La plus vieille maison de Douai

plus vielle maison de Douai

Nos beaux et vieux bâtiments… vides (4)

Ville historique au riche patrimoine, Douai possède une caractéristique frappante : la présence dans ses rues de nombreux bâtiments anciens, parfois énormes, souvent classés mais… vides.

Un modeste témoin du passé

Bien discret sur son pignon, à l’angle des rues de Huit-Prêtres et du Clocher Saint Pierre, le bâtiment ne paie pas de mine.  Il est vrai que l’allure est peu flatteuse quand on regarde l’horrible rideau métallique qui ferme le rez-de-chaussée, l’affreuse enseigne masquée depuis peu, l’incroyable vitrine de la devanture mais plus encore l’état des fenêtres qui, ici ou là, ont même perdu leurs carreaux.

Pourtant, à bien le regarder, on comprend qu’il ne date pas d’hier comme le montrent ses pans de bois dont la facture médiévale ne fait pas de doute. On perçoit aussi le montage en encorbellement des étages puis tout en haut la façade triangulaire qui épouse la forme du toit.

Une miraculée de la Grande Guerre

Sa modestie l’a probablement sauvée à l’inverse de sa voisine. Juste en face, se trouvait en effet la célèbre maison dite « des Rémy », un des monuments les plus connus de la ville. Sa restauration sous le Second Empire en avait fait le joyau de la cité, exaltant un « style espagnol » qui n’était d’ailleurs que flamand. Incendiée en 1918 par les troupes allemandes en retraite, cette merveille est partie en fumée avec ses superbes sculptures, ses pilastres ciselées, ses métopes délicates, ses colonnes ouvragées.

A comparer la forme des deux façades, la disparue et la survivante, on comprend qu’il y a une filiation dont la plus modeste mais la plus ancienne, est peut être l’origine. Construit au XIV° siècle, le bâtiment était une dépendance d’un ensemble plus grand, l’Hôpital des Huit-Prêtres fondé par une certaine Marguerite Mullez ou Mulet, « dite Baudane », sœur du prévôt de St Pierre.

Si on en croit Plouvain, l’héritage de cette bienfaitrice disparue en 1329 était destiné à permettre l’accueil de « huit prêtres indigents » mais surtout de pourvoir à leur entretien. Reconstruit en 1519 – la brique a remplacé les colombages – l’hospice a traversé l’Ancien Régime pour finir vendu comme bien national à la Révolution. Le bâtiment subsistant n’est donc que la partie miraculeusement indemne d’un îlot dont il ne reste rien, plus étonnant encore, dans un quartier durement touché par les destructions de la première guerre mondiale.

Un monument protégé devenu bien municipal

Brièvement poste de gendarmerie, elle est dès le début du XIX° siècle un estaminet puis un magasin, le fameux « bazar à 100 francs » de la famille Cocheteux. Vendue l’année dernière par ses descendants pour 80 000 euros (quand même moins cher que le Furet) à la mairie, la collectivité a acquis cette maison « afin qu’elle ne se détériore pas davantage », ce qui est une très bonne idée.

On peut regretter qu’un bâtiment dont la façade et les toitures ont été inscrites à l’inventaire des Monuments Historiques dès décembre 1964 n’ait pas été plus tôt acheté et restauré comme il se doit. Ici encore, on voit que le ciment a frappé, ainsi que le montrent les joints de briques datant sans doute des années 50. Il ne reste probablement pas beaucoup de matériaux d’origine. Sur la façade, les pans de bois du XIV°, régulièrement réparés depuis, ont peut être disparu depuis longtemps.

Besoin d’une idée médiévale?

Sans aller jusqu’à réclamer son retour à la fonction originelle qui n’était sans doute pas très éloignée d’une conciergerie, conserver à cette maison sa fonction commerciale ne serait pas indigne dès l’instant où elle constituerait une étape dans le circuit touristique d’un centre-ville enfin valorisé.
Célébrer le passé médiéval, la draperie qui était l’âge d’or de Douai, aurait beaucoup d’avantages.
Cette idée rejoindrait le goût du Moyen-Age qui plait à Douaisis Agglo à travers le soutien important qu’elle apporte à Arkéos, notamment son extension en parc médiéval. Le sujet est porteur comme le prouve le succès des animations organisées sur ce thème. Un soutien financier, même modeste, devrait pouvoir se mettre en place, la surface du local est réduite – 70m2 au sol – ce n’est ni Le Furet, ni Le Prévost.

boutique médiévale plus vieille maison de douai

Restaurée dans sa forme originelle, la maison pourrait être un lieu de vente d’objets touristiques, artisanaux, issus de productions locales, peut être même associatives. Une échoppe médiévale reconstituée pourrait être un lieu de vente original, susceptible d’attirer l’attention.
Il serait possible pour renforcer l’intérêt de ce projet, de l’associer par convention avec les établissements professionnels du secteur. Plusieurs lycées, ainsi Rabelais (vente) ou Leforest de Lewarde (accueil), pourraient en faire un lieu de stage pour les élèves en cours de formation.

Échoppe médiévale à l’Aigle (Orne), bien jolie non ?

Vous aussi vous avez des idées, partagez-les avec nous.

Trop d’impôt tue la ville

trop d'impôt tue la ville - Gettyimages

En période électorale, la question des impôts locaux payés par les habitants est une interrogation obligatoire. Le principe est simple. Tout Douaisien donne de sa poche pour faire fonctionner les services de sa ville et même un peu plus. Dans ce « plus », il y a les investissements qui préparent l’avenir, comme les pistes cyclables ou le restaurant le Prévost.

Un système incohérent

Penchons nous sur deux impôts locaux principaux, la taxe d’habitation et la taxe foncière, cette dernière assumée par les seuls propriétaires. Nous évoquerons en conclusion la suppression de la première qui va changer profondément la donne de la fiscalité locale. C’était pourtant la ressource la plus importante des communes. A Douai, elle compte pour un tiers des 60 millions du budget de la ville.

Le calcul de la TH et de la TF relève de logiques curieuses, de celles dont notre pays a le triste privilège en matière fiscale, c’est-à-dire le n’importe quoi. D’une part les valeurs qui servent de base de calcul sont les mêmes depuis 1970 et de l’autre l’imposition n’a aucun rapport avec les revenus des habitants.

Taxes d’habitation et foncières sont en effet calculées sur une « base locative cadastrale » fictive, valeur de 1970 actualisée automatiquement et qui dépend d’éléments divers. On y trouve le confort du bien (WC, chauffage, salle de bain etc.), son emplacement, sa taille, son état d’entretien etc. C’est sur cette valeur que la commune applique le taux qu’elle vote.

Une « commission communale des impôts directs » est chargée de réviser les valeurs cadastrales. Elle est constituée de contribuables choisis par la mairie d’abord (qui propose une liste de « spécialistes », notaires ou agents immobiliers, distribués selon les quartiers) puis le Trésor Public qui distingue dans le lot 8 personnes. Difficile de connaître l’identité de ces experts installés à chaque élection, dans les faits probablement reconduits de mandat en mandat. Si un des membres de la commission lit ces lignes, on aimerait qu’il nous explique comment ça marche.

On prend cher à Douai

Les taux de Douai pour la taxe d’habitation sont à 28,95% quand Cuincy est à 12,57% et Lauwin-Planque à 19,91%.
Il faut se méfier de ces chiffres. Un village de Corse, Tasso, possède le douteux avantage d’un taux à 50,09% quand Neuilly sur Seine est à 12,57%. La différence provient de cette fameuse valeur locative révisée par la commission communale. 12,57% à Neuilly rapportent beaucoup et 50,09% à Tasso, très peu.

Les communes du Nord connaissent des taux qui sont parmi les plus hauts de France (d’où peut être le nom de la région) parce que leurs bases seraient faibles.
Sur 35361 communes du pays, dans les 100 taux les plus forts (de 30% à 50%), le Nord en constitue plus d’un tiers. Selon la Cour Régionale des Comptes, les bases de Douai sont « inférieures aux moyennes de la strate » (867,1 euros/habitant en 2018). On peut faire l’hypothèse qu’elles étaient en 1970 peu élevées, encore qu’on ne comprend pas vraiment pourquoi.

D’ailleurs, il n’est pas facile de connaître cette valeur locative, ni de la comprendre, ni même de la comparer avec celle des communes voisines. Des Douaisiens découvrent d’une année sur l’autre, alors qu’aucune amélioration de leur bien ne s’est réalisée, qu’elle augmente automatiquement et pas dans de faibles proportions.

Cette tendance est d’autant plus étonnante qu’à Douai les valeurs immobilières baissent régulièrement depuis des années. Il suffit de comparer les prix des maisons mises en vente aujourd’hui et celles qui l’étaient voilà dix ans. Avec plus de nuances selon les biens, la location est peu dynamique, ce qui rend ces augmentations « automatiques » incompréhensibles.

Car encore une fois, la fuite des habitants, processus complexe, a peut-être un lien avec le taux d’imposition. Il est courant d’entendre des Douaisiens se plaindre du poids de la fiscalité locale et d’expliquer ainsi la baisse de la population. L’examen des taux parait leur donner raison et cela d’autant plus que les valeurs locatives des communes voisines ne doivent pas beaucoup s’éloigner de celles de Douai. Il vaut mieux habiter Lambres ou Cuincy pour profiter des services de la grosse ville sans y payer ses impôts.

On peut d’ailleurs se représenter sans peine le cercle vicieux ainsi lancé : à budget constant, la baisse de la population conduit la municipalité à augmenter les impôts sur ceux qui restent. De plus en plus ponctionnés, la fuite des payants s’amplifie. Incapable de baisser ses dépenses, la commune appuie sur les taux. Les gens continuent à partir etc. Au bout du cycle, de moins en moins de Douaisiens mais à l’inverse des impôts locaux de plus en plus lourds.

Les chiffres paraissent donner raison à ce terrible enchainement. La hausse des deux taxes (TF et TH) depuis 2000 est forte, plus de 40%. Leurs taux étaient alors à 20%. Ils sont respectivement aujourd’hui à 29,55% et à 28,95%. La baisse de la population de Douai est exactement inverse à l’augmentation des taux. Etonnant, non?

Une seule option, l’augmentation

Comment ne pas soulever la responsabilité des municipalités successives dans cette évolution fiscale toujours plus lourde ?

Nous nous souvenons de la déclaration de F. Chéreau quand il a augmenté les taux « par précaution », justification qui vaut son pesant de fiscalité. Mieux, l’argument avancé pour répondre aux critiques était que « d’autres villes sont plus imposées que la notre ». Outre que cette déclaration est démentie par la périphérie de la ville, on pourrait ensuite demander aux Douaisiens s’ils souhaitent se rapprocher de ces chanceux qui paient plus qu’eux, à Condé sur Escaut (43,17%), Lambersart (37,80 %) ou Valenciennes (35,50 %).

Quoi qu’il en soit la disparition de la taxe d’habitation rend tous ces raisonnements inutiles puisque supprimée dès cette année pour les plus pauvres, elle n’existera plus pour tous les contribuables en 2023.

Prudence cependant. Le gouvernement a fait le choix, pour compenser cette perte de revenu pour les communes, de faire glisser sur elles l’intégralité du produit de la taxe foncière auparavant attribué aux départements. Si la révision des bases est prévue à partir de 2022 – sur dix ans – les municipalités continueront donc à fixer les taux. Pour mémoire, celui de Douai, à 29,55%, n’est battu dans sa périphérie que par Flers qui se situe à 31,7%.

Plutôt habile, cette réforme parait résoudre toutes les contradictions d’une fiscalité locale incohérente. La commune conserve, certes amoindri, un pouvoir propre sur ses ressources. Les bases, révisées par la redoutable et secrète commission communale, seront plus justes. C’est dit, c’est écrit.

Le Douaisien critique fera remarquer que seuls les propriétaires assureront le coût d’un impôt auxquels échapperont donc tous les locataires. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre l’effet sur la population de Douai. Estamper les seuls proprios reviendra évidemment à les faire fuir un peu plus. La ville connait 36,8% de propriétaires, soit 6500 foyers sur 17700. L’assiette sera bien réduite. Tremblez possédants, ça va taxer !

De même, parce que les recettes de la taxe foncière ne correspondent pas à celles de la taxe d’habitation, l’Etat est obligé de compenser le manque à gagner des communes. Cette idée diabolique lui donnera un levier d’une grande efficacité pour les contraindre à réduire leurs dépenses. Ce paramètre va en effet s’ajouter à une dotation globale de fonctionnement (DGF) dont les variations à la baisse sont devenues la règle. Craignons que nos élus n’aient la tentation, « par précaution » , de compenser la compensation par des hausses des taux.

Enfin, cette réforme qui possède un coût évident, va être au final supportée par tout le monde à travers l’impôt sur le revenu, la TVA, la TICPE, les taxes délirantes dont la France a le secret… Avec un peu de chance, le fardeau va se vaporiser sur la masse mais il reste une certitude pour nous tous : l’impôt ne baissera pas, ni dans la ville, ni dans le pays.

Les atouts du Douaisis

atouts du territoire CAD

On a testé pour vous (1). Les « atouts du territoire » sur le site de la CAD

Le développement économique étant la compétence essentielle d’une communauté d’agglomération, examinons ensemble la page qui, sur le site de Douaisis Agglo, envisage cet important sujet du point de vue des arguments qui vont le favoriser.

Le titre donne le ton : « Investir dans le Douaisis pour développer son entreprise ». On en déduit que tout ce qui va suivre donne au futur douaisien entrepreneur des arguments pour le convaincre de s’installer chez nous. De fait, l’objectif est clair : « Votre implantation dans le Douaisis est une solution fiable et pertinente pour faire des affaires en Europe et entier sur le marché français. »

On regrette juste un peu la faute de frappe (« entier » pour « entrer »). Visiblement personne n’a pris la peine de relire ce topo et même pas la première ligne. On tremble que ce soit parce qu’on pense que ce truc n’existe que pour exister et rien d’autre.

Un argumentaire bizarroïde

Ensuite, regardons les thèmes que les promoteurs de la CAD considèrent comme stratégiques pour favoriser l’implantation de nouvelles entreprises dans le Douaisis. Commençons par le premier : « Le Douaisis : une accessibilité exceptionnelle »

Ouvrir par les accès est une bonne chose. Un entrepreneur qui cherche à s’implanter dans la région se posera immédiatement la question de la mobilité dans l’agglomération. Il s’interrogera aussi sur sa situation géographique par rapport aux grands pôles d’activité, Paris, Lille et puis la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, évidemment s’il a des ambitions internationales.

On peut discuter la « fluidité de transport permettant un gain de temps et d’argent » qui est peut être une promesse excessive par les temps qui courent. Pour autant, la centralité de Douai dans les Hauts de France, résultat de son histoire, est un fait incontestable. Quoi qu’on puisse être, nous sommes toujours au centre de quelque chose mais notre ville bénéficie d’une situation idéale quand on observe sa localisation sur une carte.

Voyons ensuite le « territoire qui mise sur la formation » 

Si le lien entre l’emploi et la formation est une évidence dont on est ravi qu’il soit ici posé, il est possible de s’interroger sur sa présentation. Curieusement, les établissements de formation de Douai sont passés sous silence. On parle quand même des « nombreux établissements d’enseignement supérieur » dont on aimerait bien avoir la liste et dans tous les cas, chose étonnante, l’école des Mines n’apparaît même pas. Il y avait peut être un manque de place sur la page.

Continuons par le « territoire fort de grandes institutions »

La liste qui suit est censée persuader patrons et ménages de l’intérêt d’avoir à portée de main certaines structures publiques. Incontestablement, en termes d’information et d’accompagnement d’entreprise la Chambre des Métiers peut être utile. Pour les autres, le rapport reste à confirmer. En quoi la présence du 41° RT joue un rôle dans l’attractivité du territoire ou mieux l’agence de l’eau ?

Après la situation se gâte avec « un territoire au patrimoine riche » 

On voit bien l’intention : convaincre d’une richesse culturelle et patrimoniale susceptible de renforcer l’image positive du Douaisis. Certes, on peut y souscrire mais encore une fois quelle est la plus-value de la présence dans notre région, par exemple du château de Bernicourt, pour convaincre un entrepreneur de s’y établir ? On imagine la scène : « tiens chérie ! Il y a un musée à Roost-Warendin, je vais donc y créer une usine. »

Pour le reste, le site ajoute ensuite plusieurs sujets qui auraient pu être fondus en un seul mais qu’on a probablement dissociés pour faire masse sur la page : les « loisirs », les « équipements culturels » et « l’histoire ».

Une fois encore, hors l’image déjà évoquée, on reste dubitatif des effets de cette liste sur un éventuel entrepreneur. Par contre, on peut y voir la célébration de la CAD – pardon Douaisis Agglo – car aucun des projets qu’elle finance n’y échappe. C’est déjà ça de gagné encore qu’un chef d’entreprise avisé pourrait se poser des questions. Avec tant de trucs subventionnés, la fiscalité locale ne serait-elle pas un peu lourde dans le coin ?

Conservons enfin, le dernier volet susceptible de convaincre d’investir et avec lequel nous serons d’accord, « Un territoire où il fait bon vivre » parce qu’il est évident que la douceur de l’existence est un élément essentiel d’attractivité d’une région. Mais c’est assez opaque en terme de logique car comment associer « l’Ecoquartier du Raquet », les « boucles de randonnée », les « circuits-courts » (mais qu’est-ce donc ? Cela concerne la cantine scolaire ?). On devine encore ici une intention confuse, vaguement écologique, mais encore ?

Argumentons gratuitement

Proposons, pour aider les fonctionnaires et élus de la CAD, c’est cadeau, quelques réflexions pour répondre à la question posée : comment renforcer l’attractivité de la région ? Le postulat sera de penser, comme le site de Douaisis Agglo mais en le disant, que ses « atouts » interviennent dans cette dynamique économique.

Quels sont les facteurs qui prouvent la bonne santé d’un territoire ?
Il y a évidemment, comme nous l’avons déjà vu, d’abord l’évolution de la population. Quand elle baisse, ce n’est pas rassurant. Quand elle augmente c’est meilleur. Pour autant, dans ce dernier cas, le profil social joue un rôle. Une ville dont la hausse démographique relèverait d’une construction massive de logements sociaux pour accueillir des chômeurs n’aura pas la même dynamique qu’une autre où, attirés par toutes sortes de facteurs positifs, de nombreux actifs s’installeraient en y achetant un bien immobilier.
Il y a ensuite le développement d’entreprises sur le territoire. Le lien est connu en termes démographiques et économiques. Il n’est pas besoin d’évoquer – les Hauts de France ont connu ces drames – les conséquences d’une fermeture d’usine ou, à l’inverse mais c’est plus compliqué, les effets d’un renforcement d’une activité existante voire l’émergence d’une nouvelle.

Pour autant, il ne faut jamais perdre de vue que ces deux facteurs, population et entreprises, peuvent être dissociés. Il existe des villes où ceux qui y travaillent n’y habitent pas tandis qu’à l’inverse ceux qui y habitent n’y travaillent pas. Ce sont les types d’activité et les profils des habitants qui font la différence.

Le cas idéal est celui de productions à haute valeur ajoutée, évidemment tertiaires, réclamant une forte qualification des personnels. Ces derniers, bien rémunérés, recherchent des lieux de résidence agréables, si possible proches de leur lieu de travail. Quand le boulot et la maison se confondent par le haut, c’est du bonheur pour tout le monde.

Aujourd’hui, beaucoup de chercheurs font reposer l’attractivité d’un territoire sur le concept des « pôles de compétitivité », les fameux « clusters ». Il s’agit de dégager des synergies à partir de projets innovants pilotés collectivement autour d’un ou de plusieurs secteurs économiques. Douai a connu ça dans le passé quand tout était fait pour favoriser une activité unique : la draperie, le commerce des grains, la concentration administrative, le charbon etc.

Ces « clusters » doivent bien entendu être cohérents avec la stratégie du territoire qui, associant tous les acteurs, se concentre sur les innovations qui permettent la croissance. Si ces conditions sont réunies, se constitue peu à peu une masse critique d’activités capable de concurrencer les territoires voisins et au delà, stade ultime, de développer une visibilité nationale voire internationale.

La version ratée du « pôle de compétitivité » serait à l’inverse le placage d’un projet sur l’économie locale sans tenir compte de ses logiques et qui aboutit à une dispersion des activités ne parvenant jamais à atteindre la masse critique visée.
La version étranglée serait que le tissu économique se disperse en filières peu dynamiques – on fait un peu de tout – sans ligne de force dans la stratégie des pouvoirs publics locaux. Suivraient la baisse continue de la population du territoire mais surtout son inexorable appauvrissement.

Besoin d’une idée rédactionnelle?

Proposons bénévolement, une réécriture de cette page « atouts » en présentant les facteurs qui selon nous pourraient favoriser l’attractivité de notre territoire.

1- L’accès, la situation et la localisation, déjà évoqués sont essentiels. Comme nous l’avons vu, le Douaisis n’est pas mal doté. Il est inutile d’y revenir. On le garde.
2- La taille du marché d’emploi et de consommation est une évidence. Le Douaisis compte près de 150 000 habitants – et même plusieurs millions dès qu’on étend un peu le périmètre – qui peuvent constituer autant un réservoir de main d’oeuvre ainsi qu’un grand espace de consommation. L’un peut appuyer l’autre.
3- La formation initiale et continue des établissements scolaires et universitaires présents sur le territoire est une clé importante. Près d’une vingtaine de collèges, une dizaine de lycées et enfin trois structures d’enseignement supérieur. L’Ecole des Mines, fleuron absolu, l’école de Droit et enfin Douai Biotech. On peut y ajouter les multiples sections de techniciens supérieurs ainsi que les classes préparatoires qui se trouvent dans les lycées.
4- Le réseau des entreprises est un point essentiel d’ancrage des pôles de compétitivité. Leur variété et leur force est au coeur de cette dynamique. Le territoire profite ainsi de la présence de Renault et de ses sous-traitants mais tout autant des PME ultradynamiques peu connues et pourtant absolument innovantes. Tiens, au fait, qui connait « Gènes Diffusion » de Frais-Marais ?
5- Les possibilités de foncier et leur coût méritent l’attention. Les premières sont très importantes dans la région car l’histoire a laissé de nombreuses friches qui sont autant d’opportunités, sans parler des accès déjà existants. Quant au coût, la comparaison avec les régions parisienne et lilloise est un avantage radical.
6- Les aides locales et nationales ne sont pas à négliger. Les zones franches comme les politiques de revitalisation sont déterminantes dans le déclenchement des implantations.
7- De même, le poids de la fiscalité est un facteur majeur pour le maintien des entreprises dans le territoire mais plus encore pour y fixer la population active, s’agissant des impôts locaux du Douaisis.
8- Plusieurs éléments objectifs s’ajoutent aux arguments qui précèdent. On y voit par exemple l’insécurité vécue ou réelle qui reste maîtrisée mais tout autant les efforts pour réduire la pollution dans un espace autrefois très industrialisé dans lequel les rejets étaient autant de menaces sur l’environnement.
9-Plus subtile est l’organisation politique des collectivités du territoire, notamment dans la prise en compte des impératifs de la démocratie participative pour répondre aux attentes de la population. Il s’agit de « rendre durable » le territoire en accroissant les capacités d’être et d’agir des résidents.
10- Enfin, nous pouvons rejoindre certains arguments du site de la CAD quant à la beauté du Douaisis en terme de paysage, de patrimoine et de biens culturels. Nous n’en manquons pas, valorisons les.

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Le Couvent des Capucins

couvent des capucins

Nos beaux et vieux bâtiments… vides (3)

Ville historique au riche patrimoine, Douai possède une caractéristique frappante : la présence dans ses rues de nombreux bâtiments anciens, parfois énormes, souvent classés mais… vides.

Un bâtiment bientôt désaffecté

Cette fois-ci, on triche un peu car ce bâtiment exceptionnel est en théorie occupé par le centre d’information et d’orientation (CIO), organisme chargé d’accompagner les élèves, voire des adultes, dans leurs parcours professionnels.

couvent des capucins - entrée du CIO

Le réseau des CIO connait actuellement en France une profonde évolution. La réforme en cours, qui répond au transfert de ces compétences vers la région, prévoit qu’à terme que chaque département n’ait qu’un centre public d’orientation et que l’action des conseillers soit concentrée prioritairement dans les établissements scolaires.

Il est vrai que parcourir le site internet du CIO de Douai, qui n’a pas été actualisé depuis 2017, ne donne pas l’impression d’une activité intense. Quoi qu’il en soit, le départ de cette structure n’est plus qu’une question de temps. Il faut donc s’y préparer, anticipation qui, le lecteur en conviendra, se voit peu dans notre ville.

Le Couvent des Capucins

Les Frères mineurs capucins constituent un ordre monastique relativement récent. Lié à l’ancienne famille franciscaine, autorisé en 1528 par le pape Clément VII, il n’a obtenu qu’en 1574, de Grégoire XIII, la liberté de se répandre partout dans le monde. Introduit en France à cette date, l’ordre y a connu un grand succès. Ce dernier a été plus flagrant encore dans les Flandres où les pères capucins (dont l’habit comporte un capuchon qui explique leur dénomination) ont appuyé avec efficacité l’action de la Contre Réforme.

Appelés à Douai par le doyen et les chanoines de St Amé en 1591, la présence des capucins dans la ville a été régularisée par une bulle papale en 1618. Le plan relief de 1709 montre leur couvent qui présente peu de points communs avec celui d’aujourd’hui. La ville, lors de la Révolution, a réussi à prouver son droit de propriété sur les bâtiments. Cette décision a évité leur vente en bien national qui aurait été suivie, à l’exemple de la collégiale, par sa probable destruction. Les lieux ont toutefois été vidés de la douzaine de tableaux qui s’y trouvaient mais surtout de la bibliothèque dont les volumes ont rejoint le fonds municipal.

Le couvent des Capucins en 1709
Le couvent des Capucins en 1709, Mémoires de la SASA, 1903-1904.

Le siège de la Société d’Agriculture

En 1812, le cloître et l’église, proches de la rue d’Arras, démolis, ont libéré un espace aménagé en jardin tandis que le bâtiment principal, probablement construit au XVIII° siècle, donc récent, a été offert à la «Société d’agriculture» de la ville. Fondée en 1799, d’abord dédiée à l’innovation agricole comme son nom l’indique, cette société savante dont peu de cités peuvent s’enorgueillir en termes d’ancienneté, s’est ensuite diversifiée vers les lettres et l’histoire, célébrant jusqu’à aujourd’hui le patrimoine de Douai.

Outre une salle de réunion, la bibliothèque de la société, installée dans les locaux, offrait aux amateurs des ressources imprimées originales. Plus encore, des serres abritant des variétés exotiques, construites sur un côté de l’allée centrale permettaient outre d’acclimater des essences rares, de les faire connaitre aux promeneurs dans la plus belle tradition physiocratique du siècle des Lumières.

couvent des capucins -entrée du parc Duhem- ville de douai
Entrée du jardin des Capucins, aujourd’hui des frères Duhem. Henri, avocat et peintre, possédait la demeure située à gauche dont l’atelier devenu municipal est toujours visible.
jardin duhem
Au fond à droite, emplacement des serres de la société d’agriculture transformées en parterres

Le « Jardin des Plantes » qui s’étendait de la rue d’Arras jusqu’à la caserne d’Esquerchin – le bâtiment des capucins étant placé au centre – a offert aux Douaisiens, dans une ville très à l’étroit dans ses fortifications, un lieu de promenade unique pendant près de 150 ans.

La fin du Jardin des Plantes

C’est à l’issue de la seconde guerre mondiale, à l’initiative d’André Canivez, que la Société d’Agriculture, des Sciences et des Arts (dénomination adoptée en 1926) fut dans l’obligation de quitter les lieux afin qu’ils puissent accueillir « un centre moderne d’orientation professionnelle » pour parler comme le maire d’alors. Plus encore, le jardin, baptisé du nom des frères Duhem, fut amputé de tout son espace arrière pour y construire la nouvelle école normale d’institutrices du Nord, aujourd’hui désaffectée.

Ses façades et toitures étant inscrites depuis janvier 1951 au titre des monuments historiques, on s’interroge sur la « remise à neuf » de l’époque évoquée par André Canivez quand on observe l’horrible ciment qui s’étend jusqu’à maintenant sur ces éléments pourtant protégés. Sans doute parce qu’il ne se voit pas, l’arrière du bâtiment, qui a échappé à ce zèle iconoclaste, renseigne sur son état originel. C’est un livre d’histoire. On devine de nombreuses reprises, ainsi des fenêtres percées, bouchées ou modifiées en portes, mais surtout les traces de l’enduit à la chaux qui devait autrefois recouvrir les murs.

facade avant couvent des capucin -ville de douai
Façade du couvent rénovée dans les années 50. Si on aime le ciment…

Si la façade avant ne connait qu’un rang de fenêtres au rez de chaussée, l’arrière en présente deux. Avec ses combles de forte hauteur quasiment aussi élevés que les murs et sa couverture en ardoises, le couvent a de l’allure. Les nombreux encadrements qui rythment la façade, mais surtout ses frontons triangulaires, dont celui de l’arrière percé d’un oculus, lui donnent une belle apparence. On sent ici une influence palladienne sinon classique que seule une restauration digne de ce nom pourrait sublimer.

couvent des capucins - arrière - ville de douai
Façade arrière du couvent

Besoin d’une idée originelle ?

Réinstaller la Société d’Agriculture, des sciences et des arts au Couvent des Capucins.

Outre une indispensable rénovation plus respectueuse de son apparence, le couvent des capucins doit renouer avec son passé originel. Il faut évidemment réinstaller la Société d’agriculture, des sciences et des arts, devenue foraine tant elle doit régulièrement changer de localisation, dans les locaux rénovés du couvent des capucins.
Imaginons en outre, dans la perspective du projet déjà évoqué du « quartier Co », la remise en état du Jardin des Plantes rendue possible par la démolition du bâtiment désaffecté de l’IUFM. Cet aménagement permettrait aux promeneurs de traverser la « coulée verte » ainsi reconstituée reliant la porte d’Esquerchin à la rue d’Arras.

Et si on reconstituait le Jardin des Plantes ? (plan Robaut, 1850)

Réintégrée dans son espace originel avec ses fonds historiques, la société, qui gagnerait peut être d’ailleurs à faire évoluer ses statuts, pourrait dans le couvent disposer d’une salle de réunion, d’une bibliothèque mais aussi d’espaces d’exposition. Pourquoi ne pas imaginer, ainsi que le prévoit la loi de 2004 un système de prêt des œuvres du musée de la Chartreuse, dans la multitude que le public ne voit pas parce qu’elle est dans les dépôts ? Des salles de séminaires, ouvertes à d’autres organismes ou des entreprises, pourraient se tenir dans ces locaux exceptionnels et modernisés, enrichis d’une offre de restauration proposée au public qui pourrait également profiter aux beaux jours, d’une terrasse sur le jardin à l’arrière du bâtiment.

Vous aussi vous avez des idées, partagez-les avec nous.

Le maire de Douai est-il un bon VRP?

Le meilleur VRP de Douai

« Un maire doit être le VRP de sa ville afin d’attirer sur le territoire de sa commune de nouvelles sociétés. Les commerces de proximité jouent un rôle allant bien au-delà du seul aspect économique »

Xavier Iacovelli

C’est un camarade socialiste de M. Chéreau qui le dit, le “célèbre” sénateur M. Xavier Iacovelli, qui a écrit un livre sur la ville de Suresnes en 2013. Ce n’est pas du Baudelaire mais la citation, pertinente, met la puce à l’oreille.

L’étendard médiatique de la ville

Mais oui, qui est la personne à Douai la plus visible sur le web, celle dont tout le monde parle et sur laquelle le public recherche des informations ? 
Notre ami Google met gratuitement à disposition de tous les internautes, un outil très amusant, “Google trends“.
Avec une requête, on peut y lire l’évolution des tendances de recherches d’un terme au fil du temps. Il ne s’agit pas d’un chiffre absolu mais d’une proportion entre 0 et 100. On ne connaît pas le volume précis de la recherche, mais on visualise l’évolution de l’intérêt pour une personnalité, un mot ou une expression. 
Les requêtes effectuées révèlent bien des surprises… En fait non, pas vraiment !

Jacques Vernier vs Frédéric Chéreau

Comparons d’abord les tendances de recherche de deux personnages emblématiques de la commune, Jacques Vernier (courbe bleue), « l’ancien maire » et Frédéric Chéreau (courbe rouge) sa doublure depuis 6 ans.

VRP Jacques vernier vs Frédéric Chéreau

Pour rendre la lecture des courbes plus lisible, on regarde les seuls 12 derniers mois. Une précision, la tendance est la même sur une requête sur les 5 dernières années .

jacques vernier VRP numéro un

Ici, La réponse est sans appel le meilleur VRP de Douai est M. Jacques VernierPour son 6ème mandat, il rafle la mise. A ce stade, on peut légitimement s’interroger sur l’efficacité du service presse de M. Frédéric Chéreau


Frédéric Chéreau vs Frédéric Leturque

Voyons un peu ce qu’il se passe du côté d’Arras, cette ville toujours prise pour modèle par nos élus, “nous ferons de Douai la nouvelle Arras“. Peut-on espérer qu’un jour, Douai soit citée en exemple et qu’on entende “Douai la ville enviée par tous ses voisins“.

Frédéric Chéreau vs Frédéric Leturque

Cette fois, c’est une bataille de Frédéric. A notre gauche Frédéric Chéreau (Maire de Douai depuis 2014) est en bleu, à notre droite Frédéric Leturque (Maire d’Arras depuis 2011) en rouge

Frédéric Leturque VRP numéro 1

Victoire par KO pour le Maire d’Arras Frédéric Leturque. 
Une nouvelle fois, notre Frédéric fait bien pâle figure. C’est encore plus visible sur la carte ci-dessous. Elle indique l’origine géographique et le volume de la recherche sur le territoire.

On remarque également que les recherches sur le patronyme du maire d’Arras (en bleu), s’étendent en Île-de-France, Picardie et Nord Pas-de-Calais, cela nous indique sa zone d’influence. Frédéric Chéreau (en rouge) est peu recherché et seulement dans le Nord Pas-de-Calais.


C’est triste pour Douai, mais il est ici très clair que la notoriété de Frédéric Chéreau ne dépasse pas la limite des anciennes fortifications de notre ville. Il est étouffé par la médiatisation de son prédécesseur, qui n’a visiblement toujours pas lâché l’affaire. Comment imaginer que l’on trouve de nouveaux habitants, des entreprises, des touristes, des investisseurs ou des promoteurs, avec un VRP de cette envergure ?

Quand tu décides au doigt mouillé

quand tu décides au doigt mouillé

Il est temps de se pencher sur la fabrication des décisions de nos élus. C’est une indispensable question pré-municipales. Le lien entre la motivation, la dépense et enfin l’utilité de certains choix mérite le détour à Douai.

Utilité de l’action publique

On passera sur les coquilles qu’on repère dans les écrits, rapports etc. qu’on présente pourtant comme importants pour l’avenir de la ville et la région. Ces imperfections prouvent que peu de monde relit ces pensums. On peut aussi y voir, en poussant un peu, une métaphore de l’action publique locale. Au bout du bout de la dépense, il n’y a peut être rien.

On garde plus sérieusement en tête les innovations numériques débouchant sur des « erreurs 404 » qui démontrent que personne n’a pris la peine de vérifier régulièrement si tous les liens d’un site fonctionnaient. Nous mettrons dans le même sac les applications à la motivation respectable mais dont le suivi semble bien aléatoire. C’est là que le contribuable se demande, comme quand il voit un Binbin vide dévalant la rue de Bellain, si certaines décisions de nos élus sont justifiées.

Motivation du choix

Quand les choix débouchent sur des résultats faibles sinon nuls, comment l’expliquer? Plusieurs hypothèses sont possibles, elles peuvent même se cumuler ici ou là.

Pour commencer, premier principe, le célèbre effet d’annonce. Il n’y a aucune raison que nos politiques ne s’en servent pas. Devant un problème, pour éteindre une polémique, il suffit de communiquer – c’est de l’oral, éventuellement relayé par un écrit dans la presse – sur la décision supposée régler le sujet. On espère ensuite que, mémoire courte des électeurs aidant, tout cela sera rapidement oublié. Le plus bel exemple fut l’annonce par Jacques Vernier, en pleine campagne électorale de 2014, du projet hôtelier de l’Hôpital Général. Une société sérieuse, celle de l’Ermitage Gantois lillois, allait monter le projet. C’était dit, c’était fait. Pas de bol, sept ans plus tard, on attend toujours.

Principe suivant, la motivation intuitive qui est sans doute la plus dangereuse. Dans ce cas, il s’agit d’une décision prise par un élu sur la base d’une idée personnelle. En français, on parle alors de « fausse bonne idée ». Des projets relèvent à Douai de cette logique. Nous prendrons deux exemples.

La piétonnisation du coeur de ville

On a d’abord la piétonnisation du centre ville, prévue pour dynamiser les commerces. Leurs propriétaires n’en voulaient pas, on leur a imposé. Il est vrai qu’empêcher les automobilistes d’approcher des magasins leur permettait de craindre qu’on n’interdise par la même occasion aux clients d’arriver. 
Peut être nos élus avaient-ils en tête les jolies rues piétonnes de leur jeunesse. Malheureusement, nous ne sommes plus en 1975. Nous avons aujourd’hui internet, Amazon, la zone de Noyelles-Godault et en prime un plan de circulation qui rend fou. Continuer dans cette voie est paradoxal à tous les points de vue. C’est la voiture qu’il faut remettre dans les rues, pas les piétons.

Restaurant Le Prévost ville de Douai - quand tu décides au doigt mouillé

Le restaurant le Prévost

L’ouverture du restaurant Prévost de la rue de la Massue relevait sans doute aussi de cette intuition magique. Frédéric Chéreau pour justifier le soutien financier de la commune a parlé d’un « choc de confiance » dont on se demande comment il se mesure, peut être avec un sismographe. Mieux, notre maire envisageait de n’attendre dans un premier temps « aucune recette » du projet. Le seul retour envisagé étant celui d’un loyer progressif sur neuf ans (50 000 euros par an), qui conduit à calculer qu’il faudra près de trente ans pour retrouver le 1,4 million payé par les Douaisiens.

S’il cherche des justifications plus solides, on peut venir à la rescousse du maire en disant d’abord que cela sauve un vieux bâtiment maintenant rénové de fond en comble. 
On peut aussi se féliciter que notre ville dispose enfin d’un restaurant de prestige. Après tout, ça prouve que Douai n’est pas Denain. Nos élus, dont ceux de la puissante Douaizizagloont à présent une cantine capable d’impressionner les partenaires qu’ils y inviteraient. 
Enfin, on peut reprendre le concept de « choc » susceptible de modifier l’image de la cité. Il impacterait la perception d’entrepreneurs qui, séduits, pourraient investir dans d’autres secteurs de la ville. 
Au final, nous voilà dans la théorie du « ruissellement » qui prévoit que la dépense des gros profite toujours un peu au bout de la ligne aux maigres.

Mesure d’effet avant et après

Sans être économiste de métier, on se doute bien que mesurer ce dernier effet est une gageure. C’est ici qu’apparait – elle est indispensable avant de décider – la rationalisation des choix pour qu’ils débouchent sur un résultat.

Qu’un conseil municipal ou une communauté d’agglo puissent trancher un sujet en espérant un effet positif est la moindre des choses. C’est d’ailleurs toujours ainsi que nos élus présentent leurs arbitrages, sauf qu’il arrive que ça tarde à réussir et que ça manque souvent, avant et après, d’éléments chiffrés.

Il aurait été intéressant de disposer des cibles de fréquentation des magasins soumis aux voies piétonnes, avec un calendrier prévoyant un bilan régulier, avec du avant et du après, notamment sur l’augmentation du chiffre d’affaire des commerces concernés. 

Nous ne compterons pour rien la « consultation citoyenne » organisée par la mairie dont les réponses excluaient toute opposition au projet. Nous ne pouvons résister à présenter la savoureuse question qui suit :  Souhaiteriez-vous une piétonnisation définitive :
– D’avril à octobre
– D’avril à décembre
– toute l’année
Inutile de chercher « jamais », il n’existe pas.

Pour Le Prévost, l’approche serait tout aussi utile pour les contribuables. Il aurait été bon de disposer du « business plan » de départ, du prix moyen du repas, du chiffre d’affaires et du bénéfice espéré, du taux de fréquentation de l’établissement, des échelons de l’amortissement financier, du volume des retombées médiatiques et in fine de l’impact général de cette création sur la ville etc.

L’inefficacité assumée

Malheureusement, comme le montre un récent rapport de la cour régionale des comptes qui critique certaines décisions de nos élus locaux, il arrive que ces derniers assument sans inquiétude l’échec qui contredit les attendus d’un projet.

Le musée Arkéos

Ainsi le musée local, Arkéos, dont le coût de construction comme la charge de fonctionnement apparaissent supérieurs aux prévisions. L’équilibre financier du projet ne pourra jamais, en dépit des engagements pris, être atteint et cela d’autant plus que l’idée de faire payer l’entrée est depuis longtemps abandonnée. 
Que le Douaisis puisse disposer d’un lieu célébrant son histoire est une évidence sinon une obligation. Par contre, l’implanter hors du centre ville faisait porter un risque, comme le prouve la faiblesse du nombre de visites depuis l’ouverture. 
On se demande dès lors comment a été préparé ce dossier. Deux éventualités : soit l’impossibilité de l’équilibre était connue dès le départ mais a été passée sous silence, soit l’étude qui a servi de base à la définition du projet était complètement déficiente.

Mis en face de ces contradictions, les réponses des élus ont été étonnantes. Les critiques n’ont pas été balayées d’un revers de la main, mais ce n’était pas loin. Pour un peu, selon la formule célèbre, le coût n’est pas un problème, c’est gratuit puisqu’il s’agit d’argent public.

L’affaire du Tramway

Evidemment, à ce stade, nous avons tous en tête l’affaire du Tramway qui est un résumé de ce qui précède. On y trouve les trois principes exposés plus haut. 
L’effet d’annonce sur les performances mirobolantes d’un moyen de transport innovant. 
La motivation intuitive des promoteurs qui ont défendu de toutes les manières possibles, y compris en comptant pour rien les études les plus sérieuses, ce qui allait devenir un accident industriel de grande ampleur.
Enfin, tout le dossier parait avoir été instruit sans aucune approche rationnelle en termes de résultats attendus, ainsi pour la dépense. Le déséquilibre financier de toute l’opération a plombé pour plusieurs années les finances des collectivités en cause, Douai en tête.

Quand tu décides au doigt mouillé - article Douai vox.
La route du Tram est coupée…

Pouvons-nous espérer que la prochaine équipe municipale nous protégera de ces risques mais surtout nous épargnera de ce genre de conséquences ? Croisons les doigts.

Où sont les femmes?

où sont les femmes à la CAD -Douaisis agglo

On vous entend fredonner d’ici. Pourtant, nous n’avons pas du tout l’intention de relancer la carrière de Patrick Juvet, icône du disco tombée dans l’oubli. Ce qui nous pose question aujourd’hui, c’est la représentation des femmes parmi les élus de la communauté d’agglomération du Douaisis.

Interco, zone de non droit paritaire

En 2019, pour la journée internationale des droits des femmes, deux études ont été publiées par la Direction Générale des Collectivités Locales (DGCL). L’une sur la répartition des femmes dans les conseils municipaux et l’autre sur les conseils communautaires. 
Depuis la loi sur la parité en 2000, la place des femmes dans le paysage politique local a progressé mais, sans surprise, elle reste faible.
Si 40% sont des élues municipales, une minorité sont maires (17%) ou à la tête d’une grande collectivité. Ces écarts sont encore plus importants dans les communes de moins de 1 000 habitants, non soumises à cette règle de la parité.

Du côté des intercommunalités le tableau s’assombrit encore un peu plus. En janvier 2019, La part des femmes dans les conseils communautaires est de 31,4%, mais seulement 8% d’entre elles occupent une fonction dirigeante. 
Les grandes sociétés cotées en bourse, avec 18% de femmes dans les comités exécutifs arrivent à faire mieux, ce qui n’est pas peu dire.

15 sièges de vice-présidents,15 hommes, 0 femme

où spnt les femmes?
Impeccable brochette d’hommes vice-présidents de la communauté d’agglo du Douaisis

Un seul constat, le pouvoir politique reste aux mains des hommes.
En France, ces derniers représentent 80,1% des vice-présidences et 92,3% des EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) sont présidés par un homme.

Dans le Douaisis, on peut être fier de nos performances, entre le président et ses 15 vices présidents, on atteint le score soviétique de 100% d’hommes à la tête de l’intercommunalité. De quoi constituer une solide équipe de rugby à 15, puisque l’on a tous les joueurs et même le soigneur. 
Les premières femmes n’apparaissent qu’à l’échelon des conseillers communautaires, soit 22 femmes sur 60 personnes élues.

Pourquoi cette question de parité est-elle importante?

Le 15 et 22 mars prochain sont les dates des prochaines élections municipales 2020. Nous élirons notre nouveau maire, mais aussi, avec le même bulletin, nos conseillers municipaux et ceux de la communauté d’agglomération.

Détail important, pour être élu conseiller communautaire, il faut obligatoirement être conseiller municipal. Les conseillers communautaires sont élus pour la même durée que les conseillers municipaux et sont renouvelés au même moment.

Besoin d’une suggestion?

ATTENDRE LA PROMULGATION DE LA LOI

En mars 2019, une proposition de loi visant à renforcer la parité à l’échelon local a été déposée à l’Assemblée nationale.
Sera t-elle promulguée pour les élections municipales de 2020 ? Rien n’est moins sûr.

Les 3 points à retenir sont :

1/ La généralisation du scrutin de liste paritaire à toutes les communes y compris celles de moins de 1000 habitants.

2/ l’instauration d’une alternance de sexe entre maire/président et 1er adjoint/vice-président dans les exécutifs communaux et intercommunaux 

3/ La mise en place d’un principe d’alternance entre femmes et hommes dans tous les exécutifs locaux(communes/départements/régions)

De grosses négociations en perspective !

Vous aussi vous avez des idées, partagez-les avec nous.

Un mandat si court

Un mandat si court

Il avait conduit une bonne campagne, alimentée, peut être avec l’aide de ses amis de la Région, par des propositions originales, plutôt bien calibrées. Elles répondaient aux destinées d’une ville dont les problèmes étaient si évidents que leurs solutions coulaient de source.

Bien sûr, la mise en œuvre concrète relevait d’une autre logique mais il aurait été quand même injuste de faire au candidat un procès d’intention sur une possible absence de résultats. Il bénéficierait, en cas de victoire, d’un mandat de six années pour tout faire.

On retenait ainsi la formule des « 43 000 Douaisiens qui étaient pour chacun d’entre eux des défenseurs de leur ville ». S’il y avait une erreur sur le chiffre, on appréciait malgré tout la rupture qu’un tel slogan pouvait incarner.

Jeune, sans réel passé, l’affichage politique du candidat comptait pour peu face à la promesse d’avenir qu’il annonçait. Pour beaucoup, les jours du PS local, ancien parti unique aux dérives si nombreuses, étaient comptés. On se doutait bien que le département comme la région, à bout de souffle, changeraient bientôt de main.

Une triangulaire salvatrice

Frédéric Chéreau sut se détacher de cette logique partisane avec beaucoup de finesse. Jouant habilement de sa personnalité, il ne se départait jamais d’un flegme quasi britannique, révélant même, lors des débats, une certaine aptitude à l’oral. Délivré d’une voix posée, le discours était clair, ce qui n’était pas le cas de ses nombreux concurrents dont l’insuffisance en la matière était particulièrement marquée.

La dauphine que le vieux maire lui opposait était de ce point de vue peu dangereuse. Pire, sa faiblesse la plus évidente était sans doute la certitude de la victoire. Elle avait bien essayé de marquer la différence avec son mentor mais ménager la chèvre et le chou n’est jamais une bonne chose, surtout en politique. D’ailleurs la formule du «changement dans la continuité » avait déjà été prise par d’autres en d’autres temps.

Le deuxième tour mit en face de la gauche un assemblage hétéroclite de candidats qui n’avaient, juste avant, cessé de se taper dessus. L’effet donné par l’accord improvisé de la droite fut désastreux. Plus indépendant, le candidat du FN avait mené une campagne qui se limitait, quand on l’interrogeait, à répéter le nom de la présidente de son parti à défaut de la moindre proposition précise. Sans doute pour perpétuer ce vide, il décida de se maintenir contre les deux listes encore en lice.

Une triangulaire était la configuration dont Frédéric aurait pu rêver. C’est ainsi qu’il gagna.

L’état de grâce

Un prometteur état de grâce s’ensuivit et cela d’autant plus que le nouveau maire ne bouscula pas grand-chose, conservant intacte l’administration dont il héritait jusqu’au DGS (Directeur Général des Services). C’était un peu comme si Hollande après sa victoire avait conservé Fillon à Matignon. Un conseiller, s’il en avait eu un, l’aurait conjuré de faire le ménage après les cinq mandats de son prédécesseur. Il ne le fit pas, peut-être parce que s’inscrire dans les pas du vieux monarque le rassurait. Il suffirait de faire la même chose que lui et tout irait bien.

La découverte de ses colistiers donna l’impression que la troupe n’était pas vraiment apte à l’épauler mais cela gêna peu. On avait l’habitude avec Jacques Vernier de l’exercice solitaire du pouvoir. Dans les mois qui suivirent, on vit toutefois dans les rues de Douai un adjoint chargé du commerce qui paraissait prendre son sujet au sérieux. Quant au reste, ce fut le silence, le néant. Parcourir la liste des conseillers et autres adjoints surprend encore jusqu’à aujourd’hui, on n’y connait personne.

La malédiction de l’agenda

Peu entouré, au fond très isolé, le maire éprouva dès lors, le problème de l’élu, surtout novice : la fameuse «malédiction de l’agenda». Les journées sont mangées par toutes sortes d’obligations dans lesquelles la représentation se taille la part du lion. On va chez le sous-préfet ou encore mieux à la préfecture dans la grande ville du Nord, on préside des réunions en tous genres, on reçoit une flopée de mandats aux limites de l’honorifique, on assiste aux remises de décoration, on se rend à Paris pour rencontrer Dimitri et ses collègues etc. Rien de concret, ni de conclusif dans tous ces machins mais qu’on ne s’y trompe pas, ils sont la preuve du pouvoir.

Pris dans ce rythme infernal, comme on délègue peu, les dossiers s’empilent, prennent du délai, sont mis à distance. On n’a pas le temps de penser et de poser une stratégie. On s’en remet à une administration dont le moteur est d’abord la perpétuation de son existence. Imposer la disruption à ces experts est un travail à plein temps qui réclame une énergie de très forte intensité.

mandat - choses remisent à demain

Les mois passent, les années s’écoulent. Un jour, on se rend compte que la prochaine élection approche. L’angoisse du vide saisit le maire. Il est sortant, il sera candidat. Son argument est prêt : « j’ai besoin d’un mandat de plus pour terminer ce que j’ai commencé ». On pourra gloser sur la réalité de cette dernière affirmation mais en hypothèse basse, si on commence sans finir, ce n’est pas faire.

C’est là que l’électeur déçu se pose des questions

Monsieur le maire :
Comme l’indiquait votre programme, où est donc la halle des produits frais dont vous avez parlée régulièrement durant la dernière campagne ?
Quand pourrons nous naviguer sur le canal Seine Nord que vous défendiez avec tant de vigueur devant les électeurs ébahis ?
Mais jusqu’où se prolonge ce fameux tunnel sous la gare qui devait nous permettre d’entrer facilement dans le beau quartier de la Clochette ?
A quel moment sera-t-il possible de mettre nos jeunes dans le CFA qui devait être créé bientôt, projet débattu depuis plus de dix ans ?
Avez-vous enfin rapproché Arras de notre belle ville de Douai comme le proposait fort justement votre programme électoral ?
Avez-vous rééquilibré le rapport de force interne de la CAD – enfin Douaizizaglo – pour que Douai, sans laquelle ce qui précède n’existerait pas, ait ses intérêts préservés ?
Enfin et surtout, avez-vous revitalisé le centre-ville, axe fort, essentiel, absolu de votre discours de candidat, auquel tous les habitants souscrivaient, programme si important qu’il vient de recevoir – à un an des municipales – un « développeur » dont on se demande pourquoi il n’a pas été recruté en 2014 ?

Frédéric Chéreau qu’avez vous fait de votre mandat ?

Addendum

5 septembre 2019

Nous découvrons ce jour sur RCF Radio Chrétienne le lancement de la campagne municipale de M. Chéreau. Notre maire explique comment il a traversé ce premier mandat, pourquoi il se représente et quelles sont ses ambitions pour la ville dans l’avenir.
Nos inquiétudes se confirment. Les 6 années de son mandat ont fait office d’apprentissage. Il nous le jure, nous le promet, il a tout appris, il sera maintenant efficace. Ses projets de 2014, « qu’il a regardé récemment » (peut être les avait-il oubliés) ont tous été réalisés.
Douai Vox reste sans voix, ce qui n’est pas si courant. C’est vrai, le mandat était trop court…


Nos chers élus

Nos chers élus - Douai

Thème qui pourrait apparaitre secondaire, qui l’est souvent pour les élus quand on les interroge sur le sujet mais beaucoup moins pour les contribuables qui cotisent pour eux. Leurs indemnités doivent faire partie du débat municipal.

La lourde question des indemnités des élus

En théorie, pour les communes, la taille joue. Les toutes petites devraient ne rien donner, les grosses un peu plus, comme le prévoit d’ailleurs la loi. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la diversité est la règle dans le Nord.

Une enquête de 2009 illustrait cette disparité. Le maire de Marcq en Baroeul ne s’attribuait aucune indemnité quand certains de ses collègues disposaient de revenus confortables, surtout quand ils cumulaient un mandat parlementaire avec celui d’une collectivité locale.

A l’époque, car c’est depuis interdit, c’était le cas d’un Thierry Lazaro qui associait sa charge de maire à celle de député. Pour autant, Jacques Vernier, qui n’était plus à l’assemblée, dépassait largement son collègue de Phalempin : 6152 euros net pour ses trois mandats : maire, vice-président de la CAD et conseiller régional. 

Christian Poiret, qui venait de prendre la présidence de la communauté d’agglomération émargeait, lui, à 4784 euros (soit 4209 euros pour la CAD, 500 euros comme conseiller départemental et 75 euros comme maire de Lauwin-Planque). Ces revenus s’associaient au salaire perçu comme directeur à mi-temps d’une entreprise de négoce de métaux. De même, Jacques Vernier percevait sa rémunération d’ingénieur des mines, tout en étant par ailleurs président de diverses instances notamment, jusqu’à aujourd’hui, de l’ébouriffant conseil supérieur de la prévention des risques technologiques (CSPRT) dont on ignore s’il donne droit à des rémunérations accessoires.

L’obligation de la transparence

Pas facile de connaître, pour Frédéric Chéreau, les indemnités qu’il reçoit, ni de savoir s’il exerce un métier à côté de ses responsabilités électives. Son choix de réduire les rémunérations du maire et de ses adjoints pour distribuer la différence aux conseillers l’a certainement conduit à passer sous la barre de son prédécesseur. On repère toutefois quelques trucs à côté, dont divers mandats récupérés, parfois ceux de Jacques Vernier, comme la présidence de Maisons & Cités. Il est dommage dans ce dernier cas de ne pouvoir vérifier si cette responsabilité donne lieu à un salaire, encore que l’impossibilité de le savoir est sans doute la preuve que ce soit le cas.

Il est courant d’entendre que bien payer les élus évite de les soumettre à la tentation. L’argument est faible. Comme l’ont montré certaines affaires, aucune indemnité, sur le principe du « toujours plus », n’a jamais empêché les dérives. A l’inverse, sachant que le nombre d’élus qui ne touchent rien est supérieur en France à ceux qui sont rémunérés, cela n’a pas conduit, jusqu’à preuve du contraire, à une explosion de la corruption.

L’argent public est sacré

Ce qui est certain en revanche, comme l’a montré la crise des « Gilets Jaunes », c’est que le statut de l’argent public a changé. D’une ressource « gratuite » qu’il est possible d’utiliser sans aucun frein, il apparaît et tant mieux, de plus en plus sacralisé. C’est un des avantages de cette révolte que d’avoir installé dans l’opinion la conscience, à la fois du poids de la fiscalité en France mais surtout de l’effort qu’elle représente pour tous les citoyens, y compris les plus démunis soumis comme tout le monde à une TVA triomphante (deux fois plus rémunératrice que l’impôt sur le revenu).

Il existe aujourd’hui un débat sur l’évolution de la situation des élus avec en ligne de mire un régime indemnitaire plus régulier et surtout plus conséquent que l’actuel. Cette voie est discutable. Le risque de transformer en professionnels de la politique ceux qui s’engagent au service de l’intérêt public est évident.

Il faut au contraire revenir à l’origine de ces fonctions électives en réduisant autant que possible la dépendance qui s’attache à la rémunération des mandats. Etre au service de ses concitoyens est un engagement bénévole par définition. Etre désigné par eux est d’abord un honneur. Tradition héritée de Rome, les fonctions électives sont gratuites en France. Inexistant avant la loi de 1992, le statut juridique de l’élu permet un régime indemnitaire qui n’est pas un salaire mais seulement la contrepartie de l’éventuelle réduction de l’activité professionnelle du fait de l’exercice électif.

Si devenir maire puis ensuite par ricochets président de quelque société d’économie mixte ou autre syndicat intercommunal, conduit certains à voir leur niveau de vie augmenter fortement, on comprend que la perte de ces responsabilités puisse être mal vécue par les intéressés.

L’obsession de la réélection conçue comme la condition de la survie matérielle peut conduire certains à s’accrocher au pouvoir faute de disposer d’un métier à côté. Deux conséquences bien connues de ce travers. D’abord la violence des enjeux électoraux. Quant il faut conserver son mandat pour éviter de pointer à Pôle Emploi, on ne fait pas dans la dentelle contre les adversaires lorsque le renouvellement approche. Ensuite et surtout, une telle nécessité rend bien relative les convictions personnelles. Ce qui compte, ce ne sont plus les valeurs mais tout ce qui peut maintenir au pouvoir. Il est très amusant de voir actuellement le positionnement d’élus PS ou LR, notamment des maires, devant le succès de LREM…

Gardons le principe fondateur du mandat électif, « servir et non pas se servir ».

Besoin d’une idée gratuite ?

La conséquence de ce qui précède est simple et se décline en trois étapes. 

1/ La première, basique, c’est que le maire élu présente l’étendue de son patrimoine à l’entrée et à la sortie de son mandat. 

2/ La deuxième qu’il indique publiquement toutes les responsabilités liées à sa fonction qui lui donnent droit à rémunération, du type jeton de présence ici ou là. 

3/ Enfin, troisièmement, la plus radicale : aucune indemnité pour lui comme ses co-listiers, aucune voiture de fonction, frais réduits, hors ceux strictement attachés au mandat. 

Aucun euro des Douaisiens ne doit parvenir dans la poche du maire. Il est à leur service et pas le contraire. Le bénévolat est la preuve de son engagement.

Allons chercher des habitants

allons chercher des habitants

En France, le taux moyen de vacance des commerces en centre-ville est passé de 7,2 % en 2012, à 9,5 % en 2015, puis 11,9 % en 2018. A Douai, en 2018, il est de 15,7 %. Cet indicateur est inquiétant, nous sommes tous d’accord sur ce constat. Il a de plus quasiment doublé sous le mandat actuel. Nous reviendrons sur ce sujet.

Une erreur stratégique lourde de conséquences

Malheureusement le commerce n’est qu’un symptôme de la santé d’une ville. Frédéric Chéreau a lui même confondu les causes avec les conséquences et c’est probablement là, l’erreur stratégique la plus lourde de son mandat. Concentrant ses efforts sur l’animation, il espérait que cela suffirait à ramener du flux d’activité dans le centre. Il en a oublié de travailler les autres composantes de l’attractivité d’une ville moyenne, d’abord la démographie mais surtout la structure sociale de la population.

Endiguer l’effondrement démographique de Douai

En 2019, Douai compte 38 363 habitants, la projection sur 2020 est de 37 940 soit 2 796 habitants (près de 7%) qui se sont volatilisés depuis le début du mandat de Frédéric Chéreau. Sur la longue durée, on repère trois grandes phases dans l’évolution de la densité. La ville “pleine” enregistrée en 1968 (3 000 habitants/km2) est suivie d’un palier assez long de près de quarante ans (autour de 2 500 habitants/km2). A partir de 2011 s’amorce une baisse continue qui aboutit en 2015 à 2 300 habitants/km2.

Les cibles prioritaires, les familles et les actifs

Cette tendance baissière n’est pas une fatalité. La commune doit tout mettre en œuvre pour attirer des familles qui souhaitent trouver les commodités d’une grande ville sans ses inconvénients. C’est la cible prioritaire. Douai à beaucoup d’atout pour cela. Imaginons un jeune couple aux prises au coût de l’immobilier et de la vie à Lille – et même pourquoi pas à Paris/région Ile de France ? -, mais surtout confronté à la saturation des transports et tous les problèmes que connaissent aujourd’hui les grandes agglomérations.
Pourquoi les familles? Parce qu’elles sont un gage d’avenir, restent dans un lieu plus longtemps, remplissent les écoles, alimentent les associations sportives et culturelles de la ville…

Surfer sur les nouveaux modes de travail

Dans le développement du télétravail qui s’impose comme une condition future du travail salarié, mais aussi l’explosion du statut autoentrepreneur, consultants, coworkers et autres free-lance, les villes moyennes ont une carte à jouer. Des milliers d’emplois des métropoles vont pouvoir être délocalisés et le seront à court terme. C’est maintenant qu’il faut s’y préparer, pas dans 5 ans ou dans 10 ans.

allons chercher des habitants
Espace de coworking

Ce mouvement s’étend dans de nombreux secteurs d’activités, porté par une nouvelle génération souvent qualifiée et bien payée qui recherche une plus grande qualité de vie. Vendons leur la réduction des temps de transport, notre immobilier à prix défiant toute concurrence, la beauté de la ville. D’autant que cet espace à taille humaine permet l’équilibre entre vie professionnel et vie familiale.

Leurs revenus constituent également un intérêt non négligeable pour les territoires régionaux. La chasse est déjà ouverte dans toutes les régions. Seulement voilà, il faut être prêt à les recevoir dans un environnement adapté à ces nouveaux modes de vie et de travail. 

Ce que nous avons encore

Des TGV à 1h10 de Paris, un TER à 19 mn de Lille, des écoles de qualité, une offre culturelle riche. L’accès au haut débit, préalable à toutes activités à distance. De belles maisons douaisiennes.

Ce qu’il nous manque

Il est courant à Douai de se lamenter sur la disparition des commerces de centre ville. S’ils disparaissent, c’est qu’ils manquent de clients. Pour les retrouver, allons donc avant chercher des habitants solvables.

Besoin d’aller à la pêche?

Une campagne percutante

1/ Faire un partenariat avec une école régionale, pour proposer un cas pratique aux étudiants : la réalisation d’une campagne de communication percutante mettant en avant les atouts de Douai sur internet, dans la presse, le Métro Parisien, à Bruxelles ou à Londres et même dans les hauts de France… Saviez-vous qu’une grande majorité de Lillois ou de Lensois ne sont jamais venus à Douai et ne connaissent pas les Gayants?
Une idée simple qui permettrait de faire connaitre Douai au delà de la CAD, de la région et de la frontière située à… 26 km. Avec une campagne publicitaire moderne, humoristique, qualitative comme celle de la région Bretagne réalisée en 2017.

habitants hipster
habitants surfeurs
habitants puces
© Région Bretagne

Un accompagnement à la mobilité

2/ Proposer un accompagnement à la mobilité clé en main, à des familles qui souhaitent changer de vie :

Créer une page « s’installer à Douai » avec du contenu qui fait rêver. Tester cette recherche sur Google, absolument rien ne donne envie de venir, surtout pas le premier site qui remonte « e-territoire » présente un visuel de l’abbaye de Douai. Ne la cherchez pas dans la ville, elle se trouve à Upper Woolhampton en Angleterrre. Pourtant Douai est une ville qui mérite d’être connue.

identification des offres d’emploi qualifiées non pourvues dans l’agglomération,

diffusion aux candidats et à leur conjoint,

aide à la recherche de logement, scolarisation des enfants,

intégration de la famille dans la ville.

Un peu comme sur le modèle d’une entreprise qui gèrent des salariés expatriés. En plus de la réalisation et de la diffusion nationale d’un bon dossier de presse, penser à réserver un stand au salon du travail et de la mobilité professionnelle à Paris pour promouvoir cette initiative auprès de candidats potentiels.

Des week-ends découvertes

3/ Organiser une action de promotion en impliquant des volontaires prêt à transmettre leur attachement à leur ville. Il s’agit d’accueillir le temps d’un week-end des familles et des journalistes à Douai. Prévoir un programme de visites et d’expériences originales, orchestré par l’office de tourisme. Hébergement chez des habitants ambassadeurs de la ville.
Des candidats?

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