Douai, la com’ comme avant

La com comme avant

Pour pouvoir attirer des touristes, des investisseurs, de nouveaux habitants ou simplement informer les citoyens, il est important de diffuser une image dynamique de sa commune. Hélas, à Douai, même si la ville utilise de multiples supports de communication, l’ensemble manque de cohérence, d’identité, de force et surtout de visibilité.

Le site internet de la ville

La mairie de Douai dispose de plusieurs outils pour rester en contact avec ses concitoyens ou mettre en valeur ses atouts. Le premier, son site internet www.ville-douai.fr, non sécurisé, obsolète et incompréhensible. Il est inchangé depuis la prise de fonction de M. Frédéric Chéreau. 
Ce constat est étonnant lorsque l’on lit que ce dernier a été «journaliste d’entreprise» et «chef de projet de plusieurs sites web de service public». 
On aurait pu penser, compte tenu de sa jeunesse et de ses expériences, que l’innovation et le numérique allaient être un axe de développement majeur pour sa ville. Il n’en est rien. 
On propose même aux nouveaux arrivants, de venir retirer un kit de bienvenue qui comprend le guide Vernier 2013 (oui vous avez bien lu 2013 !). 

L’image d’une ville est un élément essentiel pour diffuser le dynamisme d’un territoire. En voici un très bon exemple à Saint-Omer, ville de 14 500 habitants https://www.ville-saint-omer.fr/
Rappelons qu’en 2018, 79% des Français on consulté internet pour préparer leur voyage. On organise désormais son séjour sur mesure avec son téléphone portable. on parle d’e-tourisme et de m-tourisme (m pour mobile). 

Refaire le site internet de la ville de Douai et des entités qui lui sont rattachées, semble donc un préalable à son attractivité. Mais pas n’importe comment.

Les réseaux sociaux

Revenons aux canaux de diffusion. Si l’on cherche un peu de modernité, il faut aller voir du côté des réseaux sociaux avec une page Facebook de la ville bien animée. Elle diffuse de l’information sur les événements, les offres d’emploi, les initiatives communales, les nouveaux commerces ou les cérémonies républicaines… et surtout on répond aux questions.
Elle est suivie par 14 400 personnes. Même constat positif sur les comptes Twitter, Instagram, Linkedin. Pour YouTube, la chaîne existe mais on restera muet sur ce dernier support car le bouton sur le site de la ville, mène vers une page Google+ inactive…

Le journal de la commune

Vient ensuite le très attendu journal « Douai notre ville », inchangé également. On a bien modifié la typographie du titre et quelques détails de la maquette, mais c’est tout. La plus importante évolution concerne le tirage, qui est passé de 22 650 exemplaires en 2014, à 21 800 en 2019, signe malheureux de la baisse du nombre d’habitants. 
On félicitera toutefois notre maire de ne pas utiliser ce support pour mettre sa personne en avant, à l’inverse des journaux de la CAD ou de la région dans lesquels le culte de la personnalité – celui de l’armée des élus – se porte très bien. 
Alors, en attendant un changement de format, voici une petite occupation pour les enfants, trouver les 7 erreurs entre deux couvertures du journal communal imprimées à 7 ans d’intervalle.

Le jeu des 7 erreurs - la communication comme avant
Journal « Douai notre ville » – jeu des 7 erreurs

L’affichage

En complément, nous trouvons aussi différents panneaux d’information : les géants qui enjambent la route aux points d’entrées de la ville ne connaissent aucun équivalent en France. Il y a peut-être une raison. Ceux-ci-sont régulièrement changés à la main, au gré des événements qui animent la ville…ce n’est pas du tout chronophage. 

com aux entrées de la ville - la communication comme avant
Panneaux géants aux entrées de la ville de Douai

16 panneaux pour un affichage associatif libre sont également installés dans la ville. On nous précise toutefois qu’il faut se munir de sa colle pour y apposer quelque papier. 

Enfin, Il existe des panneaux publicitaires de type Decaux qui diffusent les affiches des événements de la commune, en cours ou à venir.

panneau Decaux douai - la communication comme avant
Panneau type Decaux

Les conseils de quartier

Pour finir l’outil de communication ultime et « alternatif », le fameux conseil de quartier. En 2014, la ville avec la volonté affichée de maintenir la participation et de favoriser la concertation avec les Douaisiens, en crée une dizaine répartis sur l’ensemble de la cité.  
Les règles sont claires : 
les conseils n’ont qu’un caractère consultatif et ne prennent aucune décision. Ils sont composés d’un collège «habitants », «acteurs économiques» et «associations», plus de deux membres nommés par le Maire. 
Les volontaires sont tirés au sort. Ils se réunissent en moyenne 5 fois par an, soit deux fois plus souvent qu’initialement prévu.

La démarche, qui part d’une bonne intention, n’est pas remise en cause. 
On peut toutefois s’interroger sur son efficacité et la réalité de ses concrétisations. Force est de constater, que régulièrement la moitié des représentants qui les composent sont absents aux réunions. Les sujets évoqués sont pour la plupart des descentes d’information de la mairie, plus que des propositions des habitants. Les questions sur les déjections canines, les ampoules grillées de l’éclairage public, la gestion des déchets, les murs tagués, sont omniprésentes, les réponses lourdement absentes.

La transition numérique et la notion de ville intelligente (smart city) et durable deviennent des enjeux économiques et sociétaux majeurs. Douai et son agglo doivent elles aussi, entrer dans le 21ème siècle.

Besoin d’idées collaboratives?

Un site internet unique pour Douai et son agglo

Lorsque l’on fait le tour des sites internet institutionnels de notre territoire, on passe du capharnaüm de la ville à la coquille vide de la CAD.

Plutôt que d’avoir deux sites médiocres, essayons de rassembler les énergies pour en créer un seul qui répond aux besoins des habitants mais aussi de l’agglomération et surtout qui donne envie de découvrir notre cité. Replaçons Douai, la ville centre à sa place en fusionnant les sites de la commune et de l’agglo, comme le met actuellement en œuvre la ville de Nantes.

NANTES CHAMPIONNE DU DIALOGUE CITOYEN
Le dialogue citoyen de cette grande métropole repose sur 3 axes :
la co-construction des politiques publiques,
le dialogue citoyen de quartier
la ville collaborative.
Quelque soit la taille du projet, ce principe est appliqué et tout le monde peut y prendre part. C’est ce qui a été mis en pratique pour la refonte de leur site internet Nantes & son agglo. Mais plus fort encore, un espace de dialogue citoyen présente tous les projets en cours et leurs suivis. Une transparence de l’action publique qui manque cruellement à Douai.

dialogue citoyen mieux pour promouvoir l'emploi que proch'emploi

Nous aussi on aimerait savoir où en est le projet de l’Hôtel Mirabeau ou de l’Eco quartier du Raquet.

Rendre un meilleur service aux usagers

On dit que M. Jacques Vernier avait toujours des fiches Bristol dans sa poche. Elles lui servaient à transmettre aux services concernés les doléances des administrés croisés dans la rue. 
C’était une démarche de communication participative avant l’heure. Moins coûteuse en temps et probablement plus efficace en délai de mise en œuvre, que les conseils de quartier.

L’ancien maire aurait presque pu inventer l’application « Tell my city », outil de démocratie participative utilisé dans 70 villes en France. 
Celle-ci permet à chaque habitant:
– de signaler une dégradation ou une anomalie au sein de l’espace public (problèmes de voirie, de proximité, d’éclairage…), 
– suggérer une idée à sa ville (demander la création d’une nouvelle aire de jeu…), 
– féliciter une initiative des services publics de la commune
Sur smartphone, tablette ou un ordinateur, vous pouvez écrire, prendre des photos et en quelques clics correspondre avec la mairie. 
Cerise sur le gâteau, la mairie peut répondre, envoyer des alertes, informer sur l’avancée de la demande. 
Elle visualise enfin, la typologie des demandes quartier par quartier sur des tableaux de bord, pour une meilleure prise de décision.

L’idée est de gagner en efficacité pour réduire les coûts et de rendre un meilleur service aux usagers.

A Montauban, le temps de traitement moyen d’un signalement est passé de 60 jours à moins de 4 jours. A Argenteuil en 2015, la ville avait enregistré sur une année 1 111 doléances par les canaux traditionnels. “Tell my city” a été choisie pour lutter contre les dépôts sauvage d’ordures ménagères. Depuis la mise en place de cette application, on compte près de 600 signalements par mois.

Douai ma rue

Certains citoyens avertis diront qu’un tel service existe sur le site de la mairie, c’est vrai. Il s’appelle “Douai ma rue”. Malheureusement le nom le plus adapté par rapport à l’expérience vécue par l’utilisateur serait plutôt : “Douai seul dans ma rue”… à charger une photo pendant 15 minutes et ne recevoir aucune réponse.
Il serait peut-être temps aussi, pour faciliter le dialogue et la concertation, d’adapter la communication de la ville et ses méthodologies, aux nouveaux usages des administrés qui, comme partout en France, passent en moyenne 1h25 sur leur mobile.

Roule à bicyclette. Déteste les poignées de main molles et l'eau tiède. Aime le lexique fluvial et l'ambiance du bar de la marine. Pense que sa copine Crumble devrait arrêter de bouffer tous les gâteaux, pendant qu'il vérifie les infos.

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