Résultats du sondage sur la piétonnisation

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Il convient, la campagne sondagière de Douai Vox à présent terminée, de présenter à nos fidèles habitués ses intéressants enseignements.

Le lecteur attentif aura remarqué que Douai Vox a adopté pour qualifier cette opération un barbarisme à « double n » quand la mairie a fait plus économique avec un seul « n » . Maintenant, vous savez à qui vous avez affaire : les « contre » parlent de « piétonnisation » quand les « pour » disent « piétonisation ».

Pour nos lecteurs qui se méfient de la littérature, un diaporama avec couleurs et images animées est disponible tout en bas de l’article. Il reprend les traits saillants du sondage. Bon visionnage.

On a fait comment ?

Quelques précisions méthodologiques en préalable, du style de celles que nous aurions aimé avoir de la municipalité quant à l’enquête qu’elle a mise en œuvre après la notre, sans parler du « sondage » de 2015…

Nous avons choisi une solution robuste et pas trop chère (50 euros TTC), non sans quelques imperfections, notamment son utilisation sur smartphone qui a pu apparaître parfois un peu compliquée.

Dans les paramétrages, il était impossible de répondre plus d’une fois ou de retourner en arrière pour éviter quelques dérives. Quoi qu’il en soit, pour augmenter l’audience, nous avons sponsorisé le questionnaire sur Facebook et Instagram.

La cible concernait 15 202 personnes dans un rayon de 12 kilomètres autour de Douai. On compte en fin de campagne 2955 interactions avec 698 entrées sur l’interface du sondage. Sur ce groupe, 451 personnes ont été jusqu’au bout, soit 64,6% de taux d’achèvement. Signe de sa simplicité, près de 79,8% des répondants l’ont réalisé en moins de 5 minutes tandis que 11,5%, peut être des spécialistes des jeux en ligne, rois du joystick, l’ont fait en moins de deux.

Le panel

Si l’utilisation de Facebook limite nécessairement le profil du public, comme le montre la structure par âges des répondants, nous avons constaté le maintien des proportions des avis « pour ou contre » tout au long de la campagne, ce qui confirme la tendance globale du « panel » et donc sa représentativité. Nous aurions aimé approcher du millier mais ne boudons pas un résultat qui reflète assez bien l’état de l’opinion.

Les trois groupes (centre, hors centre, hors ville) sont quasiment à l’équilibre (31,3%, 29,5% et 36,5%). Si on note que 231 femmes ont répondu, les hommes ne sont pas très loin : 220. Signe de l’impact Facebook – qui est un « truc » de vieux selon les jeunes – sur les répondants, 37,3% d’entre eux entrent dans la strate 35-49 ans. Les 18-24 ans sont rares (6,4%) comme les plus de 70 ans (2,7%).

La structure CSP des répondants est plus originale quand on la compare avec celle de la ville que nous donne l’INSEE. Ainsi, pour notre sondage, les cadres sont les plus nombreux à répondre (23,9%) mais ils ne représentent à Douai que 6,7% de sa population. Les professions intermédiaires sont à 21,7% (INSEE 11,1%) et les employés à 14,4% (INSEE 16%). Si 5,1% des ouvriers ont participé, ils sont 13,9% dans la ville. 11,3% des retraités en ont fait de même alors qu’ils sont 23% à Douai. La seule catégorie identique, du sondage à l’INSEE, est celle des agriculteurs : 0%.

De là à penser qu’une part importante de notre population, de fait la plus modeste, échappe, comme aux élections, au droit et au pouvoir de parler, il n’y a qu’un pas.

La question qui tue

L’objectif était de mesurer l’adhésion reçue par la piétonnisation pour la relier au profil des répondants, tout en se projetant sur leurs attentes en terme de commerces dans le centre-ville. Après tout, que souhaitent les Douaisiens et les non-Douaisiens sur ce point ? Il était bon d’avoir quelques indices.

D’emblée, la connaissance du projet est forte puisque seulement 23,1% des répondants n’en ont jamais entendu parler. On note l’importance des réseaux sociaux (36,2%) dans la source d’information en espérant qu’elle renvoie en partie à la communication de la commune quand elle utilise ce canal.  

Malheureusement, on peut en douter car 79% des répondants n’ont jamais, ni participé à une démarche, ni été sollicités pour donner leur avis sur le sujet.  Notons que seuls 11% ont répondu à un sondage, 10% ont assisté à une réunion et à peine 6% sont allés dans un atelier organisé par la commune. Trois héros sur 451 ont d’ailleurs participé aux trois options. Saluons un engagement civique peut être lié à leur statut municipal.

Nous avions pris le parti de dissocier la question de l’embellissement de celle de la piétonnisation pour apporter une nuance sur ces deux points.

On en déduit que les Douaisiens et assimilés trouvent ces rues bien laides si on en juge par l’écrasante majorité – 85,1% – qui souhaite une rénovation matérielle de l’axe Madeleine-Bellain. Cette adhésion massive pose d’ailleurs problème puisqu’elle ne pourrait qu’occasionner les travaux que les opposants au projet perçoivent comme un empêchement aux accès de la clientèle.

Réponse globalement négative

Cœur du débat et déficit flagrant de la part de la mairie qui s’est bien gardée d’envisager la possibilité d’un refus, nous avons demandé aux sondés leur avis sur la piétonnisation sur le mode « d’accord/pas d’accord ».

Les réponses apparaissent très partagées avec un léger avantage pour les « pas d’accord » avec 48,6% opposés aux 44,3% « d’accord », sachant que 7,1% sont sans opinion.

Il faut évidemment croiser ces résultats avec l’origine géographique. Partant du principe qu’habiter en centre-ville ou dans une commune limitrophe peut jouer un rôle important dans l’avis, nous avons proposé cette nuance.

Les résultats confirment l’intuition que nous avons tous, à savoir que les habitants du centre – qui peuvent venir à pied dans les rues commerçantes – sont plutôt pour la piétonnisation (51%) tandis que les « extérieurs », sans doute conscients des freins au stationnement sinon à l’accès au centre en automobile que va représenter ce projet, sont globalement contre (52% pour les autres quartiers et 53% dans les communes limitrophes).

Un autre croisement est indispensable, celui du profil des répondants. Notons que les dames sont majoritairement contre (56%, pour 36%) quand les hommes sont pour (52%, contre 40%). Même clivage sur le statut socio-professionnel. Les cadres sont d’accord à 51% (contre 41%), les professions intermédiaires et les artisans sont contre respectivement à 52% (pour, 43%) et 50% (pour, 36%). Les ouvriers sont en équilibre parfait.

La question sur les usages de mobilité, pour employer la novlangue à la mode, permet des découvertes amusantes. 44 vélocipédistes déclarés (7,8% des répondants) sont les rares bénéficiaires des travaux cyclables visant à sortir la voiture de la ville. Ce sont de plus des ingrats car sur les 200 personnes qui soutiennent la piétonnisation, on ne compte que 12 adeptes de la petite reine. Tout ça pour ça…

Des motivations nuancées

Plus intéressantes encore sont les motivations des avis. Il s’agissait de propositions fermées, ce qui n’exclut pas la possibilité d’autres arguments pour autant limitée. Ce qui est évident c’est que les opposants sont plus nets dans leurs choix que les partisans de la piétonnisation.

Pour ces derniers, deux raisons  sont majoritairement évoquées : l’accélération de la fermeture des commerces (35,9%) et l’inaccessibilité du centre-ville (38,5%), les deux étant évidemment liés.

La dispersion est plus grande pour les fervents de la marche à pied mais aussi plus subtile. Avec 34,4%, la première conséquence favorable serait l’implantation de nouveaux commerces. Viennent ensuite l’attraction touristique (22,4%) et la réduction de la pollution (21,2%). A noter le curieux succès (12,5%) de l’augmentation du chiffre d’affaire des commerces, diamétralement opposée à l’argument principal des anti-piétonnisation.

On veut des marques !

Sur les attentes commerciales, le sondage est particulièrement intéressant même s’il est indispensable de le mettre en perspective du profil global des répondants. La demande est unanime en magasins de vêtements qui disparaissent peu à peu ainsi qu’en restaurants peu nombreux dans le centre. Une contradiction apparait entre la soif des « grandes enseignes » et son contraire, les commerces indépendants aux confins de l’artisanat.

Pour les marques, informations qui pourraient plaire aux aménageurs de centre-ville et autres managers de commerces de détail, H & M comme Zara sont plébiscitées. D’autres aussi en moindre proportion mais cette floraison d’enseignes expressément citées donne une idée de l’attente de l’opinion sur ce champ.

Il n’était pas demandé aux participants d’indiquer les commerces qu’ils ne souhaitaient pas dans la ville mais comme beaucoup l’ont spontanément indiqué, on peut l’évoquer. Deux types d’offres sont rejetés, les « kebabs » et les « fastfood » dont Douai est effectivement saturé tout en étant un marqueur bien connu de paupérisation.

On se retrouve dans deux ans

Pour conclure, quelques enseignements et une morale.

D’abord que la ville apparait une fois encore particulièrement fracturée. Elle l’est politiquement, socialement mais tout autant dans les attentes envers un renouveau du centre-ville. Le projet de piétionnisation est un nouveau catalyseur de ses contradictions profondes.

Ensuite, on ne peut que regretter que la municipalité n’ait pas tenté, avant de se lancer, de mieux connaître avis et attentes de l’opinion, y compris au delà de la ville sachant, comme nous l’avons déjà exposé, que Douai ne peut se dynamiser sans l’apport essentiel d’une clientèle extérieure. Il est impossible de laisser le centre-ville à l’appréciation de ses seuls habitants.

Enfin, comment ne pas s’inquiéter de la brume qui entoure les motivations de ce projet séculaire ? Envisage-t-il, comme l’indiquent certains répondants, le renouvellement de l’offre commerciale par disparition de l’ancienne ? Est-il mis en oeuvre dans l’espoir de susciter, au delà de nos murs, l’intérêt de clients extérieurs comme aux beaux jours des années 70 ? S’agit-il simplement d’embellir une rue mais surtout d’y interdire la bagnole ?

On ne le saura pas. Ce qu’on sait, ainsi que le prouve ce sondage, c’est que ce projet possède toutes les apparences d’un pari. On peut espérer que ses conséquences soient positives. On peut craindre qu’elles soient négatives. Des études ou des enquêtes dignes de ce nom auraient permis d’éclairer cette question, simplement en mesurant par exemple les effets des travaux de la rue de la Mairie sur l’activité des commerces qui s’y trouvent.

En ne comptant que les habitants de Douai qui ont répondu au sondage, l’exact équilibre entre les « pour » et les « contre » (127 contre 128) mérite l’attention de la municipalité. Placée devant ce verre à moitié plein, elle peut en déduire que son projet recueille l’assentiment de la population. Mais regardant en même temps sa moitié vide, elle ne peut tenir pour rien l’hostilité évidente d’une part aussi importante de l’opinion. En gros, paradoxe amusant, le partisan du projet est un homme CSP+ habitant le centre-ville. Pas sûr, qu’il soit l’électeur d’un maire socialo-communiste…

Prenons date. Nous verrons dans deux ans minimum (un an est un vœu pieux en ces temps de crise sanitaire) quel sera à l’issue des travaux l’état de nos magasins.
Dans le brouillard qui noie ce dossier dans la célébrissime « pensée magique » , nous sommes certains d’une chose. Pensons au général Joffre qui, lorsqu’on lui demandait s’il était l’inventeur de la bataille de la Marne, répondait : « je ne sais pas qui l’a gagnée mais je sais qui l’aurait perdue » . Nous aussi nous le saurons. C’est déjà ça.

Commerces innover ou mourir

commerces centre-ville Douai

Dans les villes moyennes de nombreux commerces de centre-ville rencontrent des difficultés, Douai n’échappe pas à la règle. C’est quoi votre programme? « on va re-dy-na-mi-ser le cen-tre-ville« . Ah oui? Se limiter aux axes de l’animation et des bacs à fleurs ne sera pas suffisant pour donner une nouvelle attractivité à Douai.

Episode 1 : des commerces en pleine mutation

Les causes du changement sont multiples :
-Bien sûr, la concurrence des grandes zones commerciales implantées à l’extérieur de la cité, avec la bénédiction de nos élus locaux (voir le bilan annuel de la CDAC).
L’e-commerce qui continue à gagner des parts de marché pour atteindre 9.1% du commerce de détail en 2018, ce n’est pas tant que ça, mais il y a de grosses disparités selon les secteurs.
Les freins à la circulation et au stationnement dans la ville, comme chaque Douaisien doué de raison le sait.
l’évolution de la structure sociale en partie liée au matraquage fiscal qui fait fuir les plus aisés.
-Mais aussi sujet jamais évoqué, des difficultés pour certains commerces à s’adapter aux évolutions des modes de vie de leurs clients et à leurs attentes.

Ville moyenne cherche «élaborateur de stratégie» pour ses commerces

On suppose que notre maire a identifié ces problématiques. La réponse apportée s’est traduite par le recrutement en mars 2019, soit une petite année avant la fin de son mandat de 6 ans, d’un « développeur de centre-ville ».
Le terme choisi n’est pas anodin, il sera « développeur » et pas « manager ».
A t-il toutes les cartes en main pour faire bouger les lignes? On n’en sait rien. Comme le stipule l’annonce d’emploi publiée par la mairie, il est rattaché au Directeur Général des Services déjà en place sous jacques Vernier. Il n’élabore pas la stratégie, il y participe. On se demande alors qui est «l’élaborateur de stratégie». Frédéric Chéreau, interviewé par la Voix du Nord, a par ailleurs étrangement défini le rôle de notre développeur par la négative : «Il n’est pas le Monsieur urbanisme, le Monsieur commerce ou le Monsieur habitat, il n’entre pas dans une case». A défaut, il pourrait peut-être faire rentrer des clients dans les commerces et des visiteurs dans le centre-ville.

Quelle légitimité peut-on avoir quand le « big boss » n’arrive pas à définir votre rôle? Son action ne peut être efficace qu’au service d’un projet politique et là, pour le coup, la case est vide. Quelle est exactement la feuille de route de notre développeur? Quels objectifs quantitatifs lui ont été fixés? A cette heure on ne sait qu’une chose, c’est qu’il n’est pas non plus  « Monsieur communication », ni « Monsieur performance ».

Un passé qui fût et qui ne sera plus

Les Douaisiens de souche ou les délocalisés se lamentent sans cesse du passé évanoui de la ville. A chaque fois on se dit : tiens, encore un habitant touché par le syndrome du « c’était mieux avant« . Ce qu’il faut comprendre, c’est que le temps béni du commerce est définitivement révolu. Il ne sert à rien de se lamenter, il faut plutôt se réinventer.

La révolution numérique et omnicanale oblige les commerçants et les élus à sortir des schémas du commerce d’hier. Toutefois l’innovation marchande ne peut pas être abordée uniquement sous un angle technologique.
Si nos commerces veulent survivre, ils doivent se projeter dans ce monde nouveau où tout évolue à grande vitesse. Gérer ses fidèles clients ne suffit plus. Les nouvelles générations sont zappeuses et opportunistes, hyper- informées avant même de rentrer dans un magasin. Internet a rendu les clients plus exigeants sur la qualité de service. Un commerçant ne peut pas se permettre de dire non. Non je n’ai pas votre produit, non je ne peux pas vous faire une remise, non je ne peux pas vous livrer. Dans son offre, dans la qualité de l’accueil, dans la reconnaissance du client, peu importe le levier, il faut pouvoir se démarquer et s’adapter à ses besoins changeants.

Pour certain commerces, le « gap » à franchir est immense.

Est-il normal de voir à Douai des commerces qui ne proposent pas, en 2019, le paiement par carte bancaire ou le sans contact, lorsque l’on sait que 97% des français utilisent ce mode de paiement pour leurs achats.
Parlons aussi du paiement mobile. Peu en font usage, mais 43% des 18/24 ans aimeraient utiliser leur smartphone pour régler leurs achats (contre 28% des Français). Ces jeunes sont les « futurs » clients de nos commerçants, ceux qu’ils vont devoir attirer dans leur boutique.

Evidemment, être présent et à jour sur le web est un minimum, mais l’innovation passe aussi par la création d’une expérience d’achat exceptionnelle dans son point de vente. Une expérience qui permet d’apporter un supplément d’âme que personne n’aura avec un clic.

Il s’agit parfois de petites choses, souvent liées à la qualité de service. Par exemple, chez un coiffeur placer des parapluies à l’entrée de sa boutique au cas où les clientes seraient surprises par une pluie subite au moment de sortir, avec un petit message accroché au manche (si vous le rapportez nous vous offrons un soin). Dans une cabine d’essayage, pour aider le client à choisir, prévoir 2 portes manteaux. Le premier « absolument » indiquant les articles que je veux garder, le deuxième « pourquoi pas ».

Autre exemple, pour cette fois stimuler les sens du consommateur, l’utilisation de parfums agréables dans un lieu de commerce permettrait d’augmenter l’intention d’achat de 50%. Eclairage, identité sonore, mise en scène des produits… c’est ce que l’on appelle le marketing sensoriel. L’exemple le plus célèbre est celui de la marque Nature & Découverte qui stimule la vue par les matériaux du mobilier et les jeux de lumière, le toucher en proposant les produits en libre accès, l’odorat par le parfum d’ambiance indissociable de la marque et le goût avec des tisanes et du thé à l’accueil .

Enfin, osons évoquer les horaires d’ouverture. Saviez-vous qu’en France, 70% des achats du quotidien sont réalisés entre 17h et 20h. Ceux de nos commerces sont-ils vraiment adaptés?.

La révolution des modes de consommation

Des grandes surfaces en perte de vitesse

On ne va pas se mentir. Les hypermarchés et supermarchés restent très fréquentés, 49% des Français s’y rendent au moins une fois par mois. Pour autant, la tendance n’est plus à leur avantage.
Les français semblent s’en détourner. Non pas comme on pourrait le penser pour se rendre dans des petites surfaces de proximité de la grande distribution mais plutôt chez les producteurs locaux et les magasins d’alimentation « bio » pour les produits sains, les « hard discount » pour les prix cassés et les « drive » pour le gain de temps. Ce sont les 3 grandes tendances actuelles de consommation.

La consommation qui verdit

Ces évolutions, déjà visibles dans les grandes agglomérations, commencent à pointer le bout du nez dans notre ville. Il ne s’agit plus de signaux faibles mais d’un mouvement de fond, 2/3 des consommateurs prennent en compte l’impact de ce qu’ils consomment sur leur santé. Leur intérêt pour les produits alimentaires issus de « circuits courts » qui limitent au maximum les intermédiaires sont en progression constante. Ensuite, ils sont à la recherche de produits sains, même si pour cela ils doivent consommer moins et payer un peu plus cher.
Pour preuve le succès de l’application Yuka qui permet de scanner des produits et d’en évaluer la qualité nutritionnelle ou sa dangerosité. En moins de deux ans, on compte 10 millions d’utilisateurs en France.

Ce besoin de transparence n’est pas sans conséquences pour les marques ou les commerçants. La grande distribution l’a d’ailleurs bien compris. Elle essaie d’intégrer cette nouvelle donne dans son offre. (vente de produits en vrac/bio/productions locales…). Cette évolution est encourageante pour le commerce de bouche douaisien, qui contrairement au secteur de l’habillement, semble bien résister.
C’est bienvenu aussi parce qu’il faut donner de bonnes raisons aux consommateurs de fréquenter le centre-ville en proposant une offre différente de la périphérie, en réimplantant notamment des commerces aux produits de proximité et de qualité.

Conclusion stratégique non validée par « l’élaborateur« 

Dans cette bataille vitale, commerçants et politique vont devoir travailler ensemble puisqu’ils ont la même clé d’entrée : l’adaptation aux nouveaux usages des consommateurs pour les premiers et de l’usager pour les seconds.
Le saupoudrage ne servira à rien. Les élus devront mettre en oeuvre une politique volontariste intégrant le commerce dans toutes les dimensions présentées au dessus, mais aussi l’habitat, les services et la mobilité.
Sans un traitement de choc à 360° et l’intégration des usagers dans les projets dès la réflexion, la réussite ne sera jamais au rendez-vous. Notre « développeur de centre-ville » le sait-il ?

Besoin d’une idée centrale?

Une fabrique de centre ville

commerces fabrique de centre ville

On aimerait que « Monsieur élaborateur de stratégie » demande à « Monsieur développeur » d’ouvrir non pas une boutique, mais une Fabrique de centre-ville dans un local vacant de la rue de Bellain. On n’en manque pas (27 cellules vides actuellement entre les deux places). Un lieu ouvert aux habitants, aux associations et aux chefs d’entreprise, pas pour les écouter ou les convaincre, mais pour co-construire avec eux un projet de revitalisation qui correspond à leurs attentes.
La Fabrique pourrait également proposer des formations numériques aux commerçants et artisans. Il ne faut pas sous-estimer la puissance de l’intelligence collective.

36 heures pour un incroyable commerce

Mon centre ville a un incroyable commerce à Valenciennes

Dans le même esprit nous suggérons à la Ville de Douai (si cela n’est déjà fait) de s’inscrire au programme Mon Centre-Ville a un Incroyable Commerce (MCVAIC) développé par les agences Auxilia et Visionari, en partenariat avec Leboncoin,
Il s’agit d’un concours de création d’entreprises en centre-ville, à destination des porteurs de projets du commerce et de l’artisanat. Les participants peuvent tester et développer leur concept d’entreprise avec toutes les parties prenantes du centre-ville. Le format est un marathon créatif de 36 heures qui applique une méthodologie inspirée des start-up. En complément les participants reçoivent des conseils d’experts locaux publics et privés, de commerçants, d’artisans et de citoyens.
Les prix décernés aux lauréats sont à la main de la commune et/ou de la CAD (par exemple des mois de loyers gratuits). Autre point intéressant, pour le jury final les habitants peuvent assister aux pitchs des porteurs de projet et voter.
Pour la première édition, 10 villes du programme action cœur de ville ont été retenues. La dernière opération a eu lieu à Valenciennes il y a un mois, intéressant non?.

Une ville moyenne en crise

ville moyenne en crise - Ville de Douai

La ville rêvée est une ville moyenne

Quand on demande aux Français dans quel endroit ils aimeraient vivre, leur réponse désigne très majoritairement le lieu qui seul leur parait offrir la vie agréable à laquelle ils aspirent : la « ville moyenne ». Ils l’opposent aux espaces ruraux mais surtout aux grandes métropoles dont d’abord Paris, symbole absolu de pollution, de vie chère et de transports saturés.

Ces lieux rêvés, en dépit du plébiscite populaire, sont pourtant aujourd’hui en crise profonde. Crise si grave qu’ils sont des « espaces en voie de disparition » quand on voit l’accélération récente de leur effondrement. Il se mesure par la baisse de leur population et son appauvrissement, la fermeture d’entreprises, la disparition de liaisons ferroviaires, le retrait graduel des services publics : casernes, tribunaux, hôpitaux, écoles, IUFM…

Le second paradoxe, c’est que ce mouvement accompagne une décentralisation qui n’a cessé depuis le début des années 80 de s’approfondir. De là à penser que les collectivités locales de plus en plus autonomes sont placées devant un phénomène qui les dépasse, il n’y a qu’un pas. Gérée de bout en bout par l’Etat qui disposait alors de tous les pouvoirs, l’implantation dans le Douaisis d’une usine Renault serait aujourd’hui impossible.

La ville moyenne disparait

Cette crise à laquelle notre ville, comme beaucoup de ses consœurs, est confrontée, se concentre d’abord dans le centre qui voit se fermer peu à peu tous ses commerces. Voilà près de vingt ans, si le déclin était imperceptible, le moteur était déjà en place. Il se trouvait dans la création des zones commerciales à la périphérie, celle de Noyelles-Godault, coup de génie empoisonné de Jacques Piette, étant le modèle du genre.

Ces implantations étaient présentées par les élus de l’époque comme une chance pour l’agglomération. Ils imaginaient, outre les taxes mirifiques qu’ils toucheraient, qu’elles allaient créer des emplois sans dommage pour les activités traditionnelles des alentours.

Le lien négatif entre ces deux phénomènes est aujourd’hui parfaitement prouvé. Il est même mesuré : chaque année, la superficie des zones commerciales périphériques progresse de 3 ou 4%, quand la hausse de la consommation ne dépasse pas 1%. La différence est assurée par la fermeture des commerces de centre-ville dont la vacance augmente partout. Douai se situe à près de 15%.

Le drame, c’est que passé un certain seuil de destruction de points de vente, la crise des centres villes s’auto-alimente. Moins de magasins, c’est moins de services, moins d’animation. Faute d’attractivité, les classes moyennes et supérieures, qui ont le choix, se logent plus loin, ce qui amplifie la paupérisation de la population donc du bâti. Etape suivante, les cellules commerciales se vident, les prix de l’immobilier s’effondrent. La spirale négative devient incontrôlable.

Cette mort annoncée des villes moyennes est très grave si on considère l’attachement des Français pour ce modèle urbain à taille humaine. C’est pire encore quand on mesure le poids démographique du phénomène, pas loin de 20 millions de personnes concernées et plus d’un tiers des départements du pays. Les conséquences politiques sont du même ordre comme l’a montré la crise des « Gilets Jaunes » mais aussi le choix des extrêmes dans les scrutins électoraux.

Des réponses nationales et locales sont apportées à ce défi. Le plan « Action cœur de ville » concerne Douai. De son côté, la mairie s’essaie au soutien du commerce local selon les principes habituels. On voit ainsi apparaître des marchés de Noël, des spectacles de rue, des « managers de centre ville », des piétonisations etc.  Nous sommes plus dans la psychothérapie de groupe et l’accompagnement en fin de vie que dans des stratégies volontaristes et le traitement de cheval.

La ville moyenne doit assumer la concurrence

Car le mal est fait. Personne ne peut sérieusement penser qu’on puisse supprimer les équipements commerciaux de la périphérie, surtout quand ils se trouvent dans le Pas-de-Calais qui n’est pas le Nord. L’enjeu est celui d’une concurrence assumée à armes égales. Notre centre-ville pourra triompher dès l’instant où nos élus passeront enfin à une autre politique dans leur tête et dans les actes.

Le centre-ville est le coeur de l’agglomération

D’abord, il faut comprendre que le centre-ville n’est pas un quartier comme un autre. Il est le phare, le cœur de l’agglomération, celui sur lequel doit converger toutes les attentions, par exemple de Douaizizaglo®. L’idée que cette dernière doit donner quelque chose à chaque commune de la CAD pour la consoler de ne pas être le centre, est un contre-sens grave. S’il disparaît, tout le monde disparaîtra.

La délocalisation à la périphérie des services publics (on pense tout de suite à Arkéos ou aux épouvantables projets de patinoires et autres boulodromes) parce que les accès sont faciles ou que le terrain coûte moins cher est une dérive mortelle. Car tout ce qui ne renforce pas le cœur, tout ce qui va diluer son énergie ailleurs, empêche à terme de maintenir un niveau minimal d’attractivité en dessous duquel aucune renaissance du centre-ville ne sera possible.

Le centre-ville n’appartient pas aux gens du centre-ville

Cette priorité au centre-ville ne revient pas à apporter à ceux qui y résident, pour leur seul bien être, des équipements ou des services de proximité plus nombreux qu’ailleurs. Il s’agit d’abord d’attirer un public extérieur par des investissements ciblés. Car si certains équipements renforcent l’attractivité du centre tout en répondant à la demande locale, ce n’est pas toujours le cas.

On peut douter que les « locaux » visitent chaque semaine le beffroi ou le musée de la Chartreuse. A l’inverse, hors peut être notre merveilleux Hippodrome, les équipements de proximité permettent peu au centre de rayonner à l’extérieur.

Le bon alliage est celui d’une richesse patrimoniale renforcée par une offre commerciale et touristique cohérente. Nous avons la chance d’avoir de beaux monuments mais ils doivent être mieux défendus pour que la ville soit un pôle touristique digne de ce nom.

Le centre-ville a besoin de grandes enseignes

Un des avantages, entre autres, de la périphérie c’est sa concentration de « grandes enseignes » qui sont devenues, qu’on le veuille ou non, les locomotives du commerce de proximité. On peut y voir des symboles honnis de la mondialisation, sans parler de la concurrence inégale dont elles profitent.

Si c’est le cas, il faut donc tout faire pour les implanter dans le centre ville pour rétablir l’équilibre. D’une certaine manière, la présence du Furet du Nord répond à cette stratégie assez habilement. Pour autant, si cette enseigne est isolée, l’effet restera incertain comme le devenir de ce magasin.

ville moyenne damart se barre
Coup de chaud chez Damart,
la lecture attentive de cette affiche vaut son pesant de thermolactyl

Car ces grandes marques recherchent un effet masse découlant du voisinage d’autres enseignes de niveau équivalent. Les ramener dans Douai quand elles sont parties les unes après les autres sera difficile mais selon l’adage, si c’est possible, cela a été déjà été fait, et si c’est impossible, cela se fera.

Une autre option pourrait être d’identifier un secteur commercial jugé prioritaire dans la concurrence mortelle engagée avec les zones commerciales périphériques, notamment pour attirer au centre le public extérieur. C’est plus complexe que d’aller chercher des grandes enseignes.

Le centre-ville doit être accessible en voiture

Identifiée par tant de Douaisiens comme l’explication première de l’effondrement des commerces du centre ville, la question du transport est, comme on dit, un sujet.

Interdire la circulation dans la ville par un plan fou, contribue à valoriser l’offre de la périphérie. C’est tellement basique qu’on en arrive à s’interroger sur l’esprit de logique de nos représentants, à moins qu’ils ne soient incapables de sortir des dogmes imposés de la « mobilité douce ».

L’urgence est donc de rééquilibrer les modes d’accès à la ville, ce qui implique d’y faire revenir la voiture. Un chiffre intéressant : 68% des déplacements liés aux achats sont et continueront quoi qu’il advienne d’être réalisés en automobile. Cela signifie qu’on enlève à notre agglomération une part très importante du potentiel commercial du centre en refusant par dogme cette rupture vitale.

Le centre-ville doit être beau et accueillant

Quant on arrive à associer culture et commerce, un centre-ville possède des avantages très supérieurs aux zones commerciales périphériques. Le premier possède en effet un cadre authentique et chaleureux, qui permet à la fois la balade et le shopping. Il peut aussi offrir des endroits « tendance » et insolites qui font le succès des villes qui jouent de ces avantages. On peut chercher longtemps la poésie du cliquetis des Caddies d’Auchan ou de Carrefour…

Valoriser le patrimoine urbain existant en se concentrant sur un périmètre limité où toutes les actions pourront être coordonnées, donnera rapidement des résultats visibles. Ce sera plus payant au sens propre qu’un nouveau festival ou tout autre animation culturelle.

Quand on les interroge, les professionnels de la profession sont formels : «Seul un itinéraire marchand en boucle avec deux pôles commerciaux forts aux extrémités est en mesure de faire revenir durablement les acheteurs

Le centre-ville doit être protégé des zones commerciales

Enfin, pour finir, il faut empêcher les implantations nouvelles et les extension des zones périphériques et même les interdire.
La très célèbre « Commission départementale d’aménagement commercial » (CDAC) rend chaque année, sans aucune publicité, des décisions de ce type.
En 2018, sur 45 dossiers, seulement 5 ont été refusés (arrondissement de Douai, 4 dossiers, 0 refus), en 2019, année en cours, 16 dossiers (Douai, 3 dossiers, 1 refus). On se demande si les membres de cette instance savent réellement ce qui peut les autoriser à rejeter un projet d’installation quand on sait qu’il n’existe pas de normes partagées pour définir les exigences minimales à respecter en matière d’aménagement du territoire.
Encore une fois, le « doigt mouillé » frappe de tout sa force et nos pauvres commerces meurent.

Douai est-elle librairicide

Librairie la Charpente Douai

Il fut un temps où les Douaisiens achetaient leurs livres à la librairie Lauverjat. Un lieu incontournable depuis le XIX° siècle dont le souvenir reste très vif dans la ville. Et puis un jour, pour des raisons obscures, la librairie ancestrale a fermé. Son beau local a été transformé en magasin de vêtements. Signe des temps, la culture a laissé la place à la couture.

Le Furet et puis c’est tout

Cette disparition, qu’on pouvait croire isolée, était toutefois l’annonce d’un mouvement profond que cache mal l’installation récente et bruyante du Furet du Nord dans les anciens locaux du magasin Treca dans la rue de la mairie.

Il ne s’agit pas de critiquer un projet qui a au moins le mérite d’exister. Cela d’autant plus qu’il permet le sauvetage d’un bâtiment historique inoccupé depuis des années, tout en offrant à une enseigne connue un local sans comparaison avec celui, incommode, qu’elle utilisait auparavant. Plus encore, rapprocher le Furet du Nord de la zone de concentration commerciale représentée aujourd’hui par la fameuse « croix » Bellain-Hôtel de ville, est une excellente opération.

Il faut s’interroger cependant sur le fait qu’il ne reste à notre ville – qui pèse quand même près de 40 000 habitants – qu’une seule librairie-papeterie après la disparition de trois d’entre elles en quelques années.

Certes, tous les jours en France ferme un point de vente d’un secteur touché de plein fouet par la concurrence d’internet mais surtout d’Amazon. Mais pour Douai, il faut aussi se convaincre qu’au-delà de ces évolutions globales, la réduction de cette offre témoigne aussi de l’appauvrissement social de la ville sur lequel nous reviendrons dans un autre article.

Le livre disparait

Quoi qu’il en soit, résumons les étapes de la disparition de nos chères librairies dans les rues de la ville.

– en décembre 2013, c’est Chapitre alias Brunet, beau magasin sur la place d’Armes  depuis 1995 qui met la clé sous la porte. D’incompréhensibles rachats et vente à la découpe de la part d’actionnaires étrangers seraient à l’origine de cette fermeture.

– en avril 2014, c’est la Papéthèque de la rue de Paris qui baisse le rideau. On y vendait depuis 1992 surtout des articles de bureau et des journaux mais aussi un peu de livres. La fragilité de l’équilibre financier aurait conduit à cette difficile conclusion.

 en décembre 2018, La Charpente qui avait ouvert quatre ans plus tôt, pose sur sa porte l’avertissement suivant : « fermé pour cause de fermeture ». Une belle aventure se termine à la grande tristesse de ses fidèles soutiens.

Librairie la Charpente
On ne saurait être plus clair…

Je suis « La Charpente »

Arrêtons nous un instant sur ce dossier qui résume à lui seul les contradictions de l’équipe municipale actuelle quant aux stratégies d’aménagement qu’elle met en œuvre depuis 2014.

L’ouverture de La Charpente a représenté dans le centre ville une bouffée d’oxygène pour un quartier en bien mauvaise posture. Parfaitement située, aménagée avec goût, cette librairie apportait le « je ne sais quoi » qui rendait le lieu unique, accueillant et chaleureux. On y trouvait des conseils avisés de lecture, un choix original d’ouvrages  mais surtout des chats qui, tout en se prélassant sur les présentoirs, semblaient vouloir convaincre les clients de la qualité des livres qui s’y trouvaient.

Pantoufle le chat de la charpente
Pantoufle critique littéraire

Peu d’avanies ont été épargnées à ses fondateurs depuis l’ouverture de ce magasin. Si la mairie n’a rien à voir avec la coupure électrique intempestive qui a perturbé son fonctionnement pendant quelques temps, il faut quand même évoquer les conséquences des travaux de voirie qui ont durant des mois empêché les clients d’entrer ou même aux passants d’approcher de la devanture.

Il est à souligner le succès du financement participatif en septembre 2017 qui a vu plusieurs centaines de personnes soutenir par leurs dons cette librairie avec la conviction que l’existence à Douai d’un lieu de culture de cette qualité était une nécessité.

Deux poids, deux mesures

Par contre, la municipalité ne paraissait pas toujours souscrire à cette logique. Sans doute obnubilée par le projet Furet du Nord, peut être peu convaincue de l’utilité d’avoir dans la rue deux points de vente sur le même objet mais plus certainement indifférente, la commune n’a rien tenté pour sauver ce commerce. On se souviendra longtemps de la maladresse insigne des services municipaux quand ils ont installé devant la porte de La Charpente, alors moribonde, une bannière exaltant l’ouverture prochaine du Furet du Nord à quelques mètres de là.

Pour finir, il faut se convaincre qu’il était parfaitement possible de faire vivre deux points de vente en aucun cas concurrents mais simplement complémentaires. Quoi qu’il en soit, posons la question du coût de l’installation du Furet.

On sait que le budget annoncé était de 1,7 million d’euros pour la ville, celle-ci recevant 500 000 euros de Douaisis Agglo et 600 000 de l’Etat au titre du soutien à l’investissement local, ce qui donne 600 000 pour la commune en propre. Il faut y ajouter le prix d’achat du bâtiment, soit 340 000 euros, ce qui monte l’effort des contribuables douaisiens à plus d’un million. Du côté du Furet du Nord plusieurs sources indiquent que l’aménagement du lieu lui aurait coûté 500 000 euros, sachant que le loyer à acquitter, relativement faible, sera dans tous les cas lié à l’évolution du chiffre d’affaires.

Besoin d’une idée solidaire?

Le local actuel est parfaitement situé, le mobilier déjà en place, pourquoi la mairie ne rachète-t-elle pas La Charpente pour la transformer en une « librairie solidaire » Café/Jeux sous un statut de SCOP qui permet d’allier le public et le privé et d’aider au maintien des commerces sans entrer dans une concurrence déloyale. La librairie du village de Lafrançaise, 3000 habitants, a réussi à le faire. Douai devrait en être capable.

Autre exemple relevant de l’économie sociale et solidaire, le statut SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) comme pour la librairie La Cavale à Montpellier mais aussi dans beaucoup d’autres villes.
Selon le statut, la Mairie peut être partie prenante avec un soutien proportionnel à celui qui a été apporté au Furet du Nord.
A minima accorder un loyer faible aux repreneurs, une offre proche du modèle initial, mais enrichie, tous les ingrédients du succès seraient présents, notamment pour l’aide radicale à l’équilibre financier qu’un tel choix permettrait. Vite, rendez nous notre Charpente !

Pour aller plus loin
Aides pour les librairies
C’est quoi une SCOP
C’est quoi une SCIC

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