Douaixit en vue !

Un clash à Douaisis Agglo

Clash à Douaisis Agglo. Pour une fois, on ne parle pas pour notre chère CAD du cash qui en dégouline, encore que ces termes ne sont pas si opposés quand on observe le déroulement du dernier conseil communautaire.

Au fond les problèmes de cash ont provoqué le clash.

Douazizaglo débloque

Les douaisinologues dont nous sommes ont regardé en effet avec intérêt la passe d’armes musclée qui s’est déroulée entre Christian Poiret, le parrain départemental, et Frédéric Chéreau, le maire de Douai. Ce dernier, ulcéré de l’attitude méprisante et agressive du premier a quitté la séance avec fracas, emmenant  avec lui son équipe et quelques partisans des communes voisines.

Le point de départ est anodin. Une sombre histoire d’arbres coupés sans l’autorisation de la commune. Enfin, anodin en apparence car quand on regarde de près, nous avons un symptôme de tout ce qui débloque dans notre Douaisis.

D’abord, on comprend à demi-mots que cette bonne ambiance découle du risque mortel que court le président au carré (Douaizizaglo® + département). Le recours formé par Frédéric Chéreau auprès de la justice à la suite des élections départementales va être en effet bientôt jugé.

Avec quelques centaines de voix d’écart (345 sur 42514 inscrits), il y a un sujet pour notre parrain. S’il est invalidé, il lui faudra – si éligible – recommencer l’opération dans une configuration autrement plus compliquée qu’au mois de juin.
Mal élu, le président d’un des plus gros département de France est un colosse aux pieds d’argile. Il peut tout perdre sur ce coup de dé. On comprend sa fébrilité et l’agressivité envers celui qui incarne ce danger.

Il y a probablement aussi dans ce jeu d’oppositions, des deux côtés, des postures qui préparent l’avenir. Gardons les en tête, ce sera plus clair pour tout le monde.

Douaizizaglo s’occupe de tout

On découvre au détour de cette péripétie – ce n’est pas nouveau – le principe d’extraterritorialité qui paraît à présent revêtir toutes les interventions de la communauté d’agglo dans la commune. On se croirait dans l’Union Européenne quand elle nous vend pour notre bien ses normes supérieures.

On a ainsi les projets fous du Raquet menés sans tenir compte des avis de la municipalité mais aussi, comme le prouve l’algarade communautaire, des projets plus modestes qui foulent aux pieds son pouvoir, sinon ses choix écologiques, sur son propre territoire.

L’absence du moindre contact entre les deux entités politiques depuis les élections est surréaliste. On ne répond pas du côté de l’agglo aux courriers du maire tandis que les relations quotidiennes sont inexistantes.
Les différends se règlent donc au sein d’une instance qui n’est pas faite pour ça. Faut pas s’étonner que ça coince. Dans ce blocage, ne jamais oublier que celui qui a le pouvoir en est responsable par définition, puisqu’on a d’un côté celui qui peut et de l’autre celui qui ne peut pas.

Douaizizaglo « travaille »

Il y a dans ce conflit, surjoué du côté de Douai, outre la trouille du boss décrite plus haut, son désir de se faire bien voir des habitants de la ville centre.
Son discours de « protection » par devers eux, ces refrains du « on travaille, nous » font quand même sourire. On travaille d’accord mais pourquoi et pour qui ?
Douai Vox a suffisamment interrogé l’intérêt de ces projets dispendieux pour ne pas mettre en doute l’utilité d’un tel activisme.

Il est d’ailleurs à souligner à chaque fois qu’il la ramène sur ce terrain, qu’on a vraiment l’impression que le seigneur de Lauwin-Planque les finance de sa poche. Il serait bon qu’il n’oublie jamais qu’ils sont payés par nos impôts comme le sont ses confortables indemnités, ses importants frais de bouche et ses luxueux moyens de transport.

Quant à la théorie du « bouclier » de Douaizizaglo® contre son méchant maire, il suffit d’analyser les résultats des élections départementales pour vérifier le soutien dont il dispose dans la capitale. Le vent du beffroi ne se tourne pas vers le président de l’agglo. Il faudrait être aveugle pour soutenir le contraire.

Douai n’est pas soluble dans Douaizizaglo

Au final, cette bagarre à la Don Camillo est révélatrice de sa conception très particulière du débat et de la négociation. Deux positions sont attendues : l’adhésion ou la soumission. Cette incapacité au compromis pour un commercial de métier est surprenante.
Souvenons nous de ces invraisemblables nominations de vice-présidents au mépris de toutes les règles démocratiques. Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument. La toute puissance n’est jamais bonne conseillère.

Cette gestion incroyable qui défie toute logique, sauf celle d’un pouvoir personnel que rien ne limite, fait ressortir avec un peu plus d’acuité l’absurdité des règles d’une communauté d’agglo qui nie les droits de Douai dont pourtant tout provient.

Super Chéreau survole le Douaisis

Probablement préparée depuis quelques temps, il faut voir l’esclandre douaisienne au conseil comme le premier pas de la seule stratégie possible pour la commune placée devant ces blocages absurdes.
Quand vos droits sont niés, que votre parole est devenue inaudible, qu’un conseil d’agglomération n’est qu’une chambre d’enregistrement, outre l’option du clash, il faut investir un terrain plus vaste. Celui qu’un parrain ne peut contrôler, la bataille de l’opinion publique.

En ces temps troublés, n’ayons pas peur, le Douaixit devient une option qu’on doit mettre sur la table. Franchement, il aurait une belle tête le logo aggloméré ainsi actualisé : « Sis Agglo »

Max aime apprendre mais parle un peu souvent à la première personne. C'est un travers qu'il combat difficilement. Va falloir l'aider. Il adore la Scarpe et l'orgue de St Pierre, surtout les basses.

14 Comments

    1. Commentaire sympa. Au final, ceux qui trinquent, ce sont les Douaisiens, personne ne peut le nier. Il devrait y avoir une union sacrée sur ce point, de tous les bords politiques. Cette communauté d’agglo doit changer.

  1. Un timonier marié à une directrice d’école primaire veut rester le maître du bac à sable… Mais il pourrait chuter sur un petit grain de sable, un jugement contraire… Et il en a tant perdus (à nos frais bien sûr…) !
    L’idée du DOUAIXIT est intéressante… La taille de l’assemblée se réduirait puisque sans ville centre, cette « communauté d’agglomération » devient une communauté de communes, présidée par un attelage rural…
    La commune centre serait alors LAUWIN-PLANQUE, bien que son maire y soit si mal élu…
    A moins que DUMONT n’en devienne président ! La commune centre serait alors SIN LE NOBLE, ce qui nous ramènerait à l’époque où le Roi Soleil qui, venant à Douai aurait eu un besoin urgent à satisfaire avant d’entrer dans la ville… Des paysans du hameau ébahi par les dorures de l’attelage se seraient écrié en voyant le souverain se soulager… (cha sin le noble…).
    Mais le seigneur DUMONT ne pourra garder le cerf insoumis, obligé de laisser son trône et sa prébende pour cause de DOUAIXIT. La princesse CRAYE ne pourrait pas prendre la place qu’on lui promet depuis son allégeance au suzerain…
    Il conviendrait de négocier les conditions du divorce, mais sans se parler, ni s’écrire… Une longue période d’instabilité suivrait l’actuelle période d’instabilité, ce qui ne changerait rien pour personne, ni au ridicule de la situation… Mais DOUAI, maltraitée, DOUAI martyrisée aura enfin été libérée !
    DOUAI deviendrait une étape pour les touristes, qui nombreux viendraient non pas tenter de voir son célèbre TRAM, mais ses richesses architecturales, son théâtre, son auditorium, ses musées, son Hôpital Général en friche, témoin de l’incroyable ineptie des politiques menées jusque-là dans son dos !!!
    DOUAIXIT, chiche !!!

  2. Bonne analyse. Courageuse ? Elle le sera quand l’anonymat de Douaivox ne sera plus de mise. Ceci dit, un « Douaixit » n’est quasiment pas possible, hélas… Il faudrait le soutien d’une large majorité des élus communautaires. La remise en cause de l’intercommunalité doit donc être un sujet central des prochaines élections présidentielles.

    1. Nous n’avons jamais revendiqué un éventuel « courage », sauf pour ceux qui commentent comme vous 🙂 Nous nous contentons d’informer nos lecteurs avec la prétention d’offrir ce qu’on ne trouve pas trop ailleurs.
      Pour le Douaixit, il existe, avant, toute une palette de touches à utiliser :
      1-l’appel à l’opinion. Cette voie parait actuellement être choisie par notre maire. Tous les Douaisiens doivent être derrière lui, quelque soit leur obédience. Sans Douai, il n’y a pas d’agglo, c’est écrit dessus.
      2-la chaise vide. Le maire d’Auby – admirable – a pris ce parti quand M. K., pourtant vaincu, a été vice-présidentialisé par la seule volonté de notre parrain. Il existe des tas de décisions qui réclament l’accord formel de Douai. Faut les bloquer par absence de visa.
      3-l’obstruction. C’est le modèle du dessus. Un peu agressif certes mais le contrôle légal avec huissier sur les débordements de Douaizizaglo dans la commune doit donner lieu à des sanctions financières. Bref, mordre les mollets à toutes les occasions.
      4-La reprise. Il faut récupérer certaines compétences, notamment facultatives, et les exercer en pleine responsabilité, y compris si la CAD les utilise. Faut reprendre la main et pousser à la faute cette invraisemblable machine qui nous conduit au désastre.
      5-La communication au delà de la rue de la mairie. Outre l’information des Douaisiens (très peu sont au courant de ces péripéties), il faut en appeler à l’Etat qui est là pour réguler ce qui bloque, tout en ayant en perspective la mise au jour partout, notamment à l’échelle du département, des méthodes de son nouveau président, lequel dans son pays natal, s’assoie sur les principes démocratiques les plus élémentaires. Il y a une réputation à faire…
      Facile…

  3. Excellente analyse, comme d’habitude. La complicité des vice-présidents de la majorité de Douazizaglo dans cette comédie est consternante. Avoir été adoubé par le leader « maxi-maux » pour servir sa soupe (en encaissant au passage de confortables indemnités) a apparemment anesthésié tout amour propre et tout respect d’eux même.

    1. Excellentes questions. Il serait possible d’imaginer le conseil comme le lieu du débat et de l’échange. Il n’est qu’une chambre d’enregistrement. A quoi sert un VP ? Est-il possible de repérer une action, une plus-value en proportion de ce que leur apporte financièrement leur mandat ? Une « indemnité » est au sens propre une compensation. Pas sûr qu’on soit dans cette logique.
      C’est sans doute la critique qui peut être faite à toutes les institutions électives. Il reste quand même le contrôle à défaut d’action. Il parait dans le Douaisis, effectivement, assez limité 🙂

  4. Je passerai rapidement sur ma première inquiétude : « l’union fait la force »…
    La deuxième : quel est le contrat de mariage ? « communauté réduite aux acquêts (c’est le régime dit légal…), dans ce cas, le juge devra déterminer les apports de chacun des « époux  » … ça promet !
    Et quid de la garde des « enfants » ? Des « animaux de compagnie » ?
    Les égos vont se régaler, les avocats aussi et nous on paiera encore, et encore…

    1. Cette communauté d’agglo était un mariage de raison, elle est devenue un enfer matrimonial.
      Ce machin devrait s’occuper de la convergence de la fiscalité, du renforcement du centre pour que tout le pays en profite, de la sortie du marasme généralisé – depuis la fin des Houillères – par des dépenses ciblées sur des sujets plus prioritaires que la pétanque et le patinage.
      Douaisis Agglo est une machine incohérente dont le mouvement chaotique est alimenté par des dépenses stériles.

  5. Deux sujets me  « tarabiscotent » sérieusement et méritent une analyse ultérieure plus fine.
    1) La gouvernance de la CAD, gérée par des affairistes et certainement pas des planificateurs mus par une vision d’avenir constructive. La Cad dit « travailler » oui, mais à quoi ? À préparer la vulnérabilité de demain. Pourquoi ?
    Car le territoire est bi activité, c’est très vulnérable. Il dépend de la capacité de Renault à tenir son rang de compétiteur et surtout au succès commercial de son ou ses modèles de voiture fabriqués ici. Ensuite fragile aussi par la domination des activités de logistique qui dépendent des échanges internationaux, du déplacement du barycentre des marchés domestiques et à ce titre l’écolabel est plus une menace qu’une opportunité. Le Territoire à d’autres ressources industrielles à déployer !! ( j’y reviendrai).
    2) la fiscalité locale. L’aire d’attractivité de la ville centre de Douai, couvre pas moins de 80 communes… Des habitants qui bénéficient des services et infrastructures de Douai avec une fiscalité qui est supportée par les Douaisiens. Est-il sérieusement normal, qu’à un km à vol d’oiseau de Douai la fiscalité chute ? Au point d’inciter les résidents soumis à l’impôt à déménager vers les communes contiguës ? Non. Un scénario de lissage s’impose, MAIS aucun maire s’engagera, trop soucieux par égoïsme de préférer l’intérêt personnel à l’intérêt collectif pour le développement harmonieux sur la CAD et ne pas spolier la ville centre. A ce même titre,la sagesse serait d’engager une « fusion-association » Madelin de ces communes avec Douai.Pourquoi ? Parce qu’il est démontré (Insee source) sur tout le territoire national, la corrélation entre taille croissante et le dynamisme d’évolution : il est vrai avec un niveau d’au moins 70.000 habitants. Tout espoir est techniquement permis mais tout désespoir est politiquement acquis, à ce jour. Preuve que les élus ne gèrent que leur intérêt primaire et immédiat. Quand je pense que les réformes territoriales (période 1970-2009) en Suède et Grande Bretagne ont réduit aux environs
    de 9/10eme le nombre de communes et en Allemagne de 40%.. Nos marges de progrès sont multiples et sérieuses. Restent à changer les acteurs qui ne sont pas à la hauteur des tâches que nous sommes en droit d’exiger d’eux. Montesquieu disait que les français pensent mal mais sentent bien. Les Douaisiens, je crois bien sont majoritairement anosmatiques.

    1. Pour la première interrogation, « travailler » peut ressembler au pelletage de nuages comme le disent les Québécois. C’est toujours du boulot. Pas sûr que Renault, tenu à bout de bras par l’Etat ait réellement un impact local. 8000 employés en 1980, on est en dessous de 3000. Le passage à l’électrique fait rigoler quand on sait que des Chinois sont à la manœuvre…
      Pour la seconde, la seule utilité de cette pauvre CAD serait évidemment la convergence fiscale sur fond de fusion des communes noyées dans l’urbanisation de la ville centre. Tout le monde y gagnerait. Mais nous ne sommes pas des Anglo-saxons, juste des Nordistes qui votent pour des élus aussi attentifs à leurs intérêts personnels qu’inaptes à combler leurs lacunes théoriques.

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