que ferions nous sans ces bailleurs sociaux, célèbres dodus dormants ! Pour le coup, on peut espérer une dépense acquittée par cette grosse « pompe à phynances » elle même, c’est à dire par les locataires de ses logements. Ensuite, le Musée du Livre, visiblement inventé pour répondre au ratage de « l’AMI » de la bibliothèque nationale. Pas de coût annoncé. La proximité de la gare peut favoriser une fréquentation extérieure payante, hors du public captif que constituent sur le site actuel les écoles du Douaisis. Supposons un budget propre mais prudence, il ne serait pas étonnant que notre président-vendeur ait assorti ce déménagement d’une prime d’argent public gratuit.
De l’hôtel 4 étoiles au Centre de Congrès
Concluons par deux autres dossiers qui suscitent quelques réflexions. En tête ce curieux hôtel « 4 étoiles » dont on se demande s’il n’est pas l’aveu de l’abandon définitif de notre célèbre « Mirabeau » toujours en rade en plein centre-ville. Selon la VDN, « c’est un groupe hôtelier qui est à la manœuvre » pour créer ces « quatre vingt chambres » . Pas d’identité pour l’instant mais le citoyen se perd en conjectures. Et si c’était lui ? Après, l’habituel refrain des nombreux « bureaux » qui viennent au secours d’EuraDouai, sachant que tout ce qui précède n’apportera aucune plus-value financière. On lit « qu’un appel à manifestation d’intérêt a été lancé par Douaisis agglo pour construire sur une superficie de 30 000 m2 trois bâtiments de 10 000 m2 chacun. On y trouvera des bureaux et peut-être des appartements » . Cette dernière phrase et l’épouvantable « peut-être » démontrent de la solidité du projet.
Enfin, terminons par l’abandon, comme le CFA, du « Centre de congrès » lui aussi annoncé précédemment à force de communications positives. Ce machin devait pousser à côté du « parking silo » mais il parait qu’une « étude de faisabilité » (Un truc comme ça existe à Douaizizaglo® ?) aurait indiqué « qu’il n’y avait pas de marché pour un tel équipement sur le territoire » .
Logique curieuse. On invente un machin au doigt mouillé, on communique dessus à tout va puis une étude de faisabilité démontre qu’il n’a aucun intérêt. Si tout est décidé sur ce principe…
Un truc gratuit quoi que rare, le bon-sens, aurait du amener l’inventeur à cette conclusion mais retenons l’explication qu’il donne à ce changement de pied. Cette formule devrait être inscrite sur tous les frontons de nos éléphants blancs. La grammaire y est certes bousculée mais on y trouve en cherchant bien la logique mathématique de ces folles dépenses : « on ne va pas investir 15 millions d’euros à rien » .Si seulement c’était vrai !
Après l’inventaire des monuments historiques de la ville, le coût de l’accroissement de leurs protections légales et l’impuissance publique qui en découle, il faut à présent répondre à la question principale, encore plus compliquée : Douai et le Douaisis les prennent-ils en compte dans leur dynamique économique ?
Nous avons survolé, au delà de l’intérêt théorique de la préservation du patrimoine, l’enjeu trivial de son existence : il participe à l’attractivité d’un territoire. Osons la tautologie : cette richesse léguée par les ancêtres qui en ont acquitté le coût a un autre avantage : on ne peut pas la délocaliser.
Appuyée sur ses monuments, son esthétique, son image, sa célébrité, une ville peut déplacer chaque année des milliers de personnes qui sont autant de consommateurs de services à forte valeur ajoutée. Grâce à eux, on remplit les hôtels, les restaurants, les commerces etc. Ces transferts financiers, qui peuvent être massifs, contribuent à renforcer la dynamique territoriale tout autour.
Il est rare que notre ville – mais surtout le Douaisis – s’emparent de cet avantage. Par maints égards, on a souvent l’impression, à écouter nos édiles, que ces monuments sont de coûteux poids morts qui ne servent à rien. Le patrimoine ancien devrait pourtant – évidence répétée mille fois ici et ailleurs – être analysé comme il est, non pas un problème, mais une solution.
Douai
Beaucoup de pages de ce blog s’occupent en effet – peut être trop – de cette question. Le passé de la ville est plus intéressant que son présent, sans doute parce que lui, au moins, est sûr. Après les maires qui ont beaucoup démoli, il faut attribuer à Jacques Vernier, lui seul, le mérite de la rupture stratégique. Relevons ses efforts pour préserver ce patrimoine mais surtout renforcer l’attractivité de Douai.
Cette action s’avère toutefois insuffisante et dans tous les cas, elle a été peu continuée par son successeur. Rien n’est plus éclairant que la destinée de cette merveille, laissée sans objet après sa complète restauration extérieure en… 2013. De multiples bâtiments, parmi les plus emblématiques de la ville, sont aujourd’hui désaffectés. On en compte plus d’une dizaine. Ce chiffre est sous-estimé car n’y sont pas les propriétés privées. Laissés à l’abandon, ces joyaux se dégradent année après année quand ils ne disparaissent pas en fumée.
videvidevidevidepresque videvidevide
Au titre du « complexe de Noé » déjà cité, une ville a tout faux quand une rénovation coûteuse ne donne aucun avantage en retour. Une église Saint Jacques restaurée à grand frais pour qu’une dizaine de fidèles la fréquentent le dimanche serait un crime budgétaire. Qu’on se rassure, cela ne se produira jamais.
Ville riche devenue pauvre, le sort que Douai réserve à ses monuments est d’abord le résultat de sa contraction économique et de son effondrement démographique, les deux étant liés. Ce déclin ne date pas d’hier. Ce défi était d’une ampleur séculaire. Il a évidemment commencé par la disparition des Houillères qui a brutalement tari les ressources du charbon qui irriguaient d’en bas et d’en haut tout le pays.
Une logique d’hystérèse, pour parler savant, a empêché de le percevoir quand il le fallait. On peut regretter que les patrons de l’époque n’en aient pas anticipé les effets. Ils auraient eu les moyens de financer l’obligatoire réorientation économique. Ils n’en avaient pas la compétence, ni l’idée. Ils n’ont même pas été à l’initiative de l’usine Renault et ont même cru – lors de la crise pétrolière de 1973 – qu’on allait relancer les mines…
Sans même parler de ces stratégies vitales qui pourtant teintent tous les discours de nos parrains locaux, en restant seulement sur le sujet patrimonial, bien faibles paraissent les efforts de la commune pour créer un nouveau cours. Sans doute, la masse des monuments à sauver excèdent-elles ses capacités conceptuelles. Hors l’appel lancinant aux subventions de l’Etat, la ressource financière est faible et l’inventivité nulle.
Les quelques tentatives auxquelles on assiste paraissent si sporadiques qu’on sait que le destin de la ville n’en sera pas changé. Réjouissons nous du sauvetage de la caserne Caux. L’architecte s’acharne, certes, à mettre cette construction au crédit de Vauban – il est mort un demi-siècle avant – mais ne boudons pas notre plaisir. Pour autant, méfiance. Attendons de voir les résultats concrets en profil de population et surtout son volume. On a pris tellement l’habitude de ces transformations de « tout ce qui ne bouge plus » en logements sociaux qu’il vaut mieux être prudent.
Hors ces rares réussites, on est sans cesse à se demander qui, concrètement, gère les sujets patrimoniaux dans notre ville. Personne sans doute. Si pas mal de dossiers sont externalisés à Douaizizaglo®, il arrive aussi qu’on confie à des cabinets extérieurs ce que les services municipaux sont incapables de faire.
Il est vrai que ces sujets sont complexes. Sans doute les lois qui protègent le patrimoine n’aident-elles pas à les simplifier. Si on aime les paradoxes – les experts non rémunérés de Douai Vox les apprécient beaucoup – c’est à se demander si l’immuabilité patrimoniale protégée par la loi ne pousse pas à la disparition du patrimoine lui-même.
Toute restauration d’un monument historique possède un coût supérieur au prix du neuf. Il serait impossible de construire aujourd’hui des cathédrales, des châteaux-forts ou des hôtels particuliers comme le faisaient les anciens. Les impératifs de sécurité (c’est haut et pas normé, c’est dangereux), l’obsession écologique (les anciens matériaux polluent) et l’hyper administration de tout acte public (du délai, du délai, des tampons, des tampons…) l’interdiraient radicalement.
Il est de fait plus simple de construire des boulodromes, des patinoires, des planétarium etc. en dehors de Douai. On a moins de contraintes légales. On dispose de l’espace. On a l’illusion du dynamisme. On « travaille » et on fait travailler les amis.
L’impact sera évidemment local. Ces merveilles – dont le coût cumulé fait frémir – attireront peu des touristes venus de loin. A l’inverse, imaginons que toute cette dépense ait été employée à réparer et embellir Douai, les conséquences en attractivité touristique – donc en valeur ajoutée – seraient énormes.
Voilà ce que les contribuables ont payé depuis quelques années et sans y mettre le coût de fonctionnement. L’avenir du Douaisis en a été fondamentalement changé, n’est-ce pas ?
Plus inventives, beaucoup de villes cherchent activement de nouveaux moyens de financement, des partenariats public-privés, du mécénat tout azimuts. On peut ainsi éviter de piocher dans la poche des contribuables, y compris en vendant à des entrepreneurs une partie du parc monumental, ces derniers étant souvent les seuls capables de mener des rénovations créant de la richesse.
On nous dira à juste titre qu’on a avec l’hôpital général un contre exemple parfait de ce qui précède. On a donné ce joyau à un chef d’entreprise, lequel depuis plus de dix ans n’a pas été capable de terminer le chantier.
Mais n’oublions pas que le décideur public qui a donné à ce privé défaillant est d’un type spécial et unique. Ce constat amène aussitôt la problématique d’une gestion plus large de ces dossiers, ainsi le recours – complétement raté pour l’exemple qui précède – à des échelles plus collectives, en premier lieu la communauté d’agglo.
Douaisis
Un peu comme la France qui en loucedé s’est dessaisi d’une bonne partie de sa souveraineté au bénéfice d’une Europe aussi puissante qu’irresponsable, Douai a transféré des compétences à Douaizizaglo® faisant des parrains nos maîtres.
Le tourisme en fait partie comme l’archéologie, la politique de la ville ou, mieux, l’aménagement du territoire. N’oublions pas que la communauté d’agglomération dispose, pour le premier sujet, d’un spécialiste reconnu – ni de gauche ni de droite – François Guiffard, dont le bilan depuis son étonnante nomination par le parrain local mérite d’être interrogé.
A ce titre, il est obligatoire de se pencher sur le pavé où se niche la stratégie du Douaisis pour les vingt années à venir. Le schéma de cohérence territoriale (SCoT) est un document de planification dont on peut parier que personne ne l’a jamais lu, et peut être même pas le jeune homme évoqué précédemment. Cette somme envisage pourtant, chose incroyable, la valorisation de nos monuments historiques.
Assez récent – il a été approuvé en décembre 2019 – il ne cite toutefois ce terme qu’une seule fois (page 12) tandis que 8 pauvres feuillets (sur 432 tous consacrés à l’obsession environnementale) concernent un possible « tourisme » .
Détaillons toutefois rapidement ce court passage parce qu’on y apprend des choses. D’abord que notre région n’est pas vraiment un « spot » touristique, ce dont on se doutait un peu. Quand la moyenne française des emplois de ce secteur est à 7% du total, nous sommes à 4% dans le Douaisis.
Le pire c’est que ce faible volume, de 2010 à 2015, a en plus baissé de 19% quand la réduction régionale a été de 2% et tout cela sans la crise sanitaire ou la guerre ukrainienne. Pire, l’INSEE met dans ce groupe le transport par abus de typologie. Il représente dans le Douaisis plus de 30% des 2000 emplois répertoriés tandis que la moitié relève de la restauration.
Au final, l’hébergement, la culture, les loisirs, activités directement liées au tourisme, représentent dans le « Grand Douaisis » environ… 400 emplois…
On lit enfin la solution majeure à cette insuffisance qui fera sourire tout lecteur régulier de Douai Vox : « A compter de 2018, un nouvel hôtel 4 étoiles sera ouvert dans les locaux de l’ancien hôpital général de Douai, bâtiment qui date de 1756 ». 2018 ?
Petite comparaison avec nos voisines
On repère assez facilement pour Valenciennes l’impact du Royal Hainaut
Pour autant, le cabinet qui a rédigé ce rapport, sans doute à prix d’or, sait faire le lien entre les « atouts historiques et patrimoniaux indéniables » du centre ville et le « potentiel de développement » touristique.
La liste qu’il donne est intéressante par ses vides et ses pleins. On trouve dans une formule convenue « les classiques de la ville de Douai, le Beffroi, le musée de la Chartreuse, le patrimoine architectural d’ensemble, la Scarpe et ses bateaux promenades qui témoignent, chacun à leur façon de l’intérêt historique de cette cité ».
Il faudra qu’un jour on se penche sur la plus value de ces joyaux en termes de retombées touristiques concrètes sur la ville.
Reconnaissons que les ordures ménagères sont peu attirantes. Il serait pourtant dommage de ne pas s’y intéresser tant elles illustrent les turpitudes locales en termes de ponction fiscale, de gestion des deniers publics et d’aventurisme technique.
Vous avez aimé le tramway ? Vous aller adorer le SYMEVAD !
La TEOM nourrit le SYMEVAD
Le SYMEVAD alias « syndicat mixte d’élimination et de valorisation des déchets » a été créé en 2007 à destination de Douaizizaglo, la CA d’Hénin-Carvin et la CC Osartis. Cette grosse machine financière concerne une population de 350 000 habitants d’une centaine de communes du Nord et du Pas-de-Calais. Outre le ramassage des ordures ménagères, elle dispose de 11 déchetteries et de 4 unités particulières : un centre de tri, un autre de valorisation organique, une ressourcerie et enfin et surtout un éléphant blanc dont nous allons beaucoup parler, le TVME d’Hénin-Beaumont, acronyme hermétique qui dit tout quand on le déploie : « Tri, Valorisation, Matière, Energie » .
Le calcul de la « taxe d’enlèvement des ordures ménagères » (TEOM) est étrange. La logique la ferait reposer sur le nombre d’habitants d’un logement ou, mieux, sur la quantité réelle d’ordures produites par chaque foyer. En fait, le taux s’applique sur la valeur locative du bien, ce fameux critère sur lequel repose l’inique taxe foncière. Elle est d’ailleurs, de la même façon, acquittée par les seuls propriétaires.
Pour résumer, une famille de 15 personnes entassées dans un studio acheté à bas prix dans le centre de Douai paiera moins que la mamie isolée dans sa grosse baraque familiale à côté.
A l’autre bout, la ponction doit être strictement affectée aux traitement des ordures ménagères. Cette précision n’est pas inutile. Il faut savoir ce qui rentre vraiment dans la dépense qui commande la hauteur de la taxe. Des usagers ont ainsi contesté à ce titre un montant jugé excessif. Rassurons le lecteur, tout a été fait pour les empêcher d’avoir raison, notamment en mettant un maximum de charges – dont peut être le temps de cerveau des élus – dans le coût global.
Il y a de fortes disparités dans les taux des TEOM. La moyenne du Nord grimpe à 16% quand Paris est à 6%. La France se situe un peu en dessous de 12% pour un coût moyen pour l’usager de 175 euros. Notons une décision plutôt intelligente de Douaizizaglo® de tendre vers un taux unique sur tout son territoire. On ne comprend pas très bien quand cela se réalisera – on parle de 2028 et même de 2035 – l’objectif étant pour toutes les communes d’atteindre, parait-il, 17,8 %. Un détail piquant : outre que ça va augmenter pour tout le monde, ce sera de toutes les façons plus cher pour Douai qui n’est pas concernée par cette recherche de « l’équité » . Il semble que c’est parce que les éboueurs y passent plus souvent qu’à la cambrousse.
Selon le SYMEVAD lui même chaque habitant produirait 665 kg/an quand la moyenne nationale est à 580 kg/an. C’est dire qu’on peut encore progresser. Mais pas de panique. On nous reproche de remplir des poubelles qui réchauffent la planète mais il faut les comparer aux déchets dits « professionnels » : 14 tonnes par an et par habitant.
Les Douaisiens doivent maintenant se poser la question : pourquoi payent-ils de plus en plus cher l’enlèvement de leurs ordures ménagères ?
L’homme du SYMEVAD
Martial Vandewoestyne (pour soulager la claviste, on dira ensuite M. VW), fondateur du syndicat a cédé en septembre 2020 sa place de président à Christian Musial. Ce dernier, successeur de Michel Rodriguès à la mairie de Leforest, fait partie du petit groupe de « patrons » qui prospèrent dans le fromage communautaire. Car il y a des classes dans la noblesse créée par Poiret du Nord. En sont exclus les opposants, pauvres manants. Sans existence, ils n’ont rien. Ensuite, vient la masse des chevaliers sans fortune qui jouent les utilités. On attend d’eux qu’ils opinent au bon moment contre des repas gratuits. Enfin, les aristocrates. D’abord les marquis prometteurs dont les prébendes sont le préalable à une possible accession à la classe suprême. Au dessus, les princes qui cumulent entre-soi, honneurs et indemnités. Ajoutons ce Musial au duo infernal Dumont-Hallé mais aussi bien évidemment M. VW.
Il y aurait beaucoup à dire sur l’ancien maire de Lambres. Il présente plutôt bien, aidé par sa haute taille et son allure distinguée. Ce sosie de Michel Barnier rappelle son modèle quand on cherche à savoir de quel bord politique il penche. Une seule certitude : l’intérêt personnel se confond admirablement avec celui du maître du Douaisis. Quand on sait que M. VW a accepté qu’on baptise de son nom un parc de sa commune, on se dit que la boucle est bouclée. L’ex patron du SYMEVAD trimbale depuis ses débuts une réputation de technicien « toujours à l’avant-garde et en mode précurseur de l’écologie » selon son successeur à la mairie. Évidemment, ces dithyrambes sont à destination du bon peuple qui ne vérifie rien. Les informations qui suivent démontrent que les qualités de M. VW ne sont sans doute pas si assurées que cela. S’il a géré sa ville comme le syndicat, on peut supposer quelques loupés.
Un rapport en forme de tramway
La Cour régionale des comptes a publié voilà un an un rapport intitulé « SYMEVAD des communautés d’agglomération du Douaisis, d’Hénin-Carvin et de la communauté de communes Osartis-Marquion » . Comme toujours, on y trouve des choses incroyables en s’attristant que personne ne se soit saisi de ces conclusions pour agir, ni même ne l’ait un peu médiatisé. Regardons de près ces éléments saillants, un sourire aux lèvres et la main sur le porte-monnaie.
On ne nous dit pas tout et on navigue à vue
Nos patrons aiment vivre heureux donc cachés, ce qui explique sans doute qu’ils limitent l’information donnée aux contribuables. Les juges sont plus curieux, indiquant qu’une « présentation brève et synthétique retraçant les informations financières essentielles (…) ne figure pas sur le site internet du syndicat. Il en est de même pour le rapport sur les orientations budgétaires » . On vérifiera si cette préconisation a été suivie d’effet, sachant que cette communication est obligatoire.
La CRC relève aussi que les séances du comité syndical des années 2019 et 2020 n’ont donné lieu à aucun compte-rendu. Il est évidemment utile que rien ne subsiste des débats et des décisions prises par ces hauts personnages. Ces derniers étaient d’ailleurs – si on comprend bien – illégalement pléthoriques car en septembre 2020 une délibération a fixé à 7 les vice-présidences, sachant que « les règles relatives à la composition du bureau n’étaient pas respectées » . On peut craindre que cette armée mexicaine ait été rémunérée.
Les magistrats regrettent que « le syndicat ne dispose pas d’un document stratégique pour le traitement et la valorisation des déchets » , manquement qui oblige à se demander comment on gère la prospective du machin. C’est logique puisque « l’assemblée délibérante n’a pas défini d’objectifs à atteindre » . Tout au plus la Cour a-t-elle repéré quelques « données chiffrées » dans les rapports d’activité mais elles n’ont aucune relation « avec des objectifs préalablement définis, ce qui restreint toute démarche d’évaluation des résultats » . Bref, on navigue à vue…
On cache des sous pour augmenter la contribution des membres
Enfin, concernant la présentation des comptes, le SYMEVAD est un petit malin, procédant systématiquement à l’inscription d’une ligne budgétaire fantôme dont ses inventeurs imaginaient sans doute que son libellé ferait fuir les curieux. Ainsi l’invention d’un compte « Fournitures scolaires » en fonctionnement de 2,2 M€ au plus bas (2016) et de 9,4 M€ au plus haut (2019). Même bricolage en investissement mais toujours aimable la Cour reconnait que c’est « dans une moindre mesure » . On est sauvés !
9 millions d’euros de gommes et de crayons, qui dit mieux ?
Mais pourquoi ce truc ? Les magistrats précisent qu’il « permet au SYMEVAD de maintenir le niveau de contribution demandé (aux CA et CC) sans mobiliser les excédents cumulés » . Parabole de ce prodige à double détente : 1-vous avez 100 € dans la poche et 50 € planqués dans une tire-lire. Vous empruntez à votre voisin 100 € en évitant de lui dire que vous avez 50 € mis de côté. Car, s’il le savait, il ne vous donnerait que 50 €, peut être en plus en vous posant des questions gênantes. 2-avec vos trois sources, vous voilà à la tête de 250 €. Le voisin vous a aidé sans tout savoir et tant mieux. Ce budget vous permet peut être d’assurer une dépense que votre imprévoyance n’avait pas envisagée.
Plutôt habile, la manoeuvre sent un peu son Douaizizaglo®, mais elle est illégale comme le dit la CRC dans son style inimitable : « l’inscription d’une dépense qui n’a pas vocation à être exécutée altère la sincérité du budget et fausse l’information du comité syndical et des intercommunalités membres, sur le juste niveau de contribution nécessaire à son équilibre. (…) La chambre demande au syndicat mixte de mettre fin à cette pratique » .
L’unité miraculeuse nous coûte un bras
On dira peu du centre de valorisation organique qui a remplacé celui, à bout de souffle, de Sin-le-Noble. Mis en service en 2018 à Vitry-en-Artois, sa capacité est en théorie de 32 000 tonnes de déchets végétaux par an. Le projet initial était comme souvent mirifique, avec une production valorisée qui devait se diriger vers la belle piscine de la commune et… la chaufferie biomasse de « l‘éco-quartier à Sin-le-Noble » . Le « hic » , c’est que cette idée géniale ne s’est pas concrétisée car « faute d’une étude de compatibilité préalable, ces équipements ne pouvaient pas utiliser le bois énergie produit » .
Ce ratage en annonce un autre, beaucoup plus remarquable, celui de la sublime unité TVME. On y trouve les fondamentaux d’un tramway qu’on pensait impossible à réitérer, faits d’imprévoyance, de défauts de conception et d’incurie dans la finition. Cette usine, cette fois-ci offerte par les Germains et non les Bataves, est tellement innovante qu’elle ne fonctionne pas comme prévue, au point de plomber durablement les finances de notre SYMEVAD.`
L’usine d’incinération d’Hénin-Beaumont ne pouvant être reconstruite sur le même principe à cause de la défiance de l’opinion envers ces installations, on l’a remplacée par un truc qui existait nulle part. L’unité, « unique en son genre sur le territoire national » , devait produire, à partir des déchets ménagers, du biométhane et surtout du « combustible solide de récupération » (sous forme de pellets) dont il était prévu qu’il alimente les cimenteries du coin.
Glissons sur les surcoûts de la construction du monstre – de 48 M€ à 55 M€ – pour nous concentrer sur le fonctionnement concret du projet « innovant » que le monde entier nous envie. Plusieurs « incidents ont mis en évidence que le procédé n’était pas tout à fait au point » , si bien qu’on a péniblement atteint en 2019 un volume de 60 000 t d’ordures traitées (soit 30% du volume total du territoire).
Sur les 32 500 t de CSR fabriqué, faute d’une prospection sérieuse au préalable auprès des entreprises du secteur, peu de débouchés alors que toute la machine reposait dessus. L’emploi – par un seul cimentier – n’a pas dépassé 6000 t. Si vous vous demandez ce qu’est devenu le reste, c’est simple, il a été incinéré ou enfoui, probablement dans les décharges de Lewarde ou d’Hersin-Coupigny.
Il est facile de comprendre que devant de telles difficultés, le « titulaire du marché » ait été dans l’obligation de renégocier les termes de son contrat à coups d’avenants, d’embauches de personnels supplémentaires et d’indemnisations diverses. Il a fallu ensuite changer de prestataire. L’appel d’offre ayant échoué, Le SYMEVAD a fini par se résoudre à une procédure négociée avec Suez RV Nord Estpour un montant de 22 M€, alors même qu’il « ne dispose toujours pas des crédits budgétaires lui permettant de (le) rémunérer » .
Comme on peut s’en douter, ce nouveau titulaire du marché a bénéficié de conditions très généreuses pour qu’il accepte le « deal » , ainsi une réduction de ses obligations (objectifs de production du biométhane abaissés de moitié…) mais surtout la mise à la charge du syndicat de toute une série d’opérations (coûts d’entretien de l’unité, traitement des encombrants, refus de tri, gestion des ordures ménagères résiduelles etc.).
Le SYMEVAD est en péril
Cette affaire de TVME est inquiétante pour les surcoûts qu’elle induit. La hausse des charges du SYMEVAD en relève à 40% sachant qu’elles sont passées de 15,6 M€ à 26,6 M€. Bien conscient du problème, le syndicat dans sa réponse à la CRC explique qu’il « se fixe comme objectif à moyen terme (2025) d’optimiser le coût de fonctionnement du TVME permettant de revenir à un coût compétitif de traitement des ordures ménagères résiduelles (comparativement à l’enfouissement) sous peine d’abandonner la filière prometteuse de valorisation des déchets par la production de combustibles de substitution ». Cette formule alambiquée est traduite par les magistrats pour ce qu’elle est : « Le syndicat se donne donc la possibilité de fermer l’unité TVME pour revenir à un traitement par enfouissement, certes moins coûteux mais ne respectant pas la hiérarchie des modes de traitement » . Rien que ça…
Rapport SYMEVAD 2022 : cf les deux premières propositions d’un scénario possible…. 55 M€ d’investissement pour ne rien en faire…
Les déchets se réduisent, les taxes explosent
Bien entendu, la solution se trouve comme toujours dans la poche des contribuables qui, ainsi que nous le savons tous, est sans fond. D’où l’augmentation de la contribution des intercommunalités (qui repose sur la TEOM) passée en 2021 de 15,1 M€ à 24,2 M€ (hausse de 40%, une paille…).
Dans les « éléments de langage » produits par M. VW devant la presse, on ne trouve jamais l’unité TVME pour expliquer cette explosion financière. Il évoque « les frais de collecte qui croissent naturellement » (ah bon ?) et puis le méchant État (ça ne mange pas de pain) qui obligerait l’usager à payer le « vrai prix » de la gestion des ordures ménagères. Ah oui ! Il y aurait aussi « l’effondrement du prix des produits recyclés » . C’est vraiment pas de bol puisque le système génial repose sur cette solution miracle. Il oublie de rappeler qu’il y a un problème de débouché (cf le CSR dont les cimenteries ne veulent pas) plutôt qu’une histoire de prix. L’amusant – relevé par la CRC – c’est que le SYMEVAD n’a jamais prévu de récupérer le produit de cette vente éventuelle.
Comme toujours en termes d’écologie, la culpabilisation est un levier efficace, évidemment reliée à la punition habituelle : l’augmentation continue de la taxe. Comme tous nos élus professionnels, M. VW est un adepte de la ponction fiscale sans limites : « La TOEM ne baissera pas dans les années à venir à moins que les tonnages de déchets baissent fortement. La priorité c’est celle-ci » . Ce sont donc les usagers – et accessoirement ceux qui paient – qui sont les responsables du problème mais surtout pas ceux qui dépensent. La TEOM est déconnectée du volume des déchets produits. Quelle incitation financière pousserait le citoyen à les réduire ?
Autre paradoxe de ce dossier si mal géré par nos élusaristocrates : on a fortement réduit en dix ans le volume des déchets ménagers du territoire (moins 20%) pour une TEOM qui grimpe inexorablement. Pour un peu, notre brave SYMEVAD est comme nos services publics : de plus en plus chers pour une performance de moins en moins efficace… Il est à parier que lorsque nous n’aurons plus aucun déchet ménager à mettre dans nos poubelles, on conservera cette taxe au titre de l’air qu’on respire.
Au delà de ces péripéties indignes, la performance du syndicat est médiocre, habilement masquée par un épais nuage de fumée recyclée. Nous conclurons par un seul chiffre qui remet tous ces experts élus rémunérés à leur juste place : quand le taux national de valorisation des déchets ménagers monte à 66%, le notre – avec cette débauche d’argent public gratuit qui est la marque du Douaisis – culmine péniblement à 31%.
C’est fait. Dimitri du Bien est remplacé par Thibaut de Douai. La mobilisation contre « l’extrême droite » organisée entre les deux tours dans la salle des fêtes de Cuincy « a fait pschitt » . On avait pourtant sorti de la naphtaline d’anciens caciques en espérant que ces gloires passées conjureraient le mauvais sort. C’était oublier que l’évolution sociologique du territoire – favorisée par les mêmes quand ils étaient aux manettes – produit des effets électoraux contre lesquels plus personne ne peut plus rien.
Enfin, du nouveau au Palais Bourbon
On dira quelques trucs du résultat national que l’équipe technique bénévole de Douai Vox, imitant par paresse les instituts de sondages, n’avait pas anticipé. Personne n’a gagné si on part du principe qu’un succès législatif sous la V° République repose sur une majorité à l’assemblée. Ce n’est pas la première fois que les élections législatives débouchent sur cette configuration mais un tel déficit de sièges pour un président absolu sortant ne s’est jamais vu.
Il reste que ce résultat démontre de la finesse du peuple capable, par ce miracle du suffrage universel qui est une addition de choix individuels, d’envoyer un message collectif clair aux princes qui nous gouvernent. Il avait choisi le jeune prodige aux présidentielles – parce que vraiment la dame ce n’était pas possible – mais sans donner au béjaune l’autorisation de faire n’importe quoi. Comme il a joué au plus fin en évitant tous les sujets, avant de se mettre à parler ukrainien parce que les agences de comm’ lui disaient que ça payerait, le v’là sans majorité à l’assemblée. Admirons cette sanction populaire qu’aucun état-major politique n’aurait été capable ni de concevoir, ni de réaliser.
Attendons la suite qui va, à n’en pas douter, nous réserver des surprises. Les rouages de nos institutions sont un peu rouillés quand on sait que la seule motion de censure réussie date de… 1962. Il n’est pas certain non plus que la machine, rapiécée par de nombreuses reprises (quinquennat entre autres), puisse fonctionner comme elle le devrait. Si l’absence de majorité est un fait marquant, car les Marcheurs ont perdu pas mal de Dimitris, ils constituent toutefois le groupe le plus important de l’assemblée avec 245 sièges. Le président absolu n’a pas dit son dernier mot.
Enfin, ça bouge dans les circonscriptions
Justement, parlons de nos deux battus de la 16° et la 17° circonscription.
Dimitri Houbron est emblématique de ces députés de circonstance nés dans la champignonnière macroniste sans passé militant, ni compétence particulière. Son bilan était mince, centré sur des sujets annexes qui ne font pas une stratégie, sans parler de l’absence totale de direction politique. Ses prises de parole actant l’échec – le « au revoir » giscardien fait sourire – sont intéressantes pour ce qu’elles révèlent. Il se serait « engagé en 2017 pour éviter le Rassemblement National » . Ce héros combattant l’hydre aurait mieux fait durant son mandat de s’attaquer à ce qui nourrissait la bête qui l’a mangé tout cru. A partir de ce vide mal compensé par une personnalité peu charismatique, les soutiens étaient rares dans la circonscription. Comptons pour rien l’appui anecdotique de pauvres centristes en rupture de ban et d’idées. Dimitri Houbron sera comme les inconnus célèbres qui ont traversé l’histoire de la ville. Tiens dans le genre Claude Wargnies ou Paul Moreau.
Alain Bruneel pourrait être l’opposé du précédent par l’âge, l’épaisseur militante et la solidité de l’étiquette politique. Cet apparatchik qui n’a jamais travaillé de sa vie, bénéficiait d’une sinécure de permanent depuis… 1968. Ce camarade communiste, maire de Lewarde de 1999 à 2017, a succédé la même année dans son fauteuil de député à deux parrains du PCF de la Belle Epoque. Le célèbre Georges Hage et le non moins connu Jean-Jacques Candelier, généreux employeur du fameux Roussel. La chute d’Alain Bruneel, dernier représentant d’une idéologie évanouie et surtout dévoyée, est logique quand on observe ces élus capables de toutes les alliances dans un territoire qui, d’ailleurs, fut dans le passé plutôt SFIO, c’est à dire socialiste. A l’inverse de son collègue Houbron auquel il s’était allié dans la détestation d’une « extrême-droite » menaçant leur mandat et leurs indemnités, Alain Bruneel pouvait se targuer d’une certaine activité. Ce spécialiste des transports gratuits et des lignes ferroviaires déficitaires n’a pas ménagé sa peine pour se faire connaître. Cette frénésie n’a pas suffi pour conjurer le sort mais rassurons nous : « Je travaillerai d’une autre manière. La lutte continue, je suis un militant » . On le savait et ce boulot sera même rémunéré.
Enfin, les élus rejoignent la sociologie locale
Ce dernier cas d’ailleurs permet de savoir ce qui se serait passé si le-elle-iel candidat-e de la Nups-e-s avait supplanté Dimitri Houbron au premier tour et donc si on avait assisté ensuite à un duel de titan entre « les extrêmes » . Sans doute le sortant sorti aurait-il appelé à voter pour la gauche, encore que ces préconisations, aujourd’hui démonétisées, n’ont pas toujours l’effet attendu. Il y a bien longtemps que les électeurs n’en font – et tant mieux – qu’à leur tête. Plus précisément, on a, avec la chute du député Bruneel, un début de réponse. Dans la 16° comme la 17°, l’audience du Rassemblement National est devenue majoritaire. Il grignote peu à peu du terrain, cette progression profitant de candidats au profil bien meilleur que celui de l’époque pionnière.
On notera aussi l’opposition du centre contre sa périphérie qui retrouve l’antagonisme de la communauté d’agglomération. On sait qu’on a beaucoup enlevé à Douai pour consoler les communes autour de ne pas être la capitale mais il semble que cette stratégie ne fonctionne plus. Le RN arrive en tête quasiment partout (hors Esquerchin, Erchin et… Douai). On peut en déduire que ces électeurs ne sont pas contents de leur sort, ce qui serait sans doute différent si notre ville était plus prospère. Souvenons nous de ce proverbe chinois : « quand les gros maigrissent, les maigres meurent » .
Pour autant, à Douai, le RN fait à présent quasi jeu égal avec une « Gauche » protéiforme qui prospère sur les idées nouvelles qui adorent l’Autre (islam, immigration…) pour mieux détester le Vieux Pays. Elle est largement soutenue dans notre ville, caractéristique qui devrait faire réfléchir tous ceux qui commencent à aiguiser leurs couteaux en prévision des municipales. Il y avait un agenda caché dans cette élection pour beaucoup de candidats : se faire connaître, compter ses forces et poser des jalons en prévision du Grand Soir Communal.
Il est étonnant en conclusion de voir combien notre ville et accessoirement la circonscription ont épousé les déterminations nationales. On a eu beaucoup d’abstentions, les « extrêmes » ont prospéré au détriment des sortants. Mais il y a plus. Napoléon disait « qu’un État fait la politique de sa géographie » , celle de notre Douai dépend d’abord de sa sociologie. L’évolution de la population, souvent évoquée dans ces pages, conduit peu à peu à y voir s’affirmer deux camps qui s’opposent sur à peu près tout. Le paradoxe, c’est que l’espace au milieu sera très convoité alors même qu’il se révélera – comme Macron et tout ce qui l’accompagne – une très étroite impasse.
Dimitri Houbron, député de Douai, s’inquiète pour le 2° tour des législatives et on le comprend !
Que dire de cette élection ratée sinon qu’elle aura été, comme les présidentielles qui l’ont précédée, un objet inachevé. La campagne a été réduite à sa plus simple expression, les hommes au pouvoir ayant soigneusement évité, non seulement les sujets qui fâchent, mais aussi, tant qu’à faire, tous les autres.
Surnageant au dessus d’un océan d’abstentions, le résultat ne satisfera personne. L’opinion française, la plus intelligente et la plus politique du monde, sait qu’il ne réglera rien, ni au fond, ni en surface. C’est reparti pour cinq longues années durant lesquelles notre déclassement – économique, social, culturel, cinématographique, automobile, culinaire – continuera.
La performance du député sortant est médiocre, un peu au dessus en voix du score précédent réalisé en 2017 dans des circonstances particulières. Après le sacre de notre jeune et prometteur roi républicain absolu, n’importe quel candidat portant ses couleurs était assuré de décrocher la timbale.
Cette fois-ci, la conjoncture est différente. Le député de la 17° circonscription du Nord, en dépit de l’avantage habituellement donné aux sortants, n’a pas brillé. Il est vrai que son bilan était des plus minces. Qu’a-t-il fait de ses cinq ans ? Pas grand chose. Comme un Chéreau de base, le temps lui a filé entre les doigts.
Il a eu toutefois de la chance, notre Dimitri Houbron. Il a réussi miraculeusement à devancer le-elle-iel candidat-e de la Nups-e-s de quelques voix. Ce n’est pourtant pas gagné pour autant. Loin de là. Son adversaire RN ayant largement amélioré son score précédent (+ 2000 voix), la reconduction des indemnités est loin d’être assurée.
C’est sans doute pour cette raison qu’on trouve sur les rézosocios un bien curieux communiqué.
La trouille étant mauvaise conseillère, le moins qu’on puisse dire c’est que les arguments du candidat méritent qu’on les regarde de près.
Pour ceux qui s’arrêtent là, résumons ce qui suit : Dimitri c’est le Bien, Thibaut c’est le Mal.
Ce dimanche 12 juin, les résultats du 1er tour de la 17° circonscription du Nord me permettent de me qualifier pour le second tour qui se tiendra la semaine prochaine. Je tenais naturellement à remercier les électeurs qui m’ont accordé leur confiance dès le premier tour. Je profite de ce communiqué pour remercier les élus, agents et bénévoles qui ont fait en sorte que ce scrutin se tienne dans les meilleures conditions.
Il joue au foot, les mots en forme de crampons. Il se « qualifie » comme le LOSC, notre député. Il passe les barrages… Petit coup de chapeau toujours utile vers les organisateurs du scrutin, ça fait près du peuple. Ces opérations se passent toujours mal dans le Douaisis, c’est bien connu.
Comme il y a 5 ans, je serai opposé à Thibaut François, candidat du Rassemblement National. Cette fois, il est évident que je suis en position de challenger au regard des résultats. L’extrême- droiten’a jamais été aussi proche de remporter notre circonscription. J’écris, ici, des mots difficiles : ce n’est pas moi qui suis en danger, c’est notre territoire, c’est nous.
Là, c’est du lourd. Il faut dramatiser, le job est menacé et les indemnités avec. Pourtant Dimitri n’est pas en danger. Non, non, lui, il ne risque rien. Il ne fait pas ça pour sa pomme. Ceux qui vont dérouiller c’est tout le monde, le règne animal, les humains du Douaisis, les créatures de l’univers, les planètes de la galaxie. L’hydre nazie en forme d’Empire du Mal – le RN est pourtant légal en France – va nous manger tout crus et déclencher sur nos têtes les feux de l’enfer. Oui, oui, c’est « difficile » cette situation professionnelle, comme celle d’un chômeur qui cherche du taf après l’avoir perdu.
Ce soir, je tenais à m’adresser aux électeurs qui ont accordé leurs voix aux formations républicaines et notamment à Cyril Grandin (Nouvelle union populaire, écologiste et solidaire – Nupes) et Romain Boulant (Les Républicains – UDI). Bien que ces opposants du premier tour n’aient aucune sympathie pour la majorité présidentielle et pour Emmanuel Macron, ce sont des républicains qui connaissent bien les menaces et les dangers que représente l’extrême-droite. Je tiens également à les féliciter pour leurs scores et les campagnes qu’ils ont menées sur le territoire.
Morceau d’anthologie. On utilise la technique de la « culture dérobée », en tentant de récolter directement les votants, supposés plus influençables que leurs candidats. Passons sur l’emploi jusqu’à plus soif du terme « républicain », mot valise en forme de nébuleuse qui s’assoie de nos jours sur à peu près tout ce qui le constitue. Après un délire : on déteste Macron mais faut voter pour lui. Pire : pourquoi les électeurs Nupes et LR-UDI augmenteraient-ils le nombre de députés LREM à l’assemblée au détriment de leur propre camp ? Le président absolu aura sa majorité de toutes les façons… Un de plus ou un de moins, quel intérêt ? Oups ! Tu avais oublié la pommade. Ils ont fait de beaux scores, les opposants, lesquels ont sans doute réduit le tien…
Il est évident que nous avons des divergences mais nous sommes sensibles aux mêmes problématiques, nos visions diffèrent sur les réponses à y apporter. Ils le savent, vous le savez. Mais personne ne peut ignorer que j’ai ardemment défendu des sujets portés par la NUPES comme celui de la condition animale par exemple. J’ai même quitté le groupe parlementaire « LaREM» pour qu’une loi sur le bien-être animal soit votée. Personne ne peut ignorer ce que j’ai fait, avec mes moyens limités, pour défendre le Douaisis comme mes dons à des associations locales notamment celles qui défendent les victimes de violences conjugales et accompagnent les personnes en situation de handicap. J’ai également défendu des sujets que la droite a toujours porté comme, par exemple, la défiscalisation des heures supplémentaires afin que le travail soit davantage valorisé. Leurs prochaines prises de paroles seront décisives, je sais pouvoir compter sur leur sens des responsabilités.
Le texte en catalogue est long mais l’idée courte et la confusion totale. Dimitri, c’est un gros rebelle. Il rue dans les brancards le lascar, en plus c’est un gars de la Nupes et même de droite. D’ailleurs, il n’est même pas LREM, il ne les connait pas ces mecs. On dira qu’il est emblématique du gloubi-boulga macronien dans lequel tout est dans tout et rien dans rien. Quel fil directeur là dedans ? Mon job ! Retenons la conclusion en forme de diabolisation : candidats éliminés, vous avez intérêt à me soutenir sinon gare à vous ! Dimitri c’est un tribun de la plèbe qui brandit l’intercessio. Ah si les animaux pouvaient voter, ce serait si simple !
Ce soir, je lance également un appel aux électeurs de gauche, de droite, du centre et apolitiques qui ne m’ont pas accordé leurs suffrages lors du premier tour, ainsi qu’à ceux qui se sont abstenus laissant les autres décider à leur place : j’ai besoin de vous pour stopper l’extrême-droite. Votre mobilisation dimanche prochain est primordiale pour éviter que notre circonscription ne tombe entre les mains d’un candidat qui ne se préoccupe nullement de notre territoire et de ses habitants. Lors de ses rares présences au Conseil Municipal de Douai, sa déconnexion des problématiques du Douaisis ne font de lui qu’un simple représentant des idées stigmatisantes de l’extrême-droite.
Dimitri Houbron c’est une digue, un rempart, eine Festung. Sonnons le tocsin, proclamons la mobilisation générale contre les méchants, très méchants. L’adversaire ne se préoccupe pas du territoire ? Il n’a qu’un impuissant mandat local d’opposition et d’ailleurs quel rapport avec le conseil municipal ? Tu y étais souvent avant ton élection surprise, Dimitri ? L’argument s’évapore mais pas de panique, on a tout prêts sur l’Etagère du Bien les gros adjectifs qui plombent. « Nauséabond » sent trop le Nupes gauchiste, brandissons le catholique « stigmatisant » . Sur un malentendu, ça peut marcher…
J’en appelle également aux élus locaux et singulièrement à Frédéric Chéreau, Maire de Douai, et Christian Poiret, Président de Douaisis Agglo et de notre département. Malgré nos divergences, j’ai toujours pu compter sur vous pour porter les dossiers de notre territoire auprès du gouvernement. Je veux que ce travail conjoint persiste pour les cinq prochaines années. Avec vous. Pour Vous. Pour nous tous.
Et oui, de l’audace il en faut. Elle déboule quand se profile la fin de la rente législative. On est servis : l’union sacrée douaisienne, les accords de Camp David sur la Scarpe, c’est l’œuvre de Dimitri, capable de marier le parrain de Douaizizaglo avec le maître de Douai. Le prix Nobel de la paix, c’est pour bientôt. Notons le « portage » des dossiers auprès du Jupiter de l’Elysée à la mode bananière. Pour être subventionné, faut bien penser, vous avez compris ?
Pour les 24 000 électeurs qui n’ont pas choisi le Dimitri du Bien au premier tour, Douai Vox®offre gratuitement la traduction de l’ultime formule probablement pompée, faute d’inspiration, chez Cassius : « Avec vous » : avec moi, « Pour vous » : pour moi, « Pour nous tous » : pour moi seul !
Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site web. Si vous continuez à utiliser ce site, nous supposerons que vous en êtes satisfait.OkPolitique de confidentialité