La voiture disparaît

la voiture disparaît

Il fut un temps, jusqu’aux années 40 où la petite reine faisait partie des habitudes locales, un peu à la mode belge. Le pays est plat. Le vélo est bon marché. Tout le monde possédait un biclou pour se déplacer.

Et puis, peu à peu, comme partout, la voiture s’est mise à régner en maître. A Douai, les cartes postales des années 50 ou 60 montrent l’ampleur du phénomène. Dans tous les points stratégiques de la ville apparaissent alors de merveilleux parkings parfaitement placés, la Place d’Armes, le Barlet, superbe foirail, et puis un peu plus loin St Amé et Carnot.

Le rejet de la voiture

Peu à peu, au gré des programmes municipaux toujours à la recherche d’innovation et de modernité, est venue l’idée qu’il fallait faire disparaître la voiture du paysage et donc l’empêcher d’entrer dans la ville.

Cela partait d’un bon sentiment, on voulait sans doute purifier l’air. Il y avait probablement, comme souvent à Douai, un peu de confusion dans les objectifs. Si le rejet de la bagnole permettait à nos édiles de se poser sans contestation possible en défenseurs de l’environnement, il n’est pas certain en revanche qu’ils aient toujours mesuré les conséquences de leurs actes.

Si l’effondrement du commerce de détail dans le centre-ville n’est pas totalement lié à cette décision, il est évident qu’elle y a joué un rôle non négligeable. Entre des trajets compliqués qui aboutissent à l’impossibilité de se garer près des rues commerçantes ou la zone de Noyelles-Godault qui rassemble parkings et magasins en un seul point, l’arbitrage du client qui n’habite pas Douai est rapidement fait.

Le plan de circulation fou

Arrêtons nous un instant sur le plan de circulation délirant que nous devons à l’équipe municipale précédente et que l’actuelle s’est d’ailleurs bien gardée de modifier. Peu de villes conduisent, c’est le cas de le dire, l’automobiliste à devoir préparer le moindre de ses parcours par une réflexion préalable assez poussée. Il faut mesurer ses chances de parvenir au point d’arrivée mais plus encore à revenir à son point de départ car il n’est pas rare que le sens du démarrage soit à l’opposé du but.

Quel statut pour la voiture à Douai?

Ne serait-il pas temps de se poser la question du statut de la voiture automobile dans Douai ? Sans dogme et sans tabou ? L’exemple d’Arras mérite ainsi le détour. Intelligents élus qui ont su réserver une place à la voiture, à ménager des parkings relativement près du centre quand ce n’est pas sur les places. Ce choix est possible et dans tous les cas ce sujet doit être débattu.

En serons nous capables ?

Max aime apprendre mais parle un peu souvent à la première personne. C'est un travers qu'il combat difficilement. Va falloir l'aider. Il adore la Scarpe et l'orgue de St Pierre, surtout les basses.

2 Comments

  1. Je découvre ce site et je m’interroge. La critique de la municipalité est un peu systématique. Non qu’elle ne soit pas critiquable. mais faut il encore que les dites critiques soient argumentées.
    Vous donnez Arras en exemple. Il m’arrive d’aller là bas et j’envie effectivement leurs places, nous n’avons malheureusement pas la chance d’avoir les mêmes, architécturalement parlant. Mais au point de vue parkings, sommes nous si mal lotis? la semaine dernière je suis allé faire une course dans un magasin d’habillement de la rue de Bellain. Oui je fais mes courses à Douai. Je me suis garé place Schuman.
    Combien de temps m’a t il fallu pour aller de ma voiture à la boutique ? je marche lentement donc quelques petites minutes.
    On peut être en opposition au maire mais faire preuve d’objectivité.

    1. Retenons un parti pris que nous ne nions pas. Pour autant, avons-nous de nombreuses raisons de nous réjouir de l’évolution de notre cité ? Tous les indicateurs sont au rouge. Comment ne pas les relier à une politique municipale déficiente ? Un élu n’est pas la cause de tout mais il est responsable d’une absence généralisée de résultats.
      L’objectivité repose sur des arguments et des chiffres que nous avons la faiblesse de croire exister dans ces pages. Au fond, nous aimerions que nos décideurs les lisent (ils le font évidemment) mais surtout qu’ils en tiennent compte dans leurs choix. Non pas forcément pour la décision elle même mais dans sa rationalisation. Un article faisait le point sur ce sujet :
      https://douaivox.fr/quand-tu-decides-au-doigt-mouille-elus-douai/
      Quant à Arras, nous pouvons faire le lien avec les indicateurs évoqués plus haut. Dans la concurrence que se livrent les villes entre elles (Arras, Valenciennes, Cambrai, Douai), il est évident que certaines vont gagner et d’autres perdre. Nous prenons la liberté de citer ce qui suit et qui était un commentaire sur la piétonnisation :
      Il faut de l’objectivité, c’est à dire des chiffres. Ce sont les juges de paix et à l’inverse de la municipalité qui aime le doigt mouillé, nous allons les afficher sur deux indicateurs que nous fournit l’INSEE. Ils sont déjà un peu vieux (2017). On peut craindre que l’évolution ne soit depuis encore plus inquiétante pour Douai.
      Bref, la population de 2012 à 2017 :
      Arras 41239 à 41019 (quasi stable), Valenciennes 42989 à 43336 (pas mal), Douai 41732 à 39700 (bientôt 35000 ?)
      L’évolution des actifs (ceux qui travaillent, paient des impôts, créent de la richesse)
      Arras 69,3 % à 71,0 % (ça bouge), Valenciennes 65,7 % à 65,7 % (stabilité parfaite), Douai 66,0 % à 65,1 % (pas bon)
      Nous aurions pu prendre toutes sortes d’indicateurs, notamment sociaux, pires encore.

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