Budget de l’agglo, on vaporise ou on concentre?

Budget on vaporise ou on concentre

La lecture attentive du « Mag Douaisis Agglo » apporte toujours son lot d’informations intéressantes. Préparation de la campagne qui s’annonce, les patrons de l’intercommunalité se mobilisent. Ils ont évidemment l’espoir de se maintenir aux manettes de cette extraordinaire « pompe à phynances » comme l’aurait appelée Ubu Roi.

Au passage, comme le font beaucoup de lecteurs de Douai Vox qui s’inquiètent à tort des entorses que nous ferions au code électoral par nos interventions sur les réseaux sociaux, nous posons à notre tour la question du statut de cette présentation.

Cette publicité vise-t-elle à faciliter la réélection de nos mâles vice-présidents, tous maires et tous ou presque candidats au renouvèlement de leur mandat ? On conseille au directeur de la publication la lecture de l’alinéa 4.2.11.4 concernant le bilan des élus, notamment la célébration de leurs réalisations en période électorale dans des publications financées par une intercommunalité.

Il s’agit bien là d’une apologie de l’action de nos élus car Douaizizaglo® , ça n’existe pas. Ce qui existe ce sont les décisions de ses membres. Elles ne sont vues qu’à travers, non pas leur efficacité, mais de la seule chose qui compte : la dépense. Présenter un bilan en termes d’accroissement de population, de réduction du chômage, d’implantations d’entreprises dynamiques et pourvoyeuses de plus-value, ne vient visiblement pas à l’esprit de nos représentants. On donne des sous et advienne que pourra.

Comme nous l’avions déjà expliqué, décision et impact sont comme souvent dissociés dans la tête de nos élus. Si le second n’est pas mesurable, ne reste donc que la première, c’est-à-dire la dépense.

Regardons la structure des 35 communes de la CAD, aperçue du côté des financements dont elles ont bénéficié « depuis 2014 » selon l’organe officiel de la communauté d’agglo.
Nous ne garantissons pas la justesse absolue de ce travail. Notre source est exclusivement cette présentation elle-même qui possède peut être quelques biais.

Sur un total de 240 millions d’euros de financements, en tout bien tout honneur, compte tenu de son importance, Douai arrive en tête en valeur absolue avec près de 82 millions depuis 2014. A l’autre bout de la liste, la commune la moins « aidée » en volume est Roucourt avec 420 000 euros. Ce n’est quand même pas rien quand on rapporte cette dernière somme à l’effort fiscal sur laquelle repose cette manne. Elle correspond à une taxe foncière de 4 200 euros payée par 100 citoyens en un an…

Plus finement, en termes de montant, examinons les grosses bénéficiaires, au-delà de la dizaine de millions. On repère dans l’ordre Auby (39 millions), Cuincy (21), Sin (15), Lambres (12), Flers (12), Waziers (12), soit la plupart des communes qui encerclent Douai. Par capillarité avec leur grande voisine, ce sont des villes qui accueillent beaucoup d’habitants, ce qui explique peut être l’importance de ces transferts.

Pour autant, toutes ne sont pas aussi bien servies. Cela renseigne sans doute sur la stratégie inconsciente de la CAD dans une agglomération prise dans son ensemble. Car enfin, le plus curieux est le calcul que cette présentation permet de faire entre le nombre d’habitants et les financements reçus par commune.

On peut dès lors se rendre compte de celles qui sont les mieux aidées par Douaizizaglo® mais surtout du degré d’équité qui devrait être le ressort de cette stratégie, si d’aventure l’objectif est de donner la même proportion à tout le monde, ce que semble suggérer cet article.

Par tête d’habitant, la variation est forte. Elle s’étale de 287 euros/habitant (Lallaing, les pauvres…) et Auby qui plane à 5433 euros soit 18 fois celle des moins bien lotis. Si nous étions les habitants de la première, nous nous poserions des questions. D’abord celle de la formule magique qui permet à Freddy Kaczmarek de rafler un pactole de cette importance. Il se présente aux élections pour un 4° mandat. Tant mieux pour les Aubygeois…

Analysons enfin les communes qui suivent. Cuincy (3 243 euros/hab) puis, tiens, on l’aurait deviné, Lauwin-Planque qui culmine à 2 644 euros/hab. Il doit être quand même assez utile d’avoir comme premier magistrat la personne qui se trouve être depuis dix ans le président de l’agglo.
Se succèdent enfin Lambres (2 482), Flers (2 118) et enfin Douai (2 056) pour les dotations au-delà de la barre de 2 000 euros par habitant.

A l’autre bout du spectre, on retrouve bien sûr les délaissés de Lallaing (297 euros/habitant), Raimbeaucourt (357), Roost-Warendin (460), Arleux (469), Estrées (471), Lécluse (486) pour les communes placées sous les 500 euros.

Le moins qu’on puisse dire devant ces chiffres c’est que la diversité semble être la règle comme d’ailleurs la dispersion des financements. Tout le monde reçoit quelque chose. Aucune concentration de la manne sur des axes prioritaires ne semble apparaitre.

Les exemples donnés dans le « Mag » sont en effet d’une grande diversité (aménagements urbains, achat de voiture, réhabilitation de salle des fêtes etc.). De même, il est facile de comprendre que la construction d’un échangeur routier coûte plus cher que la réfection d’un préau d’école.

Le rapport entre le nombre d’habitants total rapporté au budget global permet ainsi de calculer l’aide moyenne théorique pour chacun d’entre eux, soit 1 609 euros/habitant (240 millions partagés également entre les 150 000 habitants de la CAD).

Cette distribution fictive permet de comparer avec les transferts concrètement réalisés. Le résultat est étonnant. En effet, 7 communes sur les 35 reçoivent des dotations supérieures à leur niveau théorique. Evidemment Auby (+ 27 millions) puis Douai (+ 17), Cuincy (+ 10), Lambres (+ 4,4), Flers (+ 3), Lauwin-Planque (+ 1,8) et enfin Waziers (+ 0,3).

Toutes les autres communes sont sous leur niveau théorique. Les moins subventionnées sont dans l’ordre décroissant en millions d’euros : Sin (- 9,6), Lallaing (-8,1), Roost (-7), Dechy (-5,6), Flines (-5,1), Raimbeaucourt (-5), Guesnain (-3,7), Arleux (-3,4) etc.

Quelle conclusion tirer de ce qui précède ?
La diversité des dotations est à l’évidence le résultat d’une gestion aux objectifs confus. On saupoudre. On vaporise.
Existe-t-il une correspondance entre les objectifs du SCoT Grand Douaisis et cette longue liste de dépenses ? Pas vraiment.
Ne serait-il pas plus efficace, pour le développement du territoire, de prioriser les financements sur des objectifs plus structurants ? Privilégier le cœur de ville pour sa capacité d’entrainement sur la dynamique générale doit être au cœur des futurs débats au sein de l’assemblée communautaire.

Un CFA et t’es sauvé!

Un CFA à douai

Que ferions-nous sans La Voix du Nord ? Sans les infos qu’elle distille quotidiennement au citoyen démuni, nous ne saurions rien de rien sur rien. La communication est quand même un tour de force dans le Douaisis une fois franchies les déclarations lénifiantes des élus. Sans la PQR, nous serions sourds et aveugles. Voilà c’est dit.

Un CFA à La Clochette

On y trouve ainsi la récente déclaration de Douaizizaglo® quant à l’émergence prochaine d’un CFA dans le quartier de la Clochette.

Ce projet est très ancien, au moins dix ans voire plus. Il n’a jamais abouti. Si les conditions n’ont pas été réunies, cela devrait inciter à la prudence. Une vieille idée n’est pas forcément une bonne idée. 2020 n’est plus 2000.

Quoi qu’il en soit, cette fois-ci c’est bon. Le CFA va bientôt sortir de terre. Le terrain est acheté. On en connait le prix. C’est comme toujours le célébrissime « million d’euros » apporté par la communauté d’agglomération, c’est-à-dire les contribuables du Douaisis. Enfin, cette somme représente, si on comprend bien, un amorçage car le coût total sera de 25 millions, supportés in fine par la région et la Chambre des métiers.

Le citoyen qui a un peu de mal à payer ses impôts locaux s’intéresse immédiatement aux motivations de cette décision. Il s’inquiète surtout de son efficacité pour répondre aux besoins du territoire.

La bonne idée d’apprentissage

Un Centre de Formation des Apprentis (CFA) n’est pas un lycée qui, s’il envoie régulièrement ses élèves en stage, les enseigne dans ses locaux. Le CFA fait reposer d’abord sur l’entreprise, par contrat, la formation de l’apprenti.

L’apprentissage a toujours été présenté comme une réponse efficace à la demande de jeunes en attente d’insertion, entre autres parce qu’ils reçoivent un salaire qui peut les aider à vivre et qu’ils sont employables dès la sortie du contrat.

On met aussi en avant la plus grande aptitude des CFA à gérer le lien – difficile – entre la formation et le besoin local. Très présentes, les entreprises interviennent dans la définition de leurs filières qui peuvent donc s’adapter plus vite aux évolutions économiques du territoire que celles des lycées professionnels.

Une bonne idée qui prend mal

Cette idée géniale peine pourtant à se développer comme elle le devrait, surtout dans notre région. 

Plus précisément, ça coince au « niveau V » c’est à dire celui des CAP et des BEP, sachant que plus on monte dans la hiérarchie des diplômes et plus l’apprentissage fonctionne bien (pour les ingénieurs du « niveau I » mais ils ne sont que 2% du total des apprentis).

Dans les Hauts de France, compte tenu du profil de la population scolaire et des médiocres capacités de son système éducatif à former les élèves les plus faibles, le besoin en niveau V est évident.

L’apprentissage a pourtant du mal à augmenter ses effectifs. Voilà dix ans, on comptait dans l’académie de Lille environ 9000 apprentis. Leur nombre est quasi le même aujourd’hui (soit 2,5% des élèves du Second Degré).

Plusieurs raisons interviennent pour expliquer le faible succès de l’apprentissage. Le déficit d’image, le peu d’envie des familles d’y mettre leurs enfants. Il est vrai que le décrochage, c’est à dire les ruptures de contrat, y est relativement fort, ce qui ne les rassure pas. On peut ajouter pour notre région la présence massive de lycées professionnels (10% à 15% de plus que le national en moyenne) qui pèse sur les orientations des élèves dans ces filières.

Cette question est au centre de l’installation d’un CFA à Douai car notre ville et plus encore son bassin sont très fournis en LP. La complémentarité des deux est un point essentiel. C’est sans doute pour cette raison que la région – qui finance lycées et CFA – a si longuement hésité à soutenir le projet.

Une absente, l’Education Nationale

Nous savons, ainsi que le Président de la CAD nous l’a affirmé par écrit voilà peu, que les « élus de la République réfléchissent avant de prendre une décision ». Nous n’en doutons évidemment pas.

Juste une interrogation quant à l’absence de l’Education Nationale dans la « troïka » qui a scellé le récent accord, soit Douaizizaglo®, la région et enfin la chambre des métiers (CMA).

Il existe dans notre ville le lycée Labbé, siège du « GRETA Grand Hainaut » qui après avoir fusionné plusieurs structures similaires en 2016, couvre à présent un territoire allant de Douai à Fourmies en passant par Cambrai et Valenciennes (41 lycées contre 25 en 2015).

On repère aussi dans l’académie un « Campus des Métiers du bâtiment » qui étend son influence à travers de très nombreux établissements professionnels, Douai étant pile au milieu et le lycée Cassin de Montigny, spécialiste du bâtiment avec CFA, juste à côté.

On espère que tous ces réseaux ont été intégrés dans l’architecture du projet, notamment en prenant langue avec les autorités académiques qui ne gèrent pas les locaux mais, comme chacun sait, tous les emplois qui correspondent à ces nombreux établissements.

Quels besoins pour le territoire?

Décider d’une implantation de cet ordre doit d’abord répondre à un besoin connu, mesuré et surtout prioritaire.  Au niveau V, en France, le recours à l’apprentissage se concentre dans le BTP (22 % des entrées), l’agroalimentaire (13 %), l’hôtellerie-restauration et le tourisme (12%) . Dans ces branches, à composante manuelle et artisanale, l’employabilité est avérée.

En termes de prospective, il serait bon de disposer d’élément concernant le futur de notre territoire. Justifier cette création par la rénovation de « 23 000 logements des cités minières » est, certes, un coup de communication saluant notre passé charbonneux mais il parait quand même un peu léger pour justifier l’engagement financier de 25 millions d’euros. La CAD n’a-t-elle pas d’idées plus stratégiques comme, par exemple, inscrire cette création dans une perspective territoriale plus large ?

Du bâtiment ou pas?

L’interrogation qui découle de ce qui précède concerne évidemment les filières qui seront accueillies par le futur CFA. L’article de La Voix du Nord les présente un peu comme une ménagère annoncerait la couleur de sa nouvelle cuisine sans être certaine de la choisir. Verbatim, ça donne : « on partirait sur les métiers du bâtiment, notamment tout ce qui gravite autour de la domotique et de l’éco-construction mais il y aura aussi du service à la personne, du tourisme et de la restauration ».

Tout cela ne parait pas trop assuré. Il faut choisir. Soit on prend la filière du bâtiment avec tout ce que ça comporte pour obtenir un effet masse sur le territoire, soit on envisage plusieurs parcours, histoire de faire un peu de tout à la mode douaisienne, avec le risque de peser sur pas grand-chose.

Le CFA de Saint Saulve, admirable projet (1200 apprentis prévus, le double de celui de Douai qui envisage, admirez la précision, 533 jeunes en formation) a fait ainsi le pari du soutien déterminé à un secteur en forte demande de main d’œuvre locale, l’artisanat, en concentrant dessus tous les moyens créés.

De la formation initiale ou de l’insertion?

L’autre sujet concernant un CFA est celui du profil du public accueilli. Il peut ainsi intégrer des collégiens en fin de 3° mais tout autant des jeunes en insertion sortis du système scolaire sans diplôme voire des adultes souhaitant une réorientation.

Dans les faits, il est très difficile de mélanger ces deux profils comme l’ont analysé de nombreux rapport sur l’apprentissage quand ils s’interrogent sur la difficulté d’augmenter le volume de ce mode de formation.

Compte tenu des sorties sans diplôme plutôt forts dans le bassin de Douai, il serait sans doute plus indiqué de faire le choix de l’insertion, d’autant plus que dans ce cas on ne prend pas le pain de la bouche des LP du coin qui gèrent, eux, la formation initiale.

Douaizizaglo® s’occupe de tout

L’autre étonnement concerne les déclarations du président Poiret affirmant que la CAD allait gérer en direct les travaux du nouveau CFA parce qu’ainsi elle récupèrerait « la TVA et maitrisera mieux l’avancée du chantier ». Nous savons que la communauté d’agglomération joue déjà les vendeurs des maisons du quartier du Raquet. L’état de ce projet séculaire après 15 ans d’existence permet de s’inquiéter de l’efficacité d’une prise en charge directe.

La vente comme la construction immobilières entrent-t-elles dans les compétences obligatoires de notre communauté d’agglomération ? Pas sûr. Notre président paraissait ravi de ce choix en considérant qu’il était une innovation majeure. Il indiquait assez fier que « personne ne l’avait jamais encore fait, sauf peut être aux Antilles ». Prendre cette région en exemple fait un peu peur quand on connait les performances scolaires des DROM mais surtout la situation financière de ces administrations locales, notamment quant à leurs charges excessives en personnels.

Une conclusion en forme d’inquiétude

Le lecteur comprendra sans peine l’inquiétude qui parcourt cette analyse. Un CFA pourquoi pas ? Mais le mais arrive tout de suite.

On craint immédiatement que cette création – outre de faire taire les critiques concernant le CFA dont on parle souvent et qu’on ne fait jamaissoit d’abord à but immobilier. Investir à La Clochette pour donner à ce quartier très enclavé l’importance qu’il a beaucoup de mal à avoir, est peut être la motivation première de ses promoteurs.
On aimerait tout autant, symétriquement, que les arguments qui ont réussi à débloquer ce dossier enlisé depuis si longtemps soient réellement la réponse adaptée aux besoins, identifiés et mesurés, de notre territoire.
Et là, comme nous l’avons déjà évoqué, ce qui doit primer dans la décision, c’est l’ordre des choses. On a besoin d’apprentis dans un secteur prioritaire donc on construit un CFA pour les former. On n’occupe pas un terrain avec un CFA en pariant au final que cela va rendre service à des entreprises qui, par chance, chercheraient des apprentis.

Enfin, comment ne pas regretter l’absence d’envergure d’un projet qui parait ne rien connaître, à l’inverse de celui de St Saulve, de Rev3, dite « 3° révolution technologique de la région des Hauts de France « , qui vise à faire de celle-ci l’une des plus avancées en matière de transition énergétique et de technologies numériques. On espère que nos chers élus placent notre futur CFA dans l’un des 10 projets structurants qu’envisage cette extraordinaire stratégie.

Les atouts du Douaisis

atouts du territoire CAD

On a testé pour vous (1). Les « atouts du territoire » sur le site de la CAD

Le développement économique étant la compétence essentielle d’une communauté d’agglomération, examinons ensemble la page qui, sur le site de Douaisis Agglo, envisage cet important sujet du point de vue des arguments qui vont le favoriser.

Le titre donne le ton : « Investir dans le Douaisis pour développer son entreprise ». On en déduit que tout ce qui va suivre donne au futur douaisien entrepreneur des arguments pour le convaincre de s’installer chez nous. De fait, l’objectif est clair : « Votre implantation dans le Douaisis est une solution fiable et pertinente pour faire des affaires en Europe et entier sur le marché français. »

On regrette juste un peu la faute de frappe (« entier » pour « entrer »). Visiblement personne n’a pris la peine de relire ce topo et même pas la première ligne. On tremble que ce soit parce qu’on pense que ce truc n’existe que pour exister et rien d’autre.

Un argumentaire bizarroïde

Ensuite, regardons les thèmes que les promoteurs de la CAD considèrent comme stratégiques pour favoriser l’implantation de nouvelles entreprises dans le Douaisis. Commençons par le premier : « Le Douaisis : une accessibilité exceptionnelle »

Ouvrir par les accès est une bonne chose. Un entrepreneur qui cherche à s’implanter dans la région se posera immédiatement la question de la mobilité dans l’agglomération. Il s’interrogera aussi sur sa situation géographique par rapport aux grands pôles d’activité, Paris, Lille et puis la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, évidemment s’il a des ambitions internationales.

On peut discuter la « fluidité de transport permettant un gain de temps et d’argent » qui est peut être une promesse excessive par les temps qui courent. Pour autant, la centralité de Douai dans les Hauts de France, résultat de son histoire, est un fait incontestable. Quoi qu’on puisse être, nous sommes toujours au centre de quelque chose mais notre ville bénéficie d’une situation idéale quand on observe sa localisation sur une carte.

Voyons ensuite le « territoire qui mise sur la formation » 

Si le lien entre l’emploi et la formation est une évidence dont on est ravi qu’il soit ici posé, il est possible de s’interroger sur sa présentation. Curieusement, les établissements de formation de Douai sont passés sous silence. On parle quand même des « nombreux établissements d’enseignement supérieur » dont on aimerait bien avoir la liste et dans tous les cas, chose étonnante, l’école des Mines n’apparaît même pas. Il y avait peut être un manque de place sur la page.

Continuons par le « territoire fort de grandes institutions »

La liste qui suit est censée persuader patrons et ménages de l’intérêt d’avoir à portée de main certaines structures publiques. Incontestablement, en termes d’information et d’accompagnement d’entreprise la Chambre des Métiers peut être utile. Pour les autres, le rapport reste à confirmer. En quoi la présence du 41° RT joue un rôle dans l’attractivité du territoire ou mieux l’agence de l’eau ?

Après la situation se gâte avec « un territoire au patrimoine riche » 

On voit bien l’intention : convaincre d’une richesse culturelle et patrimoniale susceptible de renforcer l’image positive du Douaisis. Certes, on peut y souscrire mais encore une fois quelle est la plus-value de la présence dans notre région, par exemple du château de Bernicourt, pour convaincre un entrepreneur de s’y établir ? On imagine la scène : « tiens chérie ! Il y a un musée à Roost-Warendin, je vais donc y créer une usine. »

Pour le reste, le site ajoute ensuite plusieurs sujets qui auraient pu être fondus en un seul mais qu’on a probablement dissociés pour faire masse sur la page : les « loisirs », les « équipements culturels » et « l’histoire ».

Une fois encore, hors l’image déjà évoquée, on reste dubitatif des effets de cette liste sur un éventuel entrepreneur. Par contre, on peut y voir la célébration de la CAD – pardon Douaisis Agglo – car aucun des projets qu’elle finance n’y échappe. C’est déjà ça de gagné encore qu’un chef d’entreprise avisé pourrait se poser des questions. Avec tant de trucs subventionnés, la fiscalité locale ne serait-elle pas un peu lourde dans le coin ?

Conservons enfin, le dernier volet susceptible de convaincre d’investir et avec lequel nous serons d’accord, « Un territoire où il fait bon vivre » parce qu’il est évident que la douceur de l’existence est un élément essentiel d’attractivité d’une région. Mais c’est assez opaque en terme de logique car comment associer « l’Ecoquartier du Raquet », les « boucles de randonnée », les « circuits-courts » (mais qu’est-ce donc ? Cela concerne la cantine scolaire ?). On devine encore ici une intention confuse, vaguement écologique, mais encore ?

Argumentons gratuitement

Proposons, pour aider les fonctionnaires et élus de la CAD, c’est cadeau, quelques réflexions pour répondre à la question posée : comment renforcer l’attractivité de la région ? Le postulat sera de penser, comme le site de Douaisis Agglo mais en le disant, que ses « atouts » interviennent dans cette dynamique économique.

Quels sont les facteurs qui prouvent la bonne santé d’un territoire ?
Il y a évidemment, comme nous l’avons déjà vu, d’abord l’évolution de la population. Quand elle baisse, ce n’est pas rassurant. Quand elle augmente c’est meilleur. Pour autant, dans ce dernier cas, le profil social joue un rôle. Une ville dont la hausse démographique relèverait d’une construction massive de logements sociaux pour accueillir des chômeurs n’aura pas la même dynamique qu’une autre où, attirés par toutes sortes de facteurs positifs, de nombreux actifs s’installeraient en y achetant un bien immobilier.
Il y a ensuite le développement d’entreprises sur le territoire. Le lien est connu en termes démographiques et économiques. Il n’est pas besoin d’évoquer – les Hauts de France ont connu ces drames – les conséquences d’une fermeture d’usine ou, à l’inverse mais c’est plus compliqué, les effets d’un renforcement d’une activité existante voire l’émergence d’une nouvelle.

Pour autant, il ne faut jamais perdre de vue que ces deux facteurs, population et entreprises, peuvent être dissociés. Il existe des villes où ceux qui y travaillent n’y habitent pas tandis qu’à l’inverse ceux qui y habitent n’y travaillent pas. Ce sont les types d’activité et les profils des habitants qui font la différence.

Le cas idéal est celui de productions à haute valeur ajoutée, évidemment tertiaires, réclamant une forte qualification des personnels. Ces derniers, bien rémunérés, recherchent des lieux de résidence agréables, si possible proches de leur lieu de travail. Quand le boulot et la maison se confondent par le haut, c’est du bonheur pour tout le monde.

Aujourd’hui, beaucoup de chercheurs font reposer l’attractivité d’un territoire sur le concept des « pôles de compétitivité », les fameux « clusters ». Il s’agit de dégager des synergies à partir de projets innovants pilotés collectivement autour d’un ou de plusieurs secteurs économiques. Douai a connu ça dans le passé quand tout était fait pour favoriser une activité unique : la draperie, le commerce des grains, la concentration administrative, le charbon etc.

Ces « clusters » doivent bien entendu être cohérents avec la stratégie du territoire qui, associant tous les acteurs, se concentre sur les innovations qui permettent la croissance. Si ces conditions sont réunies, se constitue peu à peu une masse critique d’activités capable de concurrencer les territoires voisins et au delà, stade ultime, de développer une visibilité nationale voire internationale.

La version ratée du « pôle de compétitivité » serait à l’inverse le placage d’un projet sur l’économie locale sans tenir compte de ses logiques et qui aboutit à une dispersion des activités ne parvenant jamais à atteindre la masse critique visée.
La version étranglée serait que le tissu économique se disperse en filières peu dynamiques – on fait un peu de tout – sans ligne de force dans la stratégie des pouvoirs publics locaux. Suivraient la baisse continue de la population du territoire mais surtout son inexorable appauvrissement.

Besoin d’une idée rédactionnelle?

Proposons bénévolement, une réécriture de cette page « atouts » en présentant les facteurs qui selon nous pourraient favoriser l’attractivité de notre territoire.

1- L’accès, la situation et la localisation, déjà évoqués sont essentiels. Comme nous l’avons vu, le Douaisis n’est pas mal doté. Il est inutile d’y revenir. On le garde.
2- La taille du marché d’emploi et de consommation est une évidence. Le Douaisis compte près de 150 000 habitants – et même plusieurs millions dès qu’on étend un peu le périmètre – qui peuvent constituer autant un réservoir de main d’oeuvre ainsi qu’un grand espace de consommation. L’un peut appuyer l’autre.
3- La formation initiale et continue des établissements scolaires et universitaires présents sur le territoire est une clé importante. Près d’une vingtaine de collèges, une dizaine de lycées et enfin trois structures d’enseignement supérieur. L’Ecole des Mines, fleuron absolu, l’école de Droit et enfin Douai Biotech. On peut y ajouter les multiples sections de techniciens supérieurs ainsi que les classes préparatoires qui se trouvent dans les lycées.
4- Le réseau des entreprises est un point essentiel d’ancrage des pôles de compétitivité. Leur variété et leur force est au coeur de cette dynamique. Le territoire profite ainsi de la présence de Renault et de ses sous-traitants mais tout autant des PME ultradynamiques peu connues et pourtant absolument innovantes. Tiens, au fait, qui connait « Gènes Diffusion » de Frais-Marais ?
5- Les possibilités de foncier et leur coût méritent l’attention. Les premières sont très importantes dans la région car l’histoire a laissé de nombreuses friches qui sont autant d’opportunités, sans parler des accès déjà existants. Quant au coût, la comparaison avec les régions parisienne et lilloise est un avantage radical.
6- Les aides locales et nationales ne sont pas à négliger. Les zones franches comme les politiques de revitalisation sont déterminantes dans le déclenchement des implantations.
7- De même, le poids de la fiscalité est un facteur majeur pour le maintien des entreprises dans le territoire mais plus encore pour y fixer la population active, s’agissant des impôts locaux du Douaisis.
8- Plusieurs éléments objectifs s’ajoutent aux arguments qui précèdent. On y voit par exemple l’insécurité vécue ou réelle qui reste maîtrisée mais tout autant les efforts pour réduire la pollution dans un espace autrefois très industrialisé dans lequel les rejets étaient autant de menaces sur l’environnement.
9-Plus subtile est l’organisation politique des collectivités du territoire, notamment dans la prise en compte des impératifs de la démocratie participative pour répondre aux attentes de la population. Il s’agit de « rendre durable » le territoire en accroissant les capacités d’être et d’agir des résidents.
10- Enfin, nous pouvons rejoindre certains arguments du site de la CAD quant à la beauté du Douaisis en terme de paysage, de patrimoine et de biens culturels. Nous n’en manquons pas, valorisons les.

Vous aussi vous avez des idées, partagez les avec nous.

Où sont les femmes?

où sont les femmes à la CAD

On vous entend fredonner d’ici. Pourtant, nous n’avons pas du tout l’intention de relancer la carrière de Patrick Juvet, icône du disco tombée dans l’oubli. Ce qui nous pose question aujourd’hui, c’est la représentation des femmes parmi les élus de la communauté d’agglomération du Douaisis.

Interco, zone de non droit paritaire

En 2019, pour la journée internationale des droits des femmes, deux études ont été publiées par la Direction Générale des Collectivités Locales (DGCL). L’une sur la répartition des femmes dans les conseils municipaux et l’autre sur les conseils communautaires. 
Depuis la loi sur la parité en 2000, la place des femmes dans le paysage politique local a progressé mais, sans surprise, elle reste faible.
Si 40% sont des élues municipales, une minorité sont maires (17%) ou à la tête d’une grande collectivité. Ces écarts sont encore plus importants dans les communes de moins de 1 000 habitants, non soumises à cette règle de la parité.

Du côté des intercommunalités le tableau s’assombrit encore un peu plus. En janvier 2019, La part des femmes dans les conseils communautaires est de 31,4%, mais seulement 8% d’entre elles occupent une fonction dirigeante. 
Les grandes sociétés cotées en bourse, avec 18% de femmes dans les comités exécutifs arrivent à faire mieux, ce qui n’est pas peu dire.

15 sièges de vice-présidents,15 hommes, 0 femme

où spnt les femmes?
Impeccable brochette d’hommes vice-présidents de la communauté d’agglo du Douaisis

Un seul constat, le pouvoir politique reste aux mains des hommes.
En France, ces derniers représentent 80,1% des vice-présidences et 92,3% des EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) sont présidés par un homme.

Dans le Douaisis, on peut être fier de nos performances, entre le président et ses 15 vices présidents, on atteint le score soviétique de 100% d’hommes à la tête de l’intercommunalité. De quoi constituer une solide équipe de rugby à 15, puisque l’on a tous les joueurs et même le soigneur. 
Les premières femmes n’apparaissent qu’à l’échelon des conseillers communautaires, soit 22 femmes sur 60 personnes élues.

Pourquoi cette question de parité est-elle importante?

Le 15 et 22 mars prochain sont les dates des prochaines élections municipales 2020. Nous élirons notre nouveau maire, mais aussi, avec le même bulletin, nos conseillers municipaux et ceux de la communauté d’agglomération.

Détail important, pour être élu conseiller communautaire, il faut obligatoirement être conseiller municipal. Les conseillers communautaires sont élus pour la même durée que les conseillers municipaux et sont renouvelés au même moment.

Besoin d’une suggestion?

ATTENDRE LA PROMULGATION DE LA LOI

En mars 2019, une proposition de loi visant à renforcer la parité à l’échelon local a été déposée à l’Assemblée nationale.
Sera t-elle promulguée pour les élections municipales de 2020 ? Rien n’est moins sûr.

Les 3 points à retenir sont :

1/ La généralisation du scrutin de liste paritaire à toutes les communes y compris celles de moins de 1000 habitants.

2/ l’instauration d’une alternance de sexe entre maire/président et 1er adjoint/vice-président dans les exécutifs communaux et intercommunaux 

3/ La mise en place d’un principe d’alternance entre femmes et hommes dans tous les exécutifs locaux(communes/départements/régions)

De grosses négociations en perspective !

Vous aussi vous avez des idées, partagez-les avec nous.