Après Lambres, Waziers…

Nouvelle qui aiguise l’intérêt des douaisinologues : Waziers va rejouer les élections municipales après la démission d’une partie du conseil jeudi dernier.

Les bisbilles internes, ininterrompues depuis la victoire de Laurent Desmons, entrent à présent dans une phase plus concrète qui n’est pas sans rappeler nos affaires lambresques.

Les ressorts de l’évènement sont les mêmes avec ses trahisons, ses bas intérêts personnels et l’envie d’être calife à la place du calife.

L’entrée sera-t-elle suffisamment grande pour qu’y passent tous les candidats ?

Dynamo de Moscou contre USM Waziers

Toutes les coteries créées au sein du conseil se sont alliées pour démissionner en bloc. Il ne reste donc plus au maire suffisamment de conseillers pour faire tourner la machine.
Les électeurs vont retourner aux urnes dans un délai trois mois maximum, ce qui nous mène début mars. On verra d’ailleurs si le record de rapidité lambresque – 50 jours – sera à cette occasion battu.

Il y en a un qui doit se frotter les mains. Non pas notre ami habituel, encore que, mais le dinosaure communiste qui n’a jamais digéré une défaite qui l’a plongé dans l’opposition après vingt ans de règne sans partage.

A 75 ans et des brouettes, Jacques Michon sera à la tête d’une liste de reconquête. Il va sauver la ville, c’est sûr et certain, comme il l’a sauvée avant. Son intérêt se confond d’ailleurs avec elle.

Le Communisme municipal adore la pauvreté

Waziers, c’est la ville pauvre de la banlieue de Douai, presque l’inverse de Lambres sur pas mal de plans. Il suffit de se plonger dans sa fiche INSEE pour mesurer l’effet de ses cent ans de gestion communiste sur sa santé.

Plus que partout ailleurs dans le territoire, la perte démographique est vertigineuse après le point haut de 1968. Comptant alors 11000 habitants, Waziers en accueille aujourd’hui à peine 7000.
Les marqueurs de pauvreté sont sévères, ainsi la part de la population sans aucun diplôme (34%) qui renvoie à son importante proportion inactive ou au chômage, respectivement 35% et 27%.

Waziers, c’était la ville des mineurs dont toute la vie, de la naissance à la mort, tournait autour du charbon et du marxisme tendance stal.
On se souvient – rare instant historique de la cité – du discours fleuve de Maurice Thorez, enfant de Noyelles-Godault, venu défendre en juillet 1945 la « bataille du charbon » au nom du gouvernement d’alors.

Ah ! C’était le bon temps ! L’avenir vers… La Gauche

Un dinosaure marxiste trompe énormément

Évidemment, depuis, l’eau a coulé sous les ponts de la Scarpe. L’érosion de cette idéologie d’un autre âge a réduit inexorablement l’audience des camarades waziérois.
On se demande même comment ils ont réussi à se maintenir à la tête de la municipalité jusqu’en 2020, frôlant régulièrement l’échec à quelques dizaines de voix près.

On comprend dès lors l’exploit de Laurent Desmons quand il a terrassé Jacques Michon mais surtout « l’appareil » militant mis à son service.

Si on en juge par l’agressivité oppositionnelle du maire déchu depuis cette date, ce dernier n’avait pas très bien encaissé l’affront qu’avaient osé lui faire les électeurs.
Il est né trente ans trop tard, l’ami Michon. C’était quand même plus pratique le parti unique à candidat unique au nom de la dictature du prolétariat.

Rien n’étaient d’ailleurs plus risibles que ses appels, depuis la défaite, à la « démocratie » toujours malmenée par son rival évidemment méchamment « autoritaire » .
On avait aussi la dénonciation de son « clientélisme » , ce qui ne manque pas d’intérêt quand on examine son lourd passé de maire.

Le mystère Bänsch

Rappelons les mésaventures de son premier adjoint, héritier annoncé, Steve Bänsch, débarqué fin 2017 pour des motivations obscures.
Comme toujours avec les Communistes, il faut, dans toute décision, en chercher la « vraie raison » .
Il ne serait pas impossible que le vieux maire accroché à sa rente ait été inquiet de l’ombre que lui faisait ce jeune militant aussi actif qu’apprécié dans la commune.

Cette éviction a été un des facteurs de l’échec du sortant quand on analyse les résultats du premier tour des dernières municipales. En effet, si Laurent Desmons avec 881 voix (36%) était arrivé devant Jacques Michon et ses 823 voix (34%), le jeune Bänsch avait cartonné avec 703 voix (29%).

Le deuxième tour, réalisé après le confinement, avait réservé des surprises. D’abord, l’abandon de la liste Bänsch qui pouvait se maintenir mais ne l’a pas fait, appelant du bout des lèvres au « changement » .
Signe que les électeurs le voulaient, le changement, le taux de participation était passé de 49% à 53%, donnant la mairie à Laurent Desmons avec 1514 voix (57%) tandis que le sortant se ramassait avec ses 1113 bulletins (43%).

Les « luttes » c’est bon pour la fraction oppositionnelle

Depuis les dernières élections, Steve Bänsch s’est reconverti dans la communication de la mairie d’Auby, évolution professionnelle plutôt symbolique quand on pense au plantage bienvenu de M. K.

Les sujets de dispute au sein du conseil de Waziers ressemblent à ceux qui avaient déchiré celui de Lambres. Toute tentative d’économie budgétaire a été, dès 2020, ressentie dans cette ville comme une trahison.
Sans doute la rareté des contribuables dans la commune font croire à ces opposants que « l’argent public est gratuit » .

La fermeture de la piscine à bout de souffle qui coûtait un bras a, entre autres, cristallisé ce sentiment facile. Une « lutte » fructueuse pour Jacques Michon qui, si on en croit ses hurlements, voyait la jeunesse waziéroise condamnée aux pires sévices par absence de bains.

La piscine de Waziers… Bon, ce n’est pas Sourcéane, on en conviendra…
© La Voix du Nord

Même punition avec la situation du Centre Social Henri Martel, chasse gardée de syndicalistes qui se confondaient avec les partisans du maire déchu. Laurent Desmons avait bien du mal à remettre cette machine à but politique dans son objet social originel.

Un manoir normand ? Un local syndical ? Un centre social ? On vous laisse deviner.

Waziers de droite ou de gauche ?

Les pronostics électoraux apparaissent aussi difficiles à faire qu’à Lambres. Waziers est une ville incontestablement de gauche, traversée par les extrêmes selon des déterminations qui échappent à toute logique.

Déjà un truc curieux, le rapport électeurs inscrits/habitants. Si Douai et Sin le Noble, les deux grosses voisines, tournent autour de 40% des habitants portés sur les listes, ce taux est de 70% à Waziers.

Les législatives de juin 2022, dernier point de repère, ont permis au camarade Bruneel (PCF) de ramasser dans la commune 1036 voix (57%) contre 767 (43%) au sieur Marchio (RN) qui a toutefois remporté la 16° circonscription.
La faiblesse du taux de participation démontre que dans cette commune, l’abstention massive valorise la mobilisation des clans familiaux communistes.

Les présidentielles étaient encore plus singulières.
Au premier tour, le candidat du Parti Communiste n’a pas brillé, pourtant régional de l’étape puisqu’il était l’ancien attaché parlementaire du député de la 16° du Nord, Jean-Jacques Candelier.
En dépit ou à cause de tous ces avantages, Fabien Roussel a réalisé un tout petit 6% (203 voix…) dans cette commune donnée pourtant par les médias comme un bastion du PCF.

Quoi qu’il en soit, au second tour, avec une participation passée de 67% à 60%, c’est Marine Le Pen qui, à Waziers, a ramassé la mise, obtenant 1736 voix (58%) contre 1257 pour Emmanuel Macron (42%).
Le gars du Touquet contre la dame d’Hénin, tout un programme… On imagine le dilemme pour les Waziérois

Waziers va-t-il redevenir marxiste tendance groucho ?

A quelle sauce, donc, va être mangé Laurent Desmons ? Difficile à dire.

Visiblement, les oppositions se sont rapprochées depuis les élections de 2020 et les lâchages successifs au sein du conseil, sur le principe bien connu des « ennemis des ennemis qui sont mes amis » .
La démission collective des conseillers a été concertée entre ces gens là, tous ligués contre le maire.

En dépit de cet arrangement, on doute que Jacques Michon puisse mettre sur sa liste ses opposants d’hier, Ophélie Poulain et surtout Karim Bachiri, lequel n’était pas un grand ami de l’ancien maire quand celui-ci était aux manettes.

Compte-rendu du conseil du 30 octobre 2014, avec le père Michon, c’était la bonne ambiance….

Il est certain qu’on va rejouer, une décennie plus tard, le match de 2014 où Jacques Michon avait affronté au premier tour deux listes concurrentes.
Leur fusion – cette fois-ci à l’évidence exclue – les avait amenés à perdre de moins de cent voix… sur 3280 votants…

On s’achemine donc, très probablement, vers une bonne vieille triangulaire qui risque fort d’infliger aux Waziérois le retour en mairie du dinosaure communiste qui les a si bien gérés dans le passé.

Le camarade Michon devrait d’ailleurs se retourner pour contempler son œuvre.
Après ses deux décennies de pouvoir, son bilan fait peur, d’abord quant à cette misère si utile qu’on en arrive à croire qu’elle ne doit surtout pas disparaitre.

En ce combat douteux, un conseil à Laurent Desmons dont les efforts pour sortir Waziers du marasme ne peuvent qu’être salués : bien choisir ses colistiers avant de décrocher la victoire.

On lui souhaite les deux…

Max aime apprendre mais parle un peu souvent à la première personne. C'est un travers qu'il combat difficilement. Va falloir l'aider. Il adore la Scarpe et l'orgue de St Pierre, surtout les basses.

4 Comments

  1. Vous avez raison… Que de similitude entre LAMBRES et WAZIERS… Même motivations inavouables mais tellement évidentes !
    Le peuple vote, les députés adoptent et les dépités magouillent et tentent de renverser la table…
    Cette manipulation réussie à Lambres a remplacé l’un par l’une sans apporter de changement mesurable et encore moins de plus-value…
    Voici que la manœuvre se répète à WAZIERS… Le maire élu sans discussion, est mis en difficulté par une alliance contre nature, dont la seule motivation semble limitée au retour à l’abreuvoir…
    La Ville appauvrie par le système communiste, l’avait balayé ! Il revient arrogant pour fustiger la gestion à « l’euro près » d’une ville ruinée par sa gestion calamiteuse et partiale…
    Las, les électeurs qui ne supportent plus ces caricatures d’un autre temps et l’ont affirmé… Risquent de choisir le bleu marine, à la place du désuet rouge soviétique…

    1. Vous posez bien les données du problème. Une minorité qui prend le « peuple » comme alibi pour justifier son désir de retourner aux affaires. Pitoyable.

  2. Difficile d’incarner l’avenir à 75 ans!
    Le sentiment qui doit habiter le futur maire est davantage celui du dévouement et de l’intérêt général que la rancœur des mauvais perdants
    Espérons que les wazierois se mobiliseront afin d’éviter le retour de fantômes d’un autre temps…. Bon courage Laurent

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